Football: dix scandales à la Fifa qui en disent long

au QatarLa Coupe du monde au Qatar, la faillite d’ISL, des opposants écartés et des scandales de corruption… une longue liste d’affaires ont émaillé la Fédération internationale de football que le Suisse Joseph Blatter dirigeait depuis 1998.

1999. Des élections truquées? Après près de 20 ans à gravir les échelons, Joseph « Sepp » Blatter atteint son Graal en 1998 en battant son mentor le Brésilien Joao Havelange, alors patron du foot mondial depuis 24 ans, à la présidence de la Fifa. « Tu as créé un monstre », lui lance alors son rival battu alors que la presse britannique évoque un scrutin truqué. En vain. Le Suisse obtient gain de cause devant la justice.

2001. La faillite d’ISL. Au tournant des années 2000, International Sport and Leisure (ISL) règne en maître sur le petit monde du football. En mai 2001, cette société suisse de marketing sportif qui gérait en exclusivité les droits de retransmissions de la Coupe du monde, en plus des contrats commerciaux de la Fifa, est déclarée en faillite. Une longue enquête suisse éclabousse l’instance dirigeante du football mondial, à commencer par Joao Havelange et son gendre Ricardo Texeira, alors président de la Fédération brésilienne. Au total, près de 40 millions d’euros de pots-de-vin auraient été versés.

2006. Mastercard voit rouge. Le Français Jérôme Valcke, qui n’est alors que le directeur marketing de la Fifa, est écarté après une affaire de contrat litigieux concernant les compagnies rivales de cartes bancaires, Mastercard et Visa. Six mois plus tard, Valcke est pourtant rappelé et nommé Secrétaire général de la Fifa.

2010. Le Nigérian Adamu dans la tourmente. En 2010, le Nigérian Amos Adamu, ponte de la Fifa, et le Tahitien Reynald Temarii, président de la Confédération d’Océanie, sont suspendus pour avoir contrevenu au code d’éthique sur des soupçons de corruption dans les attributions des Mondiaux 2018 et 2022. Ils auraient ainsi reçu un million et demi de dollars de dons pour leurs fédérations en échange d’un vote en faveur du Qatar. Le Tunisien Slim Aloulou, président de la Chambre de Résolution des Litiges et membre de la Commission du Statut du Joueur, le Malien Amadou Diakité, membre de la Commission des Arbitre, le Botswanais Ismael Bhamjee, membre d’honneur de la CAF, sont également sanctionnés.

2011. Bin Hammam s’oppose à Blatter. Il ne fait pas bon s’en prendre à Blatter. Membre du comité exécutif de 1996 à 2011, le Qatarien Mohammed Bin Hamman se présente face au Suisse lors de l’élection à la présidence de la Fifa en 2011. Avant le vote, la commission d’éthique de la Fifa ouvre une procédure contre lui et Jack Warner, président de la Concacaf (Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes) et à ce titre vice-président de la Fifa. Bin Hamman, qui est aussi président de la Confédération asiatique (AFC) rétorque par une procédure contre Blatter avant de se retirer le lendemain et d’être radié à vie le surlendemain. Reconnu coupable de corruption et d’achat de voix, Bin Hamman voit sa peine annulée par le Tribunal arbitral du sport, fautes de « charges suffisantes » mais reste banni à vie par la Fifa pour des malversations au sein de l’AFC.

2011. Des matches arrangés?  Au coeur de l’été, le New York Times déclenche une nouvelle polémique en révélant des détournements de fonds et une corruption latente au sein de la Fifa mais aussi l’existence de matches truqués au profit des bookmakers. Un Estonie-Bulgarie aurait ainsi reçu de nombreux paris sur le nombre de buts alors que des sommes investies pour l’organisation du Brésil-Portugal auraient disparues dans la nature.

2014. Trafic de billets. En plein coeur de la Coupe du monde brésilienne, une nouvelle affaire éclate. Mohamadou Lamine Fofana, membre de la Fifa, ainsi que Ray Whelan, directeur Match Hospitality, sont arrêtés par la police dans le cadre d’un vastre trafic de billets de matches qui pèse 70 millions de dollars et date des quatre derniers Mondiaux. Match Hospitality, prestataire exclusif de la Fifa, appartient à la société suisse Infront Sports and Media, dirigée par Philippe Blatter, le neveu de Sepp Blatter.

2014. Michael Garcia claque la porte. En débarquant dans la Fifa, Michael Garcia est un enquêteur reconnu, ancien procureur fédéral américain. Moins de deux ans après son arrivée, et après un rapport amplement modifié sur les soupçons de corruption qui pèsent sur l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, Garcia démissionne de son poste de président de la chambre d’instruction du comité d’éthique le 17 décembre 2014, justifiant sa décision par un sentiment d’impuissance.

2015.Corruption africaine. L’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar soulève bien des questions. Le feuilleton début dès 2010 avec la suspension du Tahitien Reynald Temarii et le Nigérian Amos Adamu pour achat de voix. Selon Phaedra Almajid, ex-employée de la candidature qatari, trois dirigeants du continent se seraient vu offrir des « encouragements » de 1,5 million de dollars: Adamu, donc, ainsi que l’Ivoirien Jacques Amouma et le Camerounais Issa Hayatou, toujours président de la Confédération africaine.

2015. Une semaine pour tout changer. Le 27 mai, deux jours avant l’élection du président de la Fifa, les justices américaine et suisse passent à l’offensive en procédant à l’arrestation de sept hauts responsables de l’instance mondiale, impliqués dans différentes affaires de corruption et de blanchiment d’argent. Sepp Blatter est bien élu pour un cinquième mandat malgré le scandale. Dans la foulée, alors que le Sud-Africain Danny Jordaan a reconnu avoir versé 10 millions de dollars à la Concacaf, Jérôme Valcke est une nouvelle fois mis en cause. Cette fois, le Secrétaire général est soupçonné d’avoir transféré cette somme sur des comptes gérés par Jack Warner, ex-vice-président de la Fifa. Quelques heures après ses révélations du New York Times, Blatter annonce sa démission.

Source: RFI

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge