Exclusif: Comment le général Ould Abdelaziz a refusé le diktat algérien dans le conflit du Mali

Depuis que les islamistes d’Ansar Eddine et du Mujao contrôlent la quasi-totalité du Nord du Mali, les Algériens n’arrêtent pas de remuer ciel et terre pour mettre sur pied une force d’intervention militaire de 40 mille soldats. L’objectif étant de contourner les efforts de l’Union Africaine et d’éviter en même temps une intervention américaine ou européenne dans la région.

L’Algérie a accentué ces dernières semaines la pression sur le Niger, le Burkina-Faso et la Mauritanie, notamment après que plusieurs drones non identifiés aient été repérés dans le ciel du nord Mali.
Alger craint que les puissances occidentales interviennent dans ce qu’elle estime être son hinterland. D’ailleurs, les dirigeants algériens avaient déjà installé à Tamanrasset le siège de l’état-major unifié de la force chargée de traquer les terroristes d’Al Qaïda. Cela dit, il y a deux jours, Alger subit un camouflet de la part de la Mauritanie.
Le général Aziz qui jusque-là cherchait à ne pas mécontenter les généraux algériens dont il connait le pouvoir de nuisance à travers le Polisario, a décidé de franchir un nouveau palier en assurant que ses forces armées n’allaient plus intervenir au-delà des frontières mauritaniennes. Nouakchott avait jusqu’à présent joué un rôle important dans la lutte contre AQMI en opérant des incursions dans la profondeur malienne.

D’après des diplomates en poste à Paris, le revirement du général Aziz est dû à plusieurs facteurs. L’homme fort de Nouakchott soupçonnerait un coup fourré des Algériens dont les informations qui remontent du terrain assurent qu’ils ont des relations ambiguës avec Ansar Eddine.

D’un autre côté, les émissaires burkinabés auraient eux aussi fini par convaincre le président mauritanien de rester à l’écart d’un conflit qui pourrait bientôt embraser toute la région. Le Burkina-Faso cherche à trouver une solution pacifique à la crise.

La constitution d’une force armée sous la houlette de l’Algérie, serait d’après Ouagadougou, comme se mettre sous la protection d’un pays qui n’aurait pour seule visée que de contrôler la région.


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