Festival Assalamalekoum : 6 ans de mensonge, ça suffit !

abdoulaye sow minen teye

Hormis les Français qui ont fait de ce festival une mine d’or en revenant chaque année pour profiter des vacances et des retombées financières, le festival Assalamalekoum change chaque année d’équipe locale. La réalité, c’est que le fondateur ne peut manigancer qu’avec des expatriés. La gestion dudit festival est également entachée par d’interminables conflits internes. Il suffit de s’y intéresser de près pour se rendre compte de la déception de ces dizaines de jeunes collaborateurs mauritaniens, qui dénoncent la discrimination et l’absence de transparence.

A titre d’exemple, lors de l’édition 2013, le stagiaire au sein du festival nous vient du Maroc. Pour un tel profil, il ne serait pas plus judicieux d’accorder la primauté aux talents mauritaniens ? N’est-ce pas de tels encouragements qui permettront aux artistes locaux d’évoluer et d’espérer porter la musique mauritanienne ? Mais détrompez-vous, ce festival est une vache aux mamelles juteuses. Loin de représenter la culture mauritanienne et sa diversité, il sert uniquement à remplir des poches de certains individus.

Le festival prétend jouer la carte de la sensibilisation aux droits humains et de la lutte contre la corruption. Or, c’est tout sauf un podium pour les luttes alternatives. Au lieu d’inculquer aux jeunes le sens des droits civils et citoyens, on les divertit pendant quelques jours, afin d’attirer des bailleurs de fonds. D’ailleurs il convient de connaître certains organisateurs du Festival pour se rendre compte qu’émanciper la jeunesse mauritanienne constitue le cadet de leurs soucis. Ils n’ont jamais été au côté du peuple pendant les moments les plus difficiles. Les artistes parmi eux sont loin d’être populaires et n’ont jamais abordé des thèmes importants… sauf lorsqu’il y a des fonds à la clef.

Le directeur du festival, Monza, est lui-même une figure contestée du monde de la culture, naufragé du mouvement hip-hop mauritanien. Demandez à tout artiste honnête de la place, il vous dira que laissé à lui seul, Monza n’arrive même à réunir un public de 20 personnes. Il sait de quoi je parle et les autres aussi. Il fut le premier à nous trahir lorsque nous étions réunis pour dénoncer le recensement raciste en cours, et toutes les formes d’injustices que subissent la communauté négro-mauritanienne et les minorités pauvres du pays. Il a instrumentalisé nos images pour entamer la promotion de sa structure sur Noorinfo, Zaza Prod, laquelle est bâtie sur le mensonge et la tricherie. Par ailleurs, Monza essaye de réunir des jeunes qu’il appelle des « sans logis », il fait marcher ses affaires personnelles. Depuis sa création, Zaza Prod n’a pas une réalisation concrète à son actif. C’est de là que provient la déception de Ziza. Le premier lauréat du concours découverte a fini par se confier à d’autres bonnes volontés pour sortir son produit. Sans oublier le piège tendu aux artistes (panne Africaniste) de la sous-région tels qu’Awadi, Simon, Xuman Matador et les francais comme Tunisiano fouille notre sol mais n’a toujours pas compris

Aujourd’hui, il s’arroge le statut de la victime sur laquelle les artistes et la presse tirent à boulets rouges. Il y a bien des raisons. Sa personne importe peu, l’on dénonce seulement sa mauvaise foi. Il veut impliquer tout le monde dans la politique et dans l’achat des consciences. En 2006, il a battu compagne pour Ahmed Ould Hamza. Son soutien à ce dernier face aux accusations de l’IGE est une suite logique de cette complicité…. nous ne devrions pas être dupes. Ni l’Etat, ni nos hommes politiques ne souhaitent notre épanouissement. La jeunesse ne signifie pas amusement et débauche. Il a fallut que le system lève sa main sur hamza pour qu’on entende la voix de Monza, dans la même période des événements de Kaédi, ou était il lorsque le système tirait sur lamine Mangane ? Et le recensement raciste et l’esclavage pour Monza c’est secondaire.

S’il a osé dire dans un point de presse à l’ouverture du Festival 2013 que le hip-hop a servi la cause de certains partis politiques, c’est que, vraisemblablement, il s’exprimait devant des profanes. C’est lui « l’aîné » ayant entrainé le groupe Elawad Bilad et bien d’autres dans ce bourbier politique et corrompu. Son nouvel appel à tenir Malekoum salam n’est rien qu’un plateau afin que ses politiciens parviennent à lancer leurs messages et être visibles ceci dit long sur l’esprit opportuniste du président-fondateur. Et comme le dit l’adage, « qui se rassemble, s’assemble et les oiseaux de même espèce volent ensemble», c’est DJ Paco, qui chante ses éloges

Depuis sa création, il faut signaler que l’équipe technique est majoritairement composée de personnes étrangères. Quant au volet artistique, Monza préfère les inconnus aux artistes reconnus sur la scène. D’ailleurs, l’hypocrisie qui caractérise la politique française se manifeste autant dans le monde de la culture que dans le système politique. Nombreux sont les artistes engagés ayant été victimes de censure lors de leurs concerts. La direction de l’Institut Français de la Culture exclut couramment les rappeurs engagés de leur programme. A mes yeux, à travers ces agissements, la France participe activement au déni culturel et à la persistance du système oppressif. Le très contesté Phillip Debrion sait bien ce dont je parle.

Je vais vous raconter une anecdote. Avant notre spectacle en 2009, lors de la fête de la musique, Debrion a usé de toutes ses forces intellectuelles pour procéder à un piètre lavage de cerveau. Il est même allé jusqu’à renifler dans nos répertoires pour nous exhorter à épargner les gouvernements Français et Mauritaniens dans nos chansons. C’est une preuve convaincante que les expatriés qu’on nous envoie ici nous surveillent, nous abrutissent et contribuent à imposer une attitude néo-colonialiste. Il nous a fait comprendre qu’il était là pour protéger ses intérêts, même s’il faut pour cela cautionner un putsch militaire, en censurant sa condamnation à travers nos chansons. Il ne faut pas s’étonner lorsque l’on diffuse depuis les kaimas de IFM une fausse image de la Mauritanie. Ils font la promotion des artistes insouciants des véritables problèmes de la Mauritanie, à savoir le racisme de l’Etat, la discrimination raciale ethnique et tribale. Maintenant que vous savez, dites haut et fort, le mensonge : ça suffit !

Abdoulaye Yéro SOW, membre de Minen Teye

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