Foyers de fièvre de la vallée du Rift chez le bétail en Mauritanie

FoyersAprès le décès d’un cas de fièvre hémorragique de la vallée du Rift, le 14 septembre 2015, dans un centre de santé du district de Moudjeria, le Ministère de l’élevage deMauritanie a notifié le 4 novembre 2015 à l’Organisation mondiale de la santé animale l’apparition de 4 foyers de fièvre hémorragique de la vallée du Rift chez le bétail :

Un foyer découvert le 29 septembre dans le département d’Aleg, qui a touché 5 animaux dans ses troupeaux de 800 petits ruminants (ovins et caprins) qui paissent autour d’une nouvelle mare. Un foyer découvert le 6 octobre dans la région de Tidjikja, qui a touché 2 animaux parmi les 72 ovins et caprins d’un village.

Un foyer découvert le 9 octobre dans le département de Magta-Lahjar, touchant 4 animaux parmi 450 petits ruminants qui paissent autour d’un étang temporaire Un foyer découvert le 11 octobre dans le département de Kiffa, où 8 ovins et caprins ont été touchés sur un effectif de 700.

Les foyers, situés dans différentes provinces du sud du pays, ont été caractérisés par des vagues massives d’avortements. Les troupeaux ont été testés suite à l’apparition de cas humains de fièvre hémorragique de la vallée du Rift (nouvelle du 28 octobre 2015).

La fièvre de la vallée du Rift est une zoonose majeure causée par un virus du genre Phlebovirus de la famille des Bunyaviridae. Le virus affecte différentes espèces animales (buffles, chameaux, bovins, caprins et moutons) et peut être transmise à l’homme :

soit par contact direct avec le sang ou les fluides corporels animaux lors de l’abattage ou de l’ingestion de viande ou de lait d’animaux contaminés ; soit indirectement par des piqûres d’arthropodes, en particulier par des arthropodes du genre Aedes.

La forme bénigne de fièvre de la vallée du Rift chez l’homme, forme la plus fréquente, survient après une incubation de 2 à 6 jours, et se manifeste sous la forme d’un syndrome pseudo-grippal (fièvre, de myalgies, d’arthralgies et de céphalées) qui dure de 4 à 7 jours.

Dans les formes graves on peut observer :

Une forme oculaire (0,5 à 2 %) avec des lésions rétiniennes qui se traduisent par une baisse de la vision ou une gêne visuelle. La maladie peut guérir spontanément sans laisser de séquelles ou provoquer une baisse définitive de leur acuité visuelle.

Une méningo-encéphalite (moins de 1 %) avec complications neurologiques graves courantes.

Une forme hémorragique (moins de 1 %): 2 à 4 jours après le début de la maladie, le patient présente les signes d’une atteinte hépatique grave avec ictère (jaunisse). Des phénomènes hémorragiques apparaissent ensuite:

vomissements de sang, sang dans les selles, purpura ou ecchymoses (provoquées par des saignements cutanés internes), saignements du nez ou des gencives, hémorragies gynécologiques. Le taux de létalité pour ce syndrome hémorragique est élevé et se situe aux alentours de 50 %. Le décès survient habituellement trois à six jours après l’apparition des symptômes.

Source : Organisation mondiale de la santé animale

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