FLAM : La plume et le buvard

El Wely Ould Sidi HaibaLe débat suscité ces jours-ci sur plusieurs sites nationaux autour de la question des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), riche en divers points de vue et analyses contradictoires – bien à raison d’ailleurs – est sans doute l’un des sujet, aux cotés de l’esclavage, de la face hideuse d’une stratification humiliante et de la gabegie, qui interpelle ardemment toute la classe politique et intellectuelle du pays; Interpellation d’autant plus pressante qu’elle est incontournable pour remettre à l’heure les pendules de la question revendicatrice d’une frange importante de la population de ce pays, à travers des discussions et échanges profonds à bâtons rompus ainsi que des échanges intenses et édifiants entre toutes les parties concernées, les années de braises étant passées, et à la faveur d’une ère nouvelle ouvrant  sur un espace d’écoute peu contraignant et sans grandes restrictions, privilégiant la levée totale des tabous et des voix clandestines.

 Le débat ainsi engagé ne doit pas, de ce point de vue, être exclusif aux seuls militaires intellectuels fortement pourvu d’une culture politique voyante et d’un niveau intellectuel certain d’une part, ni aux ténors et théoriciens de la pensée des ‘’FLAM’’ incandescentes rompus à l’activisme à l’interne et clandestin d’autre part.

Loin s’en faut, c’est grâce à une bonne appréciation de cette vérité de Lapalisse par tous les acteurs de la scène nationale avec un recul honnête et impartial, que le débat gagnerait en teneur et en  franchise et serait à terme porteur de grands espoirs que les fautes commises par les pouvoirs et leurs opposants  ne devraient plus engager, dans l’amalgame et la suspicion, le peuple en sa diversité, ni plus en perturber l’inéluctable communion apaisée qu’il devra gagner et préserver lorsque les choses seraient comprises et savamment traitées.

Et c’est bien une fois les responsabilités établies et les exagérations confinées à l’oubli, que le cours normal de la justice impartiale doit suivre son cours, et personne quel qu’il soit et de quelque bord que ce soit ne doit alors en échapper pour un acte physique commis minime soit-il ou pire, propagandiste engagé, incitant à la haine, dénigrant, rejetant et  affligeant l’autre.

Encore que les contradictions soulevées et relevées d’une approche à une autre selon les divergences édictées par les états d’esprit, les multiples angles d’écriture, de lecture et d’analyse – qui constituent un incommensurable cumul d‘édificateurs longtemps dissimulés aux profanes, aux indécis, au incrédules et aux radicaux – vont sans doute permettre le placement des conclusions obligatoirement tirées sur le même niveau de considération et  permettre d’en jauger les teneurs et d’en considérer les aboutissants.

Les plus extrêmes des porteurs potentiels de ses divergences seront acculés à lâcher du leste dès lors que les raisons de la surenchère seraient outrepassées, et les plus intransigeants perdraient de leur raideur chauffés à plomb par la volonté de l’assouplissement qui est, non seulement une voie à explorer, mais encore une voix à adopter.

Et si tant cela est, tous ceux qui ont un mot à dire, un témoignage à apporter, une équivoque à lever, doivent tremper la plume mais en arborant le buvard, les tâches d’encre n’étant plus le propre de ces nouvelles écritures qui doivent être soignées et les lettres revêtir un caractère noble et apaisé. Les générations futures doivent en avoir des conclusions substantielles, édifiantes et empreintes de franchise, d’esprit de réconciliation qui répare les préjudices moraux et restitue les droits matériels, et du pardon qui interdit la négation de l’autre, chasse les détails diaboliques et bannie la haine.

Certes, le chemin à cela n’est pas tapissé de roses et ceux qui continuent de mettre à sac ce pays sapent de façon effrénée ses progrès, museler par tous les moyens ses voix libres, ne cessent aussi de confiner ses populations dans les entendements archaïques qui désunissent et maintiennent tenaces les fausses chaines d’une stratification avilissante. Etat de chose alarmant qui rapproche de plus en plus la fragile cohésion encore existante – heureusement maintenue par la même confession de l’Islam – d’une implosion dont les conséquences destructrices sont à redouter.

Qu’on en débatte à fond de cette question des FLAM, que d’aucuns et à tord veulent occulter, au même titre que celles de l’esclavage toujours inachevée, de la stratification sociale où qu’elle face légion en suspens, de la gabegie qui sape tout effort de progrès et de développement équitable, et orientons le débat sur la voir des règlements définitifs, si tant est aussi la volonté d’obtenir un souffle qui permettra de grignoter sur l’énorme retard que le pays ne cesse d’accuser et qui trotte bien loin derrière le concert des nations; Et beaucoup plus important que tout cela, que l’on puisse mettre en place une notion de l’Etat jusque là inexistante, une culture politique encore nulle et un échafaudage indispensable pour mieux à la structure sociale toute démantelée et longtemps mise hors d’usage.

El Wely Sidi Haiba

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