FONADH : Déclaration à l’occasion du 64e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.


À l’occasion du 64e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Le soixante quatrième anniversaire de la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme est une excellente occasion pour tous les responsables et militants des organisations regroupées au sein du FONADH de s’interroger sur l’état d’avancement de la lutte contre les violations de droits humains, en
Mauritanie.

Cet anniversaire est aussi une occasion pour nous, de saluer partout dans le monde, les progrès enregistrés et de flétrir toutes les violations des droits humains, sur tous les continents de notre planète.

En Mauritanie, nous avons une pensée pieuse pour toutes les victimes de graves violations des droits humains, notamment celles très nombreuses, victimes de l’esclavage et du racisme d’Etat.

Il faut toutefois saluer les progrès non négligeables opérés depuis 2005 et qui se traduisent par l’adoption de la loi incriminant les pratiques esclavagistes, d’une part et un début de règlement de ce qu’il est convenu d’appeler, avec une certaine pudeur, « le passif humanitaire » c’est à dire les exécutions extra judiciaires des civils et militaires négro mauritaniens, d’autre part.

Toutefois, force est de constater que les autorités administratives, judiciaires et des forces de sécurité continuent d’agir de manière à bloquer tout processus visant l’application de la loi. Chaque année, en effet, des militants anti-esclavagistes mauritaniens dénichent des cas flagrants d’esclavagisme ; mais rares sont les cas ayant abouti à des condamnations.

Quant au dossier relatif au règlement du passif humanitaire, il faut saluer le retour organisé des réfugiés mauritaniens au Sénégal, d’une part et l’indemnisation des veuves et orphelins des victimes militaires des exécutions extra judiciaires, ainsi que des anciens fonctionnaires, d’autre part.

Concernant le rapatriement des Mauritaniens anciennement réfugiés au Sénégal, les actions louables entreprises par l’ANAIR depuis 2008, restent malheureusement incomplètes, face à l’ampleur des besoins. En particulier, l’épineux problème des terres de culture demeure sans solution satisfaisante et constitue un risque réel d’affrontement entre les populations.

Concernant les indemnisations des victimes militaires et des anciens fonctionnaires et agents de l’Etat, elles ne constituent qu’une goutte d’eau dans la mer. En effet, plusieurs autres victimes (anciens travailleurs du secteur para public, du secteur privé, de l’informel, du secteur rural, de l’artisanat, etc.) attendent toujours un début de solution.

Il faut noter que pendant les années 1986 à 1991, de graves violations de droits humains ont frappé la communauté négro-mauritanienne. Plusieurs personnes innocentes ont été froidement exécutées le long du fleuve Sénégal et même dans les villes ; des femmes ont été violées et des villages entiers brûlés et leurs populations déportées vers le Sénégal et le Mali dans des conditions inhumaines, après avoir été dépouillées de leurs biens et la confiscation de leurs pièces d’état civil.

Aujourd’hui, ces victimes et les ayant droits n’ont eu droit qu’à une prière symbolique à Kaédi. Même si l’Etat a fait l’effort de reconnaître sa responsabilité, les frustrations des victimes restent grandes. En outre, il existe encore des réfugiés mauritaniens au Mali, qui attendent des opérations de rapatriement. La situation sécuritaire de la zone seule n’explique pas le retard de la mise en œuvre d’une opération de rapatriement en leur faveur.

D’une façon générale, concernant le passif humanitaire, il convient de créer une Commission indépendante, qui sera chargée de se pencher sur l’étude et la mise en œuvre de solutions consensuelles définitives. En effet, il est indispensable d’entreprendre des investigations poussées sur les douloureux évènements, d’en déterminer les véritables auteurs et d’établir les responsabilités des uns et des autres.

Ce devoir de vérité est nécessaire, pour envisager le pardon des victimes. Et, pour commencer, il faut abolir la loi scélérate d’amnistie de 1993 des criminels. Le respect des droits humains est une condition sine qua non pour la construction d’un Etat moderne, où les citoyens vivent égaux et en paix.

Les signataires

Les membres du Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)

– 1. Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),
– 2. Association Mauritanienne des Droits cde l’Homme (AMDH),
– 3. Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),

– 4. Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),
– 5. Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),
– 6. Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie(CSVVDHM),

– 7. Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES),

– 8. Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),
- 9. Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),
– 10. Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),
- 11. Collectif des Veuves,

– 12. Collectif des Rescapés Militaires,
– 13. SOS – Esclaves,
– 14. Association pour le Développement Intègre de L’Enfant (APDE),
– 15. Association pour la Promotion de la Langue Wolof en RIM (APROLAWORIM),
– 16. Association d’Appui au Développement à la Base (SALNDOU).

Source : FONADH

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