Etats-Unis: les coupes budgétaires «stupides» vont coûter des emplois, prévient Obama


C’était le rendez-vous de la dernière chance. Barack Obama a reçu ce vendredi 1er mars des dirigeants républicains et démocrates du Congrès à la Maison Blanche. L’enjeu de cette réunion était crucial : trouver un compromis afin d’éviter une cure d’austérité obligatoire aux Etats-Unis. Mais ce rendez-vous s’est soldé par un échec.

Comme on pouvait s’y attendre, républicains et démocrates n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un projet de loi qui aurait évité les coupes budgétaires drastiques dans les dépenses publiques. La réunion à la Maison Blanche a été de courte durée, après un peu moins d’une heure, le président Barack Obama s’est adressé à la presse pour annoncer l’échec de ces négociations de la dernière chance.

Le président a averti que les coupes budgétaires « stupides » qui vont entrer en vigueur
ce vendredi allaient coûter des emplois aux Etats-Unis et avoir un impact sur
l’économie, accusant ses adversaires républicains d’être responsables de cette
situation. « Je ne suis pas un dictateur. Je suis un président (…) ce que je ne peux pas faire, c’est forcer le Congrès à prendre les bonnes décisions, et en l’absence de décision de la part du président [républicain, NDLR] de la Chambre des représentants John Boehner et des autres pour placer les intérêts des familles de la classe moyenne devant les impératifs politiques, ces coupes vont entrer en vigueur », a-t-il déclaré.

Barack Obama est maintenant obligé, d’ici 23h59 heure de Washington, de signer une directive qui déclenche les coupes budgétaires dans les différentes administrations publiques. Il s’agit de geler 85 milliards de dollars de dépenses publiques jusqu’à fin septembre.

Pour cela, le budget de toutes les administrations, de la Défense, en passant par l’Education et la Santé jusqu’aux douanes serait imputé de 8%. Cette austérité à laquelle les Etats-Unis devraient se soumettre risque de supprimer l’emploi de plusieurs centaines de milliers d’Américains, a prévenu le président. Et le Fond Monétaire International met en garde contre les effets négatifs que ces coupes budgétaires américaines pourraient avoir sur l’économie mondial.

Pourquoi le désaccord entre Barack Obama et les Démocrates d’un côté, les Républicains de l’autre?

En campant sur sa position, chaque camp estime avoir à y gagner. Les deux partis politiques, tout comme le président, sont engagés dans une sorte de poker politique. Il s’agit de tenir bon, car le premier qui fléchit devant l’autre a perdu.

Barack Obama, qui était tellement à la recherche de compromis bi-partisans au cours de son premier mandat, a définitivement changé de stratégie: il n’est plus en quête d’un accord à tout prix avec ses adversaires politiques. Il cherche la confrontation. Pendant que le Congrès était en train de se battre sur les coupes budgétaires, Barack Obama, lui, a sillonné ces dernières semaines le pays, comme s’il était encore en campagne électorale.

Le président en a profité pour multiplier les attaques à l’encontre des Républicains qu’il rend responsables du blocage au Congrès de manière générale et du blocage dans la crise budgétaire. Et ce vendredi, lors de la conférence de presse, Barack Obama n’a pas non plus mâché ses mots en affirmant que ces coupes budgétaires allaient faire souffrir l’économie américaine et de nombreuses familles de la classe moyenne.

Cette austérité n’était pourtant pas nécessaire, a fustigé le président. Elle est le fruit d’un entêtement des Républicains qui préfèrent toujours défendre « les intérêts des Américains aisés », au lieu de venir en aide à la classe moyenne. Et pour Barack Obama, cette attitude est « inexcusable ».

Les objectifs d’Obama

Avec cette stratégie de fermeté, Barack Obama poursuit deux objectifs. Premièrement, il pense à son héritage. Ce second mandat sera aussi son dernier. Et il veut entrer dans l’histoire américaine comme un président qui a su apporter des changements importants et novateurs à son pays. Pour cela, il faut qu’il s’impose face aux républicains qui font tout pour lui barrer la route.

Deuxièmement, Barack Obama veut profiter de son second mandat pour remettre sa famille politique en selle. En discréditant les républicains, le président espère que les démocrates remporteront les prochaines élections de mi-mandat en novembre 2014. L’enjeu est crucial, il s’agit d’assurer aux démocrates la majorité dans les deux Chambres du Congrès, alors que pour l’instant, la Chambre des représentants est entre les mains des républicains.

Une stratégie non sans risques pour le président

Le président et son entourage tablent sur le fait que les Américains vont tenir les républicains pour responsables de la crise budgétaire. Et pour l’instant, les sondages semblent lui donner raison. Le dernier, réalisé par le Washington Post et ABC montre que 52% des Américains sont insatisfaits de la gestion de la crise par Barack Obama, mais encore plus, 67%, sont insatisfaits de l’attitude des républicains.

En revanche, ces psychodrames à répétitions qui se déroulent au Congrès risquent de lasser les électeurs américains qui ont l’impression que leurs élus campent de plus en plus sur des positions idéologiques au lieu de trouver des solutions aux véritables problèmes du pays.

 

Source : RFI


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Commentaires

  1. moi a écrit:

    je suis fier de toi

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