FN: Marine Le Pen lance une procédure contre son père, qui lui répond

La présidente du Front national, Marine Le PenInvitée du journal de 20h de TF1 jeudi 9 avril, la présidente du Front national Marine Le Pen a annoncé sa décision d’engager une procédure disciplinaire contre son père Jean-Marie Le Pen, et l’a invité à se retirer de la vie politique. Une querelle déclenchée par les propos du fondateur du FN dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol. Jean-Marie Le Pen a répondu à sa fille, ce vendredi matin sur RTL.

« Si on avait pu se passer de cette crise, on l’aurait fait avec plaisir », avoue Marine Le Pen sur la chaîne française TF1. Elle parle également de son « chagrin de fille » face aux « dérives inacceptables » de son père, avant de réendosser très vite son rôle de patronne du Front national : « Nous sommes des responsables politiques avant tout », lâche-t-elle avant d’annoncer que son père sera prochainement convoqué dans le cadre d’une « procédure disciplinaire » devant le bureau exécutif du parti, mais sans pour autant préciser quelle sanction pourrait être envisagée.

Seule certitude, Marine Le Pen réaffirme son opposition à la candidature de son père comme tête de liste pour les régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). « Il n’est plus la meilleure locomotive pour ce scrutin », tranche-t-elle, avant de plaider en faveur de son retrait pur et simple de la vie politique : « Jean-Marie Le Pen devrait faire preuve de sagesse, tirer les conséquences du trouble qu’il a créé et arrêter ses responsabilités politiques », affirme-t-elle. Un message sans concession de la fille à son père, une porte de sortie également, peut-être, pour éviter le traumatisme que représenterait une exclusion du parti.

Pour Jean-Marie Le Pen, sa fille « se suicide »

La réponse ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, ce vendredi matin, le président d’honneur du FN, fondateur du mouvement en 1972, s’est exprimé sur la crise suscitée par ses propos dans Rivarol, lors d’un entretien accordé à la chaine de radio RTL. Jean-Marie Le Pen, 86 ans, s’est dit « pantois » et a assuré qu’il irait devant les instances de son parti pour « se défendre » et « probablement attaquer ». Loin de se retirer, il a accusé sa progéniture, « Madame Le Pen », de « dynamiter sa propre formation ». Avec la prise de distances qu’elle a engagée avec lui, la présidente du Front national « prend le risque » de « se soumettre au système », tacle M. Le Pen.

« Elle avait la chance d’avoir une unité et des résultats conquérants, et c’est elle-même qui crée une difficulté majeure avec le président d’honneur, fondateur de son parti, qui de surcroît est son père, sous des prétextes extrêmement légers, qui ne justifient pas l’action qu’elle prétend mener », estime le patriarche. « Je me demande si ce n’est pas une manœuvre délibérée pour essayer de se concilier je ne sais quelle sympathie ou indulgence de la part du système et qui dirait (…) «  Il faut que vous soyez autre chose. « Quand elle sera autre chose, elle ne sera plus rien », ajoute-t-il.

Jean-Marie Le Pen se qualifie d’élément « fondamental » pour le FN. Selon lui, avec cette brouille familiale, Marine Le Pen « se suicide ». Le « menhir » entend défendre sa candidature pour représenter le Front national aux élections régionales de PACA le 17 avril devant le bureau politique du parti, bien qu’il le fasse « sans trop d’illusion ». Et de prendre acte que sur cette affaire, sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen, nièce de la présidente du parti, ne le soutient pas. Jean-Marie Le Pen parle ainsi d’un « assaut généralisé ».

Jean-Marie Le Pen et Louis Aliot, le 1er mai 2014 à Paris.AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU

Crise familiale au FN : le gendre s’en mêle

Après l’entretien de Jean-Marie Le Pen sur RTL, ce fut au tour de Louis Aliot, vice-président du Front national et compagnon de Marine Le Pen, de s’exprimer sur une chaine concurrente, RMC.

Renvoyant l’accusation « pro-système » à son auteur, qualifié d’ « allié objectif du système » qui « nuit » au FN, Louis Aliot a néanmoins plaidé contre une exclusion de Jean-Marie Le Pen du mouvement qu’il avait fondé. « Je ne suis pas favorable à une exclusion », a-t-il dit. « Je tiens compte du travail effectué, de tout ce qu’il a apporté au Front national (…) La vie de Jean-Marie Le Pen s’est faite au service de son pays. »

Ce qui ne l’empêche pas de se démarquer clairement de lui : « Les excès en politique servent les gens en place, c’est exactement ce qu’il fait », dénonce l’eurodéputé à l’encontre de son beau-père. Selon lui, Jean-Marie Le Pen, dont il fut le directeur de cabinet, « est un anarchiste, il se fout de tout, il n’a aucune limite. Je ne vais pas dire  » ni Dieu ni maître « , parce que je pense qu’il croit en Dieu, mais il n’a pas de maître. »

• Valls ne souhaite pas trop s’en mêler

En déplacement au Maroc, Manuel Valls a été interrogé sur la crise que traverse le Front national, alors qu’il avait lui-même été attaqué par Jean-Marie Le Pen dans son interview donnée à Rivarol, en raison de sa nationalité de naissance (espagnol). « Je ne veux pas en parler, parce que tout cela est en train de faire l’affaire de Madame Le Pen », a réagi le Premier ministre, qui fait valoir qu’il a d’autres chats à fouetter, et surtout la lutte conjointe contre le terrorisme islamiste, au cœur de ses discussions avec les autorités marocaines.

Manuel Valls se méfie d’une polémique qui, au final, pourrait selon lui profiter à l’opération de « dédiabolisation » engagée par le FN de Mme Le Pen. Et de poser une question : « Est-ce que le FN est moins populiste, moins anti-européen, moins anti-islam, moins homophobe ? » « Je ne participerai pas à une réhabilitation du Front national. Le combat contre l’extrême droite continue et passe par les valeurs », explique le chef du gouvernement.

Source: RFI

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