A la loupe : Femme mauritanienne, entre liberté et devoir.


La femme mauritanienne est à la croisée des chemins. Elle est au confluent d’un traditionalisme aliénant mais qui s’effrite de manière rapide et dangereuse et un modernisme universel qui impose des valeurs souvent incompatibles avec l’environnement social et religieux, ouvrant la voie à une course effrénée pour la conquête de la liberté, de l’égalité et de la justice.Dans une société où les males conservateurs font bon ménage avec des réformateurs de façade, les progressistes ne manquent pas de galanterie pour s’aligner du côté de la gent féminine et faire avancer la cause du « second sexe »,…..
pour reprendre son auteur Simone de Beauvoir militante légendaire pour l’émancipation féminine. Le monde bouge et les préjugés tombent face au mouvement de l’histoire. Tous les royaumes de l’intolérance finiront par craquer sous les pressions exercées par les réseaux de revendication sociale de plus en plus organisés et porteurs d’arguments tranchants.  La femme mauritanienne est décidée d’entrer dans cette dynamique, une mode inspirée par des modèles qu’un certain occident qui a enterré depuis la vieille époque ses défroques archaïques ne cesse de séduire. 

Si cela s’est fait ailleurs à coup de plumes coulant de l’intellect du genre mais aussi par les manifestations de rue, ici la lutte a certes gagné les esprits mais les pesanteurs sociales et morales sont des remparts qui se dressent devant la forteresse traditionnelle. Peu importe, un combat n’est pas gagné dès le premier coup. D’ailleurs cette lutte a commencé chez nous depuis des décennies. Ses militantes devenues vieilles n’ont pas abandonné le combat et le peu de forces qui leur restent sont encore au service de cette grande bataille qu’elles partagent avec les nouvelles générations. On peut même dire que les vieilles gloires de la cause féminine comme Aissata Kane, Marièm Daddah et tant d’autres qui n’ont pas déposé les armes sont aujourd’hui heureuses de transmettre leurs expériences à leurs filles à la pointe du combat. Les années sont passées, les revendications encore prégnantes, les mentalités en évolution fulgurante mais que de chemin à parcourir pour briser les tabous et faire sauter les derniers verrous dans une société qui respire encore son passé. La Mauritanie a ses spécificités, ses gardiens de temple, ses barbus pour que cette lutte soit aisée. Nos femmes le savent et en sont conscientes pour ne pas tomber dans l’illusion de la facilité. Mais ce n’est pas pour les beaux yeux de patriarches qu’il faut éviter de franchir les lignes rouges mais bien pour des raisons morales et religieuses. Là aussi les militantes sont bien placées pour savoir où commence la liberté et où s’arrête le devoir religieux. Il est d’autant plus important de rappeler cette exigence que le modernisme n’est pas forcement que des références. Il a ses côtés pervers et aliénants qui tuent ce que la tradition a comme d’immenses ressources protectrices. Nous avons besoins de femmes dignes de respect et de considération dans la conquête responsable et vertueuse de leurs droits et non des victimes d’une domination qui les réduit à des esclaves taillables et corvéables à merci. Les temps ont changé, les mentalités aussi… la grande marche de ce 8 mars en est une belle démonstration !

Cheikh Tidiane Dia

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