Fort McMurray: la lutte inégale des hommes face aux tourbillons de feu

zone ravagée par les feuxLa zone ravagée par les feux a doublé ce dimanche 8 mai au matin dans la région de Fort McMurray, à l’ouest du canada. L’incendie se rapproche dangereusement d’une zone d’importantes exploitations pétrolières, où la production a dû être arrêtée.

C’est vraiment une lutte inégale qui oppose les pompiers à la « Bête », le surnom qu’ils ont donné à cet incendie à multiples têtes. Malgré leurs efforts et le soutien des avions citernes, la forêt autour de McMurray est littéralement dévorée par les flammes. Face à ces attaques sur plusieurs fronts, les 1 100 soldats du feu mobilisés tentent surtout de protéger les équipements de la ville, les télécommunications et l’alimentation en eau, électricité et gaz, en laissant les zones non-habitées brûler. Les vents dirigent d’ailleurs l’incendie vers l’extérieur de la ville. Cet incendie, qui pourrait prendre plusieurs mois à s’éteindre selon un des responsables, est toujours hors de contrôle.

Les feux de forêt qui ravagent l’Ouest canadien ont doublé de taille ce samedi 7 mai, ont annoncé les autorités, qui estiment que la situation dans l’Alberta restait « imprévisible et dangereuse ». Au moins une exploitation pétrolière, Suncor, se trouve d’ailleurs sur la voie que semble emprunter le feu. Ce type d’entreprise est cependant bien équipé pour faire face à une telle menace. La préoccupation des autorités actuellement est surtout de s’assurer que tous les habitants de Fort McMurray ont bel et bien quitté leur logement. Des personnes âgées et malades viennent d’ailleurs d’être évacuées tout récemment.

A minuit, les feux qui continuaient de progresser auront parcouru plus de 200 000 hectares, a encore indiqué l’agence de gestion des urgences de l’Alberta dans son nouveau bilan. Les autorités canadiennes pensent qu’ils sera très difficile de venir à bout des flammes après deux mois sans pluie, si le temps ne change pas. Samedi encore, le thermomètre avoisinait les 30 degrés celsius, avec des vents jusqu’à 40 km à l’heure, qui alimentent les 43 incendies ravageant les forêts et les broussailles. Fort McMurray est la capitale du secteur canadien de l’extraction des sables bitumineux. Une dizaine de compagnies ont actuellement stoppé leur production, réduisant d’un tiers environ la production canadienne de brut.

Une catastrophe économique

La production pétrolière est le secteur le plus touché par les incendies dans une province qui souffre déjà depuis deux ans de la chute des cours du brut et qui a perdu 40 milles emplois directs. Une partie des compagnies pétrolières ont suspendu la production, d’autres l’ont ralenti. On estime à 1 million de barils par jour le volume retiré du marché soit le tiers de la production régionale. Cela aura un impact sur toute l’économie canadienne car la province d’Alberta produit 80% du pétrole canadien. Les économistes estiment que la croissance du pays sera probablement nulle au cours de ce trimestre au lieu d’1,5% prévue auparavant. S’il est encore tôt pour évaluer le coût des dégâts matériels, on sait déjà que la note risque d’être salée pour les assureurs. La Banque de Montréal estime tout de même déjà la facture à environ 6 milliards d’euros, un record pour une catastrophe naturelle au Canada. Et, l’Etat devra également débourser des centaines de millions d’euros pour la reconstruction des infrastructures abimées. Le gouvernement provincial a déjà débloqué 68 millions d’euros pour répondre aux premières nécessités d’urgence des personnes évacuées.

Source: RFI

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge