Exclusif. Manuel Valls : « Il faut combattre la violence qui s’exerce au nom d’un islam radical et dévoyé »

 

Manuel Valls, le ministre français de l’Intérieur, a reçu « Jeune Afrique ». Terrorisme, islamisme radical, situation en Tunisie et au Sahel, mais aussi Valspolitique d’immigration, droit de vote des étrangers, laïcité… Il livre ses vérités dans le numéro 2733, en kiosques du 26 mai au 1er juin.

C’est le « premier flic » de France. Et, à en croire les enquêtes d’opinion, il est aussi le ministre le plus populaire du gouvernement. Plébiscité par les électeurs de tous bords, il martèle qu’il est de gauche, tout en refusant les cases : « Certains voudraient réduire le débat à une opposition entre la droite autoritaire et la gauche laxiste. Et bien je refuse et je casse ce schéma dépassé ! », nous a ainsi affirmé Manuel Valls.

Ambitieux, narcissique, tranchant pour certains, il représente pour d’autres une synthèse opportune. Son franc-parler séduit autant qu’il dérange. Dernier épisode en date : en février, au lendemain de l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, il parle de la montée d’un « fascisme islamiste ». Une sortie qui lui a valu des réponses acerbes des autorités tunisiennes et qu’il estime mal-interprétée aujourd’hui. « Je ne visais ni l’islam ni les autorités tunisiennes. Je fais la distinction entre islam et islamisme. […] Mais la violence qui s’exerce au nom de l’islam radical est une réalité qu’il faut combattre. Ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie me donne, je crois, raison. »

Dans l’entretien qu’il nous a accordé et que vous pouvez lire dans son intégralité dans le numéro 2733 de Jeune Afrique en vente en kiosque du 26 mai au 1er juin, Manuel Valls explique aussi sans détour sa politique migratoire, qu’il entend mener avec « une fermeté indispensable ». « Il y a eu en 2012 environ 35 000 régularisations, il ne devrait pas y en avoir plus en 2013 », dit-il. Mais il tente de s’atteler parallèlement à la restauration d’une image de la France en la matière, qu’il estime abîmée par la circulaire Guéant – abrogée dès son arrivée – mais aussi par l’accueil des immigrés en préfecture et dans les consulats à l’étranger. Il annonce ainsi, « la création d’une mission d’appui pour chaque préfecture, chargé de diagnostiquer les problèmes, de définir des voies d’améliorations et la création d’une carte de séjour pluriannuel de trois ans qui sera un élément de désengorgement et permettra un accueil plus digne en préfecture. »

Un caractère bien trempé

Ce fils d’immigrés, naturalisé français à l’âge de 20 ans, assume plus que jamais ses origines espagnoles, italiennes et parle même d’une attache « familiale » avec l’Afrique…  De quoi, sans doute, expliquer sa franchise et son absence de complexes sur des thèmes comme le droit de vote des étrangers. « Le grand défi de la France dans ce domaine, c’est la citoyenneté. Pourquoi dans nos quartiers populaires autant de jeunes Français ne votent pas ? Parce que leurs parents ne votent pas ? Je ne crois pas. Il y a dans les quartiers une rupture citoyenne. La misère, le chômage […] font que beaucoup considèrent que voter ne sert à rien. On ne peut pas tout résumer au droit de vote des étrangers », déclare celui qui a été maire d’une ville de banlieue parisienne (Evry) pendant onze ans.

Ministre de  l’Intérieur, fils d’immigrés, caractère bien trempé : beaucoup voient en lui des similitudes avec l’un de ses prédécesseurs place Beauvau, Nicolas Sarkozy. Quitte à parfois lui prédire la même destinée… L’intéressé, lui, estime simplement « qu’il n’y a rien d’infamant à être comparé à un ancien ministre de l’Intérieur qui a compté aux yeux de l’opinion. » C’est dit.

 

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