France: la prolongation de la mission Sangaris en débat à l’Assemblée

000_Par7766151_0C’est ce mardi 25 février que le Parlement votera la prolongation ou non de la mission Sangaris en Centrafrique. L’intervention militaire française a été déclenchée le 5 décembre 2013. François Hollande avait promis qu’elle serait rapide, mais l’insécurité et le chaos régnant à Bangui ont rendu la situation plus complexe que prévu.

Intervenir en RCA, l’idée était dans les cartons depuis le printemps 2013, mais à cette époque l’armée française était très occupée au Mali. Il faudra attendre l’automne et le feu vert des Nations unies. « Les Nations unies vont être saisies d’une résolution à l’initiative de la France, et il y aura une deuxième résolution », affirme Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense. A Paris, on parle alors d’un millier d’hommes et de quatre à six mois de mission de sécurisation, avant de passer le relais aux forces africaines et à l’ONU. Mais les choses se précipitent. Le 5 décembre, la France doit intervenir sans plus tarder après un déchaînement de violence à Bangui qui fait près de 500 morts en quelques jours.

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A ce stade, 1 600 Français sont déployés. Le 9 décembre, l’armée de terre enregistre ses premiers morts durant les opérations de désarmement. Le président François Hollande se rend à Bangui : « Antoine et Nicolas sont morts pour la France », dit-il. Ex-Seleka, anti-balaka, à Bangui, personne ne veut déposer les armes. Deux mois seront finalement nécessaires pour ramener un semblant de calme. Mais après le départ forcé de certains miliciens musulmans, les anti-balaka tentent d’imposer leur loi. 400 Français sont finalement envoyés en renfort, 200 viennent du Tchad. Officiellement, les effectifs français passent à 2 000 hommes. Sangaris se déploie enfin en région. La force africaine Misca atteint 6 000 hommes. L’Europe se prépare à déployer un millier d’hommes au total à partir du mois de mars.

En France, l’heure est maintenant au vote du Parlement, prévu par la Constitution pour les opérations extérieures qui se prolongent au-delà de quatre mois. Celle de RCA ayant débuté le 5 décembre, la consultation parlementaire aurait donc dû intervenir fin mars ou début avril prochain. Mais les travaux des Chambres seront suspendus à cette période, en raison des élections municipales. Alors, le vote tombe maintenant. Certes, la discussion devrait aboutir à un prolongement de l’opération. Mais elle s’annonce animée, en raison des difficultés sur le terrain. C’est à droite que l’on attend les critiques les plus fortes.

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Bien sûr, l’opposition ne remet pas en cause le fondement de l’opération. Mais elle fustige des erreurs d’appréciation. L’Elysée avait parlé d’une opération courte et d’un contingent limité. Or, 1 600 hommes, « c’était insuffisant et nous le savions », avance le député centriste Philippe Folliot. « Et nous savons aussi, dit-il, que nous sommes en Centrafrique pour longtemps. » Son collègue UMP Pierre Lellouche se montre encore bien plus dur, parlant d’une « lourde erreur des services de renseignement » et d’une décision d’engagement des troupes « très improvisée ». « Nos soldats, argumente-t-il, sont pris dans une épuration ethnique qui ne dit pas son nom. »

Que voter ? Les parlementaires UMP sont loin d’être unanimes. Leurs suffrages devraient se partager entre l’abstention, le vote « contre » et le vote « pour » la prolongation de l’opération. Alors que dans la majorité aussi, on émet aussi quelques inquiétudes, à l’instar du socialiste Jean-Paul Bacquet, de retour d’une mission parlementaire à Bangui, et qui estime que l’on est « en train de conduire les soldats français à la limite de l’épuisement ». Mais réserves ou pas, les socialistes voteront bien sûr en bloc la reconduction de Sangaris.

Source : Rfi

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