Filière Riz en Mauritanie : Importante production, faible consommation

Concertation_economiques_u_30_0Pour la campagne agricole 2013-2014, la Mauritanie a produit 293 000 tonnes de riz paddy. Cette production, selon les responsables du ministère de l’agriculture couvre 70 à 80% des besoins en riz des mauritaniens.
A la question : qui mange riz mauritanien ? Les bras levés sont rares. Les mauritaniens, très majoritairement, ne consomment pas le riz produit au bord de la vallée du fleuve Sénégal, plus.
C’est pour, entre autres, traiter de ce paradoxe que « des journées de réflexion sur la compétitivité de la filière riz et le développement de la culture du blé » ont été organisées par les ministères de l’agriculture et celui du commerce a Nouakchottles 20 et 21 novembre.
Il y cinq a six ans, la Mauritanie produisait a peine 30% de ses besoins en riz. « Les pouvoir public ont fait d’énormes investissements au niveau de la filière riz avec un accroissement net des superficies aménagées et la réhabilitation d’autres superficies » a déclaré Abdallahi Ould Baba, directeurs des politiques, des statistiques, du suivi-évaluation et de la coopération au ministère de l’agriculture.
La production de paddy, explique Ould Baba, « si elle est transformée sur la base d’un taux de rendement de 60%, ça doit théoriquement couvrir 75 a 80% des besoins en riz des mauritaniens. » ensuite, ajoute-t-il « les bases de calcul de cette couverture en riz ne sont plus a jour.
Ces bases sont faites sur une norme de 46 kg par individu par an alors que le CILS qui avait fixé ces bases est entrain de mener une consultation pour les réviser à la hausse. »
Et, aussi « avec la rareté des pluies, les habitudes alimentaires ont changé. Le riz est devenu une denrée très consommées en Mauritanie. »

Manque de compétitivité

Cette quantité de riz produite, sur le marché mauritanien, souffre du manque de compétitivité face au riz importé. L’une des raisons, selon Abdallahi Ould Babab :« la production n’a pas évolué avec la transformation.
Les infrastructures de traitement, de stockage de cette production n’ont pas suivi l’évolution des superficies. »
Les journée, ont donc pour objectif « de réfléchir à l’amélioration de la compétitivité de la filière riz en amont et en aval de la production. »
En Amont, explique Ould Baba, « c’est rendre le compte d’exploitation des paysans beaucoup moins cher, c’est-à-dire le rendre supportable financièrement pour ces paysans et économiquement supportable pour l’Etat mauritaniens aussi. »
L’objectif est de développer l’embryon d’industrie de transformation de la quantité de paddy pour accompagner la hausse du niveau de production. Il doit, de l’avisOuld Baba, y avoir, pour plus d’efficacité « une coordination entre les différents maillons des chaines de valeurs de la filière riz.»
Il ajoute « quand on produit beaucoup, il faut que l’on ait la capacité de transformer cette production. Nous sommes réunis dans ces journées pour améliorer le traitement de cette production, réduire son cout, réduire le cout de la transformation pour plus de compétitivité face au riz importé. »

Couts de productions élevés

Moulaye Ould Moulaye Oumar, président de l’association mauritanienne des ingénieurs agronomes (AMIA) cite lui aussi la difficulté de transformation du paddy. « Au niveau de l’usinage, ce qui est souvent favorisé c’est le poids important au détriment de la qualité » dénonce-t-il.
Il insiste aussi sur les couts de production élevés en Mauritanie. Explication : « le riz thaïlandais importé par la Mauritanie, bénéficie depuis de décennies d’un appui de l’Etat thaïlandais mais aussi de bonnes conditions climatiques.
En Thaïlande en effet, la pluviométrie importante fait que le riz, a 80% est pluviale et ça joue un rôle capital. En Mauritanie ou c’est l’irrigué, le cout de production en énergie au niveau d’un hectare avoisine 80 000 um. »

Par rapport au Riz sénégalais, le président de l’AMIA donne les explications suivantes : « au Sénégal l’utilisation de la main d’œuvre familiale est encore importante. Et, ça joue sur le cout de production. Par contre à Rosso Mauritanie, à 80%, la production est privée.
Nous utilisons la main d’œuvre saisonnière qui est chère. Au Sénégal, la lutte anti-aviaire est en grande partie faite par les membres de la famille qui protègent leurs parcelles. Chez nous c’est difficile pour un privé de protéger 40 a 50 hectares avec des ouvriers.
Le riz sénégalais est importé chaque jour par des femmes qui le vendent en détail en Mauritanie. Et en fin de journée, cette quantité vendue au détail peut remplir des camions. »

Pour la campagne agricole en cours, il est question de faire passer la commercialisation par les usiniers et importateurs. Pour le président de l’AMIA, c’est en principe une bonne chose. Mais ajoute-t-il, « il faut que ces usinier et importateurs jouent franc jeu avec les producteurs en essayant pas de jouer sur les prix et occasionner des pertes au détriment des producteurs. »’

Extension du CPB de Boghé

Ndiaye Daouda est président du bureau régional des agriculteurs du Brakna. Il est aussi président du Conseil d’Administration du casier pilote de Boghé (CPB). Au niveau de ce casier, la production est encore familiale. « On parle de commercialisation avant de parler de production.
Pour commercialiser il faut d’abord produire et avant de produire il faut de bons aménagements »
déclare Monsieur Ndiaye. Il donne l’exemple du CPB aménagé en 1983 et qui fonctionne toujours contrairement a certains petits périmètres aménagés récemment au Brakna et dont les bénéficiaires ne peuvent aller en campagne.
Au Niveau du CPB, l’augmentation de la production est visible a déclaré Ndiaye Daouda. Il note que les subventions de l’Etat ont boosté l’agriculture en allégeant la facture de la campagne.
Le CPB couvre une superficie de 4000 hectares avec 790 hectares aménagés en 1983. L’extension, indique le président de son conseil d’administration, a commencé l’année dernière. « Nous espérons d’ici 02 a 03 ans avoir au moins 3000 hectares à exploiter au niveau du CPB» a déclaré Ndiaye Daouda.
Il ajoute « le CPB concerne plus de 8000 foyers. D’une agriculture de subsistance, on souhaite 02 à 3 hectares par foyer pour passer a une agriculture de développement. »

Khalilou Diagana 

Source : Le Quotidien de Nouakchott

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