Exécution d’un jeune chiite saoudien : la discrétion de Hollande étonne

Exécution d'un jeune chiite saoudien Les responsables politiques s’élèvent contre l’exécution annoncée d’un jeune chiite par le royaume saoudien. Le quai d’Orsay a publié une courte réaction mais, du côté de l’Elysée, la discrétion est de mise. La situation presse. Ali Mohammed al-Nimr, un jeune chiite saoudien accusé d’avoir manifesté contre le monarque de son pays devrait être décapité jeudi. Son corps doit ensuite être crucifié jusqu’au pourrissement de ses chairs. Une peine qui émeut les responsables politiques français dont plusieurs représentants ont demandé, mercredi, une intervention de la France en faveur du jeune homme. Mais à quelques heures de l’exécution de la sentence, c’est la discrétion de François Hollande qui surprend. «On entend François Hollande parler de ses valeurs avec son air, là, grandiloquent. J’ai l’impression que ses valeurs sont à géométrie variable», a lancé Florian Philippot invité de BFMTV. «J’entends pas beaucoup Monsieur Hollande et ses valeurs dans cette affaire-là, peut être parce que c’est l’Arabie Saoudite. On ne touche pas aux amis. C’est navrant et scandaleux», a poursuivi l’eurodéputé. «C’est notre allié l’Arabie Saoudite paraît-il. On va accepter cela? Le seul tort de ce jeune homme, c’est d’avoir manifesté, quand il avait 17 ans, contre le pouvoir en place», a rappelé le vice-président du Front national. «On ne touche pas aux amis. C’est navrant et scandaleux» Florian Philippot sur BFMTV Même agacement du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. «Nous remarquons que la France est silencieuse sur cette affaire. C’est pourquoi le PG exige de François Hollande qu’il intervienne fermement auprès de l’Arabie saoudite pour arrêter cette barbarie», écrit le mouvement dans un communiqué. Chez Europe-Ecologie-Les Verts on parle d’une «rupture de la promesse “Moi président”». «Cette attitude avilit l’image de la France sur la scène internationale», juge le porte-parole Julien Bayou. Communiqué de deux phrases du Quai d’Orsay Rama Yade (UDI), l’ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme estime, elle, que «la simple “suspension” de l’exécution d’Ali Mohammed al-Nimr, demandée par Paris, est dramatiquement insuffisante. Il faut l’empêcher!» «Là c’est l’apathie générale, c’est le service minimum de la France avec une pauvre déclaration gouvernementale», poursuit-elle, interrogée ce mercredi par Le Figaro.fr, «le minimum à faire aurait été de convoquer l’ambassadeur saoudien à Paris». Pour Rama Yade, «la vraie raison de cette discrétion, c’est que l’Arabie Saoudite est devenue un allié de la France», avec la clé «des milliards d’euros de contrats». Rama Yade reconnaît toutefois qu’une vive réaction d’un gouvernement «est difficile» à prendre forme «quand la realpolitik domine tout». «J’en ai fait l’expérience», souligne la conseillère régionale d’Île-de-France. La droite au pouvoir, la dénonciation «ne se serait pas faite dans la sérénité la plus totale». «Le silence ou quasi-silence de nos autorités est insupportable», indique pour sa part le député les Républicains (LR) Philippe Gosselin, même s’il «comprend pour une part la realpolitik de la France qui a besoin de l’Arabie Saoudite comme allié». Faire la leçon au royaume «seul c’est s’isoler pour rien», dit-il, alors que Bruno Le Maire a lui demandé que la France revoit ses liens avec la monarchie des Saoud. Contacté par Le Scan, l’entourage de François Hollande a exclu, mercredi, une réaction de l’Elysée. «Je vous invite à voir avec le quai d’Orsay», a balayé un très proche collaborateur du chef de l’Etat. Lequel ministère des Affaires étrangères a publié une réaction de deux phrases au ton très diplomatique: «La France est préoccupée par la situation d’Ali Mohammed al-Nimr, condamné à mort alors qu’il était mineur au moment des faits et qui pourrait être exécuté de façon imminente. Opposés à la peine capitale en tous lieux et toutes circonstances, nous appelons à surseoir à cette exécution.» Le cas du jeune saoudien a été évoqué en Conseil des ministres sans pour autant qu’un communiqué de presse de condamnation soit publié. En novembre 2014, François Hollande avait engagé une démarche auprès du président pakistanais pour obtenir la grâce d’Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème au Pakistan.

Tristan Quinault Maupoil

lefigaro.fr

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