Exclusivité : Ançar Edine dans sa première sortie médiatique depuis sa constitution

enregistrement audiovisuel, considéré comme le premier produit par le mouvement Ançar Edine depuis sa création, fin mars dernier, a été publié sur des sites islamistes et qui relate des combats menés par l’organisation pour assurer sa maitrise de la base militaire de « Emchache », dans la zone de Tessalit ainsi que sur la ville de Kidal.

L’enregistrement débute par une présentation de la province de l’Azawad, et un aperçu historique sur la civilisation islamique qu’a connue le Grand Sahara, de manière générale, et l’Azawad, de façon particulière, jusqu’à son contrôle par le mouvement Ançar Edine, passant par la période coloniale que le mouvement accuse d’avoir suscité des combats fratricides entre les différentes communautés.

La manipulation médiatique

Au début de l’enregistrement, le cheikh Oussa (Abou Mohame), considéré comme le bras droit de l’émir du mouvement, Iyad Ag Ghali, parle de certaines choses qu’il commente en disant : « Allah nous a aidé à faire de grandes conquêtes et nous sommes sur la voie d’appliquer la charia ».

Cheikh Oussa, qui est présenté dans l’enregistrement comme un dirigeant d’Ançar Edine, évoque également ce qu’il qualifie de « manipulations médiatiques, au cours des combats, consistant « à attribuer leurs faits à d’autres groupes ou à les déformer ». Il a ajouté que l’enregistrement présente le comportement des éléments d’Ançar Edine « suivant celui des compagnons du Prophète (PSL) durant la bataille de Tessalit et d’autres combats menés par le mouvement ».

Cheikh Oussa a, par la suite, lancé un appel « à tous les musulmans, notamment les ulémas, pour qu’ils coopèrent avec le mouvement ou le rejoignent après les grandes conquêtes qu’il vient de réaliser », selon son expression.

Abordant l’accord de principe entre Ançar Edine et le Mouvement pour la libération de l’Azawad (MNLA), Chyeikh Oussa dire qu’il y a des difficultés « inhérentes au manque de connaissances de certaines parties de la charia islamique et de ce qu’elle recommande concernant l’allégeance ».

La bataille de Tessalit

Tessalit se caractérise du fait qu’elle est l’une des villes stratégiques du nord Mali, étant le lieu de la base militaire de « Emechache » et un aéroport qui sert à l’approvisionnement de l’armée malienne lors de ses combats contre les combats avec les groupes islamiques armés dans le Sahara de l’Azawad.

La ville a fait l’objet d’un long siège avant que le mouvement Ançar Edine ne parvienne à prendre d’assaut, début mars 2012, la base militaire de « Emechache » dans laquelle étaient retranchés les soldats maliens en compagnie de femmes et d’enfants la contrôler. L’enregistrement montre les détails de cette bataille, du début jusqu’au moment où Ançar Edine arrive à assurer leur étreinte sur la caserne. On y voit, par exemple, Cheikh Oussa, donnant des ordres aux combattants et apparaissant comme le chef de l’une des plus grandes opérations qui aura des répercussions ultérieures sur l’évolution des évènements dans le nord Mali.

Un assaut qui a permis à Ançar Edine de s’emparer d’énormes quantités d’armes présentées par le mouvement comme un « butin », tout comme l’enregistrement présente des scènes de fuite de véhicules militaires de l’armée malienne poursuivis par des voitures du mouvement.

La bataille de Kidal

Après la bataille de Tessalit, et la prise de contrôle de la base militaire de « Emechache » avec la récupération d’importantes quantités d’armes qui y été entreposées, le mouvement Ançar Edine décide de marcher sur Kidal, l’une des trois grandes villes de l’Azawad, avec Tombouctou et Gao, pour que commence une bataille qui a duré quelques jours et finira par son contrôle par le Mouvement.

Dans cet enregistrement, apparait, pour la première fois, Iyad Ag Ghali, qui a été présenté comme l’émir du groupe Ançar Edine. Il est apparu marchant au milieu des combattants avec, à la main, un téléphone sans fil, montrant qu’il dirigeait les opérations menées contre Kidal, sa ville natale.

L’enregistrement montre également, les combats qui ont précédé l’assaut contre la ville de Kidal mais, comme pour la prise de contrôle de la base de « Emacheche », on s’abstient de montrer des cadavres malgré la violence des accrochages. Alors qu’il apparait que les dégâts matériels se résument en des voitures chargées d’armes en train de brûler et présentées par l’enregistrement comme celles de l’armée malienne, qui a fui et abandonné la caserne d’Abdalla Soumaré, reprise par les combattants d’Ançar Edine qu’on montre entrain de prononcer des « Allahou Akbar ».

Les prisonniers et le repentir

Dans l’enregistrement, on montre un grand nombre de prisonniers de l’armée malienne, que le Cheikh Oussa estime à quelque 560 pris dans les combats d’Aglaouk, Tessalit et Kidal et qui ont été libérés par le mouvement après avoir promis de ne plus combattre la charia d’Allah.

Certains prisonniers se sont exprimés par la suite pour donner leurs identités, les noms des unités auxquelles ils appartiennent, évoquant le bon traitement dont ils ont été l’objet de la part d’Ançar Edine.

A la fin de l’enregistrement, furent présentés les prisonniers dont certains ont été arrêtés au cours de tentatives d’unités dépendant du colonel Abderrahmane Ould Meidou, au moment où ce dernier essayait de desserrer l’étau sur la ville. Les autres étaient dans les unités de l’armée malienne commandées par le colonel Alhadji Ah Amou qui avait, lui aussi, tenté les mêmes objectifs.

Et devant ces unités se dressait un homme, à l’allure militaire, de teint noir, et parlant français, avec accent africain particulier, leur demandant : « êtes-vous contents d’être là ce soir ? » Avant d’ajouter : « tout cela, c’est grâce à l’Islam, vive l’Islam », des expressions que les prisonniers se mirent à répéter dans ce que l’enregistrement allait titrer comme « l’annonce du repentir ».

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