France: Manuel Valls «comprend» les maires qui interdisent le burkini

Valls  ManuelManuel Valls s’invite dans le débat autour du burkini. Quatre villes ont pris un arrêté pour interdire ces maillots de bain qui couvrent le corps des femmes à la plage. Dans une interview au quotidien régional La Provence, le Premier ministre estime que le burkini n’est « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République » et défend son interdiction.

« Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe d’éviter des troubles à l’ordre public », affirme le Premier ministre. Le soutien de Manuel Valls est donc clair, mais à une condition : que les élus soient « motivés par la volonté d’encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique ». Une mise au point adressée aux maires de droite qui ont décidé l’interdiction du burkini, parfois sans en avoir vu un seul sur leurs plages.

Sur le fond, Manuel Valls voit dans le burkini, non pas une « mode », mais « la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé sur l’asservissement de la femme ». Pour autant, le chef du gouvernement pense qu’une loi sur les interdits vestimentaires n’est pas la « solution ».

À ses yeux, c’est aux musulmans eux-mêmes « de dire qu’ils rejettent cette vision mortifère de l’islam ». Il reprend d’ailleurs l’appel à « plus de discrétion » lancé par Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam. Mais le Premier ministre ajoute que cette « discrétion » s’applique à toutes les religions.

Alors que la droite tente de profiter de la polémique sur le burkini, Manuel Valls, farouche défenseur d’une laïcité intransigeante, ne voulait pas leur laisser l’espace libre. Eric Ciotti, un député Les Républicains, a d’ailleurs reconnu la position courageuse de Manuel Valls.

Le burkini: une invention australienne

Le burkini, qui n’en finit plus de faire des vagues en France, est une invention australienne. En 2004, à Sydney, Aheda Zanetti, une Australienne d’origine libanaise assiste à un match de Netball, du Basket-ball à 7. Sur le terrain, elle regarde sa nièce peiner avec son long hijab et son survêtement. De là est né le « hijood », une contraction de « hijab » et de « hood », qui veut dire capuche en anglais. Un survêtement adapté à la « pudeur religieuse » d’après ses propres mots.

L’idée du burkini lui vient alors dans la foulée, dans un pays féru de sports aquatiques. La même année, Aheda Zanetti crée sa société, Ahiida, et commence à commercialiser ses produits. En 2006, l’entreprise décolle. En 12 ans, Aheda Zanetti écoule plus de 500 000 produits à travers le monde. Sur l’année 2016, toujours selon elle, les ventes auraient même bondi de 40%.

Un marché en pleine expansion qui suscite beaucoup de convoitises. De grandes enseignes, à l’image de Mark and Spencers, ont emboité le pas à l’Australienne. D’après une étude réalisée par Thomson Reuters, en 2013, les consommateurs musulmans ont dépensé 236 milliards d’euros en vêtements et chaussures.

RFI

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