France: les interdictions du burkini se multiplient

polémique.Ce maillot de bain, porté par certaines femmes musulmanes, qui couvre tout le corps à l’exception du visage, des pieds et des mains, fait polémique. Quatre villes en France ont décidé de l’interdire sur leurs plages.

Le Touquet (Pas-de-Calais) a décidé ce mardi 16 août d’interdire à son tour le burkini, afin de « lutter contre le prosélytisme religieux », précise son maire Les Républicains, Daniel Fasquelle. « Il n’y a pas de burkini pour le moment au Touquet, mais je ne veux pas que mes services soient pris au dépourvu si jamais nous étions touchés par ce phénomène », a prévenu le maire. Son arrêté doit être pris dans la semaine.

En Corse, un burkini aurait provoqué des heurts

Lundi, c’est la petite ville de Sisco (Haute-Corse), 1000 habitants, qui bannissait ce maillot de bain de ses plages. Le maire PS de la commune, Ange-Pierre Vironi, prenait un arrêté à la suite d’une bagarre générale survenue samedi. Des familles d’origine maghrébine et des Corses se sont battus à coups de pierres et d’armes blanches, faisant cinq blessés. Une centaine de gendarmes et de policiers ont été mobilisés pour ramener le calme.

L’enquête débute, mais une baignade en burkini serait à l’origine de la rixe. Des témoins affirment que les familles d’origine maghrébine n’auraient pas supporté que des femmes de leur groupe, qui nageaient couvertes, soient prises en photo.

Des interdictions qui se suivent

Fin juillet, le maire de Cannes, dans le sud de la France, a été le premier à interdire le port du burkini. David Lisnard (Les Républicains) s’est justifié en évoquant la nécessité de porter à la plage une « tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs, et de la laïcité ».

L’édile précisait alors « qu’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France est actuellement la cible d’attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public ».

Cette décision est contestée par une association de lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, sa requête a été rejetée par le tribunal administratif de Nice. Les juges estiment qu’avec le contexte d’attentats, cette tenue de bain peut être interprétée « comme étant plus qu’un simple signe de religiosité ».

Une autre ville de la Côte d’Azur, Villeneuve-Loubet lui a emboité le pas. Et en juillet 2013 déjà, la municipalité voisine de Mandelieu-la-Napoule avait pris un arrêté similaire « à partir de faits constatés », selon le service communication de la ville joint par l’AFP.

Les politiques s’emparent du sujet

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur, a estimé mardi sur Europe 1 que « les gens sont libres de prendre leur bain costumé ou non ». Pour autant, il défend la décision des maires d’interdire le port du burkini : « ma position c’est la liberté, sauf nécessité d’ordre public. Quand il y a des possibilités de heurts comme en Corse, le maire est fondé à prendre des arrêtés ».

Du côté du gouvernement, Laurence Rossignol, ministre en charge des Droits des femmes, assure que le burkini est « une version plage de la burka ». Cependant, la burka couvre le visage, ce qui n’est pas le cas du burkini.

Qu’importe selon la ministre, puisque ces deux vêtements servent la même vision « profondément archaïque de la place de la femme dans la société », et une logique identique : « enfermer et dissimuler les femmes pour mieux les contrôler ». Laurence Rossignol met cependant en garde : « ces sujets d’interdits vestimentaires ne concernent pas les musulmans, mais une fraction politique organisée qui veut développer un projet de société ».

Enfin, Abdallah Zekri, président de l’Observatoire contre l’islamophobie au CFCM (Conseil français du culte musulman) dénonce quant à lui une stigmatisation d’une pratique minoritaire :

Source:  RFI

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