Facebook sait ce que vous tapez… même quand vous ne le publiez pas

FBLe réseau social prêt à tout pour collecter les données personnelles de ses utilisateurs ? Selon une étude américaine relevée par Slate.fr, Facebook récupèrerait même les statuts et commentaires qui n’ont jamais publiés, les considérant comme de « l’autocensure« .

Qui n’a pas hésité à commenter un article publié par un ami sur Facebook ? Qui n’a pas osé poster un statut un peu trop « olé olé » de peur d’être jugé par un collègue de travail ? Bref, on a tous déjà (et plusieurs fois) commencé à écrire quelques mots dans notre barre de statut… et fait machine arrière pour finalement tout effacer. Ouf, personne ne saura ce que je m’apprêtais à publier. Sauf Facebook.

Car si on en croit une étude publiée par deux Américains citée par le site d’informations Slate.fr, le réseau social est capable de savoir ce que vous avez tapé, même quand vous avez décidé de ne pas le publier. Facebook considère ces pensées non-postées comme de « l’autocensure » et s’est amusé à les analyser.

Le comportement de 5 millions d’utilisateurs à la loupe
Pour comprendre ce fameux comportement d’autocensure, Sauvik Das, un étudiant-chercheur qui a fait un stage d’été d’ingénieur chez Facebook et Adam Kramer, un data-scientifique de Facebook, ont passé au crible les non-statuts, les non-posts et les non-commentaires de 5 millions d’utilisateurs vivant aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pendant 17 jours.

Comment ça marche ? Pour collecter le texte que vous finissez par effacer, Facebook envoie du code à votre navigateur, qui analyse votre texte et le renvoie à Facebook. Au cours de leur enquête, les chercheurs se sont principalement penchés sur les statuts et les commentaires des utilisateurs. Ils ne prenaient en compte que les messages qui dépassaient les cinq caractères. Autrement dit, dès les premiers mots tapés dans la barre de statut, Facebook enregistrait les données. Si le post n’était pas publié dans les 10 minutes qui suivaient, le contenu était estampillé « Censuré« .

Un exemple ? Pour être plus explicite, Slate.fr prend l’exemple de la messagerie Gmail. Effectivement, quand on commence à écrire un mail, le texte est directement enregistré dans les brouillons, même si vous n’enregistrez pas votre prose et que vous décidez de ne jamais l’envoyer. Facebook utiliserait la même technologie, mais sans vous prévenir.

Que dit la charte de Facebook ? Dans la Politique d’utilisation des données de Facebook, dans le chapitre des « Informations que nous recevons et leur utilisation« , le réseau social écrit qu’il reçoit « des données à votre sujet à chaque fois que vous entreprenez une action dans Facebook« .

Plusieurs exemples de données collectées sont cités (« lorsque vous consultez le journal d’une autre personne« , « recherchez un(e) ami(e) ou une Page« ) mais rien ne dit que l’entreprise récupère des éléments que vous ne partagez pas.

Facebook voit-il exactement le contenu des posts « fantômes » ? D’après les deux Facebookeurs qui ont travaillé sur cette étude, il s’agissait simplement « d’enregistrer la présence ou l’absence de texte« , pas les frappes, ni le contenu en lui-même.

Si Facebook assure pour le moment que le contenu des posts n’est pas analysé (un porte-parole l’affirme à Slate.fr), cela ne saurait tarder. Comme l’assurent les deux auteurs de l’étude : « La prochaine étape sera de savoir ce que les utilisateurs refusent de publier et pourquoi« . Alors à quand le moment où Facebook s’infiltrera dans nos cerveaux pour décrypter les pensées que nous ne voulions pas partager ?

par Caroline Piquet

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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