Fenêtre sur : les jeunes et la politique

contribution - plume

Pourquoi les jeunes sont-ils si méfiants vis-à-vis de la politique et « oscillent entre désillusion et révolte » ? Est-ce symptomatique de la génération Face Book ? A-t-elle une autre vision à proposer ?

Que pensent vraiment les jeunes de la politique ? On les dit blasés, désintéressés par la chose publique. Les jeunes, ont-ils dans le fond une autre façon de s’impliquer dans la vie politique ?

Le dirigeant politique, à son plus haut niveau, est le symbole de l’autorité. Il est inutile de redire ici que la figure du politique est, aujourd’hui, dévalorisée, parce qu’elle se dévalorise. Nous assistons le plus souvent à des discours qui prennent trop de libertés avec la vérité des choses et des personnes, à des batailles d’egos, à des stratégies plus ou moins savantes ou perverses pour rester au pouvoir.

Sans parler des affaires de corruption et l’impunité pour certains d’entre eux qui entache la justice, censée incarner le pouvoir moral.

Tout ceci porte une atteinte majeure à l’épanouissement de notre jeunesse qui n’accepte plus l’autorité hiérarchique, sans que celle-ci ne soit assortie d’exemplarité. Les jeunes veulent des guides solides et le manque d’exemplarité des dirigeants politiques bouscule leur construction.

Depuis un certain temps déjà les spécialistes (psychologues, sociologues,….) savent que la crise identitaire est plus forte que la crise économique. C’est un cri d’alarme qu’il faut lancer. Attention au risque du « père défaillant » qui chute.

D’autres sont là pour prendre la relève. N’oublions pas Staline, baptisé « le petit père des peuples » ou encore d’Hitler, appelé « führer » : chef ! Pour les jeunes, dont la pensée et le psychisme sont encore fragiles, il est facile, face au désœuvrement de tomber dans des mirages dangereux.

Quand la crise économique produit de tels effets de chômage et de fragilisation des populations, et que les différents hommes qui se succèdent au pouvoir n’améliorant pas la situation, les gens se mettent à douter de l’efficacité de la politique et de sa capacité à améliorer leurs vies.

Certes, les jeunes expriment leur défiance de manière un peu plus marquée que les autres, vis-à-vis des politiques. La cause est à rechercher dans l’inefficacité et la corruption du personnel politique. Que dis ce désenchantement vis-à-vis de la politique ?

Si la politique conventionnelle et notamment la participation aux procédures démocratiques est fondamentale pour le fonctionnement de la démocratie, elle n’est pas suffisante aujourd’hui comme logique participative pour reconstruire le déficit de la démocratie qui nous caractérise.

Lorsque les jeunes parlent de la politique, parfois il y un automatisme : la politique ce sont les affaires politiques et du coup ce sont les hommes politiques. Des lors on associe l’idée que la politique c’est l’argent, c’est l’intérêt personnel et c’est le fait qu’on tire la couverture vers son cote.

De ce fait, l’image qu’ils ont de la politique dominante, c’est la politique de la corruption dans le sens qu’il y a une collision entre les intérêts économiques et les intérêts politiques. La nouvelle génération donc, celle que j’appelle génération « Face Book », ne se laisse plus séduire par le discours politique très construit au moment des élections sachant que derrière il y peu de faits concrets pour un devenir meilleur.

Or comme disait quelqu’un : « Les jeunes sont la clef d’une bataille ». La meilleure perspective pour l’environnement social, économique, politique, est de motiver les jeunes. Leur participation à la prise de décisions est nécessaire pour la mise en œuvre des politiques de développement durable au plan national, régional ou local.

Si la jeunesse mauritanienne est de plus en plus pessimiste, c’est parce que chez nous, on considère la jeunesse, non pas comme faisant partie de la solution, mais comme un ensemble de problèmes.

Est-ce pour autant une raison pour bouder la scène politique ? L’abstention ne va pas de pair avec d’autres formes de prise de parole politique et le vote n’a pas encore été remplacé comme modalité d’expression qui peut être utilisé par le plus grand nombre. Ceux qui ne votent pas ne vont pas dans les réunions, dans les meetings, les manifestations etc. Donc le retrait n’est pas la solution car on entend encore moins leurs voix que quant ils votent.

Pourtant cela ne veut pas dire que les jeunes ne sont pas intéressés et ne suivent pas la politique, au contraire. Ils traduisent plutôt leur engagement sur autre chose que le fait d’aller voter, par exemple dans le relai des réseaux sociaux etc. Ils s’impliquent dans des associations qui sont pour eux des actes politiques au sens premier du terme. Ils ne veulent pas focaliser tout rapport a la politique a travers la procédure électorale.

Donc Il y a un intérêt à la politique en tant que participation citoyenne au sens large du terme et une méfiance vis-à-vis des institutions politiques y compris le suffrage universel. Souvent les hommes politiques méconnaissent cette réalité et ils tentent de les instrumentaliser et quand les jeunes perçoivent cette attitude, leur réaction peut se traduire par une démobilisation électorale.

Comment redonner une vision d’avenir à la jeunesse ? Si le constat est sombre en l’état actuel, il est de la plus grande urgence que nos dirigeants prennent conscience de l’impact de leur comportement sur les jeunes qui les observent. Churchill disait : « un homme politique considère sa prochaine élection, un homme d’État considère la prochaine génération ».

Avons-nous des hommes politiques ou des hommes d’Etat ? Comme réponse je vous invite à méditer sur cette réflexion d’un jeune citoyen. « On a confie le vol au pilote automatique et il ne faut pas s’étonner que l’avion s’écrase ».

BAC

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