France : la « marche républicaine » des dirigeants africains à Paris

HOllande et AngelaPlusieurs présidents et ministres du continent ont défilé dimanche à Paris aux côtés de dirigeants du monde entier pour la « marche républicaine » contre le terrorisme. De la place de choix réservée à IBK au volte-face des Marocains, « Jeune Afrique » vous raconte les coulisses africaines de cet évènement historique.

Ils ne voulaient pas louper ce moment historique. Plusieurs dirigeants africains faisaient partie de la cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements du monde entier présents à Paris dimanche 11 janvier pour la « marche républicaine » contre le terrorisme.

Comme leur homologues étrangers, les présidents et ministres du continent ont été prévenus de l’organisation de la manifestation par les canaux diplomatiques français. À travers ses ambassades, l’Élysée a fait savoir qu’une mobilisation contre le terrorisme aurait lieu à Paris et que tout ceux qui souhaitaient venir étaient les bienvenus. Aucune invitation individuelle n’a donc été envoyée. Selon une source élyséenne, la liste des participants a été rapidement bouclée, en moins de 48 heures.

Six chefs d’État, un Premier ministre et trois ministres des Affaires étrangères du continent

Six chefs d’État, un chef de gouvernement et trois chefs de la diplomatie du continent étaient présents dans la capitale française pour la « marche républicaine » contre le terrorisme. Hormi le Gabonais Ali Bongo Ondimba, tous les présidents étaient issus d’Afrique de l’Ouest : Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Macky Sall (Sénégal), Mahamadou Issoufou (Niger), Faure Gnassingbè (Togo) et Boni Yayi (Bénin). L’Afrique du Nord était elle représentée par le Premier ministre tunisien Mehdi Jomâa, et les ministres des affaires étrangères de l’Égypte, Saleh Choukry, de l’Algérie, Ramtame Lamamra, et du Maroc, Salaheddine Mezouar.

Tous sont arrivés dimanche matin au compte-goutte, accueillis sur le perron de l’Élysée par François Hollande. Ils se sont ensuite retrouvés avec les autres dirigeants étrangers dans la salle des fêtes du palais. Les uns et les autres en ont profité pour avoir des discussions informelles, sans qu’aucun entretien bilatéral formel n’ait lieu. Peu avant 15h, ils sont ensuite montés dans un bus à destination du parcours de la manifestation, boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris.

IBK à droite d’Hollande

L’image n’a échappé à personne : IBK occupait une place d’honneur dans le cortège des dirigeants internationaux. Pendant la marche et la minute de silence, le président malien était positionné à droite de François Hollande et à gauche du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Chapeau noir sur la tête, bras dessus bras dessous avec ses voisins, il est apparu l’air solennel et le visage grave.

« Avec cette place de choix confiée à IBK, François Hollande a voulu un message clair et triplement symbolique, confie-t-on à l’Élysée. D’abord, celui de rappeler que la France et le Mali sont engagés ensemble, depuis l’opération Serval, contre le terrorisme. Ensuite, mettre en avant le rôle de Lassana Bathily, l’employé malien de la supérette casher qui a sauvé six personnes à Vincennes. Et enfin, montrer que le Mali n’a rien à voir avec Amedy Coulibaly quand ce dernier se revendique ‘Malien musulman’. » Outre ces symboles, beaucoup d’observateurs ont aussi souligné le symbole représenté par le musulman IBK et le juif Netanyahu, marchant ensemble face au terrorisme.

Le volte-face des Marocains

Présent à l’Élysée dimanche matin, Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères marocain n’a finalement pas pris part à la « marche républicaine » dans l’après-midi. Selon un communiqué officiel diffusé par l’ambassade marocaine, sa délégation « n’a pas pris part à la marche organisée à Paris en raison de la présence de caricatures blasphématoires du prophète dans le défilé ».

Selon une source diplomatique marocaine interrogée par l’AFP, « le ministre a été à l’Élysée avec l’intention de prendre part à la marche » avant de se rétracter, « ce genre de caricatures insultantes pour le prophète ne [contribuant] pas à instaurer un climat de confiance ». D’après une source diplomatique française, on estime plutôt que leurs hôtes marocains sont venus à Paris pour marquer leur solidarité mais que « leur décision de ne pas participer à la manifestation avait déjà été prise ».

Les relations franco-marocaines sont plombées depuis un an par une série d’accrocs diplomatiques. Dans un entretien à lire cette semaine dans le n°2818 de Jeune Afrique, Salaheddine Mezouar fait porter la responsabilité de la poursuite de la crise sur la France. Elle est, selon lui, due à l’absence de « volonté politique » de Paris et à une confiance « ébranlée » entre les deux pays.

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