Et si Paris lâchait Nouakchott !

hollande-azizIl a été dit et redit beaucoup de choses à propos de l’absence du Président Aziz à la cérémonie d’investiture du nouveau Président malien il y a quelques jours de cela.

Certes cela découle logiquement d’un froid (intense ou léger) entre les deux pays mais au-delà ce sont les relations avec la France qui semble avoir pris un sérieux coup depuis que la Mauritanie a refusé de participer à l’intervention contre Aqmi au Mali.

Depuis, Hollande regarderait avec méfiance Aziz et chercherait même selon certains analystes à isoler la Mauritanie dans la sous région. Il ne fait aucun doute que la France forte de son succès militaire au Mali, a fait de son intervention dans ce pays la clé de voûte de sa diplomatie dans la sous région et même au-delà.

En témoigne le nombre élevé de Président venus participer à l’investiture de Ibrahima Boubacar Keita. Il se murmure que la liste des participants a été faite sous le contrôle de la France qui serait personnellement intervenu pour donner un succès à cette cérémonie.

Ainsi même le Roi du Maroc aurait consenti à faire de déplacement de Bamako alors que la Mauritanie voisine (plus de 1600 km de frontières) brillait par son absence. IBK, que beaucoup estiment être l’homme de la France, aurait ignoré la Mauritanie avec la bénédiction du pays colonisateur.

En effet le refus de Nouakchott de prendre part à la force internationale au Mali a été mal perçu à Paris qui a été pourtant l’un des premiers soutiens au régime militaire de Ould Abdel Aziz lorsqu’il renversait le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi en 2008. L’appui de la Mauritanie pour avoir combattu à plusieurs reprises Aqmi sur le sol malien était alors fortement demandé.

Maîtrisant le désert et ayant des hommes aguerris aux conditions météorologiques extrêmes du Sahara, l’armée mauritanienne tout comme l’armée tchadienne devait servir de fer de lance de l’intervention française. Même si la France et ses alliés sont sortis victorieuses de la nébuleuse terroriste, le niet de Ould Abdel Aziz serait mal passé.

L’Algérie également avait refusé de prendre part à cette intervention, mais étant donné ses relations en dents de scie avec la France et surtout sa puissance sous régionale, son isolement est moins perceptible et ayant peu de conséquence.

Par contre Nouakchott se sent à l’étroit avec un Maroc qui prend pied au Mali et un Sénégal dont les relations n’ont pas toujours pris la tournure qu’elles devraient alors que ces deux pays entretiendraient de très bons rapports avec Paris.

Il n’est un secret pour personne que les relations entre Rabat et Nouakchott ont pris de l’eau, de nombreux incidents survenus ces derniers temps venant le confirmer (problèmes de transporteurs à la frontière, problème de la desserte de la RAM à Nouakchott, problème d’étudiants mauritaniens dans ce pays, etc.). Du côte du Mali également ce la ne va pas depuis l’éclatement de la rébellion touareg et du soutien supposé de la Mauritanie aux rebelles.

Nouakchott était alors perçu à Bamako comme l’un des premiers soutiens à la rébellion, il en résultait une détérioration des relations entre les deux pays. C’est alors que des analystes voient dans le dernier déplacement de Ould Abdel Aziz à Dakar le besoin de desserrer l’étau contre lui surtout en cette période politiquement difficile avec des élections sans cesse reportées.

Il faut dire que pour les pays du Sahel, une brouille avec Paris est synonyme de descente aux enfers tant ce pays reste encore très influent dans la sous région. Et encore que l’on murmure que le nombre des opposants de prestige au président Aziz installé au Maroc pourrait augmenter s’il s’avère que Ould Taya devait y chercher asile comme le prétendent certain sites d’information mauritaniens.

Le dernier remaniement ministériel avec l’arrivée de l’ex ambassadeur aux USA aux Affaires Etrangères pourrait répondre à ce besoin de recentrer la politique étrangère du pays et de se rapprocher des américains, sachant qu’il sera difficile de se rattraper auprès des français.

Il est clair que ces derniers temps la diplomatie mauritanienne bat de l’aile et que l’aile protectrice de la France pourrait être grippée d’où ce besoin également d’apaiser la situation politique intérieure en lâchant du leste face à la COD en vue des élections du mois de novembre.

Source : Hebdomadaire Mauritanoix

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