Francs conseils aux maures-taniens

au_nom_de_la_veriteMohamed Hanefi : Mon cher frère maure. Allah m’est témoin que je t’aime. Il ne peut en être autrement, car toi c’est moi. Je peux sentir, même à distance le moindre frémissement qui te secoue, traverser, la profondeur de mes veines et de mes artères.

Je partage tes douleurs, je compatis à tes faiblesses, mais tes dérives également m’affectent et me troublent profondément. Les griefs qu’on te reproche, me couvrent de honte et de tristesse.

C’est pourquoi, j’ai décidé de t’écrire. Je m’en vais exactement te dire ce que tu m’aurais dit à ton tour, si tu me voyais dans la situation où je te vois en cette époque.

Tu es brave. Je le sais. Tu es hospitalier et affable. Tu donnes ce que tu as dans la main, sans réfléchir simplement pour honorer un hôte. Un hôte que souvent tu ne connais pas et que tu vois pour la première fois. Il suffit que ce soit un « khater », un hôte, qui a choisi ta demeure comme refuge et qui t’a gratifié de sa présence.

Par ce simple statut de « khater », il dispose du droit de ta demeure, de ton bien, de ton temps et des services de ta famille.

Tu accorde une attention sans pareille à l’obéissance à tes parents. « Bar » est une qualité que tu es pratiquement seul à conserver sur cette planète. C’est ainsi qu’Allah t’a crée, mon frère. C’est ainsi que devait rester. Ceci n’existe nulle part ailleurs que chez nous.

Je ne te le cite pas par vanité ou par manque de modestie, mais pour te rappeler que des valeurs d’une extrême rareté et d’une extrême préciosité, nous ont été confiées dans le secret et le silence de cette nature souvent hostile, par Allah le Maitre des mystères. Confiés à nous les hommes perdus dans l’immensité pudique du désert.

Nous les hommes du désert. Nous la société, ou les biens qui font courir les hommes et les affolent sont très « minces » (un terme que nous sommes seuls à comprendre)…je veux dire « étaient » très minces.

Nous les hommes des « Badiyas », et naguère, les détenteurs de la foi non fardée et des vertus sans pièges.

Nos bonnes actions s’accomplissaient devant le témoignage ingrat et avare de louanges, d’un désert qui ne révélait ses secrets à personne. Mais tant mieux, ces actions étaient accomplies uniquement pour l’amour du Seigneur des mondes et en vue de Le satisfaire.

Lui qui nous a dit dans son livre sacré: « Certes la miséricorde divine est proche des bienfaisants. » Et effectivement cette miséricorde nous enveloppait dans une pudeur divine et semait la Baraka dans nos familles, nos biens et nos corps.

Malgré la rigueur du climat dans lequel nous évoluions, nous mangions des viandes et des mets, dont la saveur et les odeurs, sont impossibles à produire aujourd’hui. Des avant gouts de Paradis par lesquels Allah, le généreux récompensait ceux parmi ses fidèles, qui ont tout négligé, pour l’obtention de sa satisfaction et de son pardon.

Cher frère n’as-tu pas remarqué comment ce manteau divin a été retiré brutalement du corps cette société? N’as-tu pas remarqué que les biens se sont multipliés, que les demeures sont devenues plus somptueuses, que les montures se sont transformées en coursiers de fer qui ne s’épuisent jamais; mais que de tous ces fastes, Le maitre des mondes a retiré toute Baraka, toute signification et tout plaisir? N’as-tu pas constaté que les visages de tes frères se sont durcis, flétris, renfrognés, et ont perdu par là l’auréole de beauté et de bonté qui les entourait?

N’avons-nous pas commis quelque part quelques fautes dont nous sommes en train de payer la facture? Je n’en doute point.

Allah a dit « Ton Seigneur ne fait de tort à personne. » D’où est venu le drame donc? Je vais essayer de t’expliquer, bien que la tache soit difficile. Tu as profité de l’humilité de tes frères esclaves, pour la leur rendre en humiliation. Ils t’ont servi, tu les as asservis. Je te comprends. La nature de la société était ainsi. Ce péché là était permis en ce temps là. Le crime est presque parfait, si Allah par sa science immense ne t’a signifié que tu es sur une mauvaise voie. Tu es allé trop loin sur la mauvaise voie. Il est temps de revenir. Il est urgent de revenir. Tu te perds et en même temps tu perds deux fois ceux que tu as déjà perdus.

Les paroles sont inutiles. Les paroles ne rassasient pas. Les paroles n’engraissent, ni n’affranchissent de la faim. Tu dois faire quelque chose vite et bien.

Quoi faire? Je sais que tu sais comment on fait les bonnes choses. Agit mon frère. Ta crédibilité et ta foi en dépendent.

Si tu as affamé ou aidé à affamer un ancien esclave, prouve lui par la profusion de nourriture que tu lui présentes, que tu agissais malgré toi. Si tu l’as marginalisé, enlace-le. Fais le asseoir sur le tapis du seigneur et sert lui le verre de thé traditionnel. Cela te grandira mon frère. Si tu l’as enfermé dans le cercle de l’ignorance aide-le à s’instruire. Vite et bien. En actes pas en paroles.

Seuls les imbéciles continuent à compliquer la vie des citoyens du monde. Surtout mon frère ne me parle pas de cette pléthore de lois, confinée dans une nuée de paperasses, qui visent autre chose que la clarté de la procédure. Et d’ailleurs les mesures adéquates de lutte contre l’esclavage doivent s’adresser aux pauvres vrais esclaves. C’est-à-dire les esclaves de la flatterie, de l’argent et du sexe.

Les autres dans la peau d’esclaves, ils sont libres d’être ce qu’ils sont. Arrêtons mon frère de chanter les morts. Ils sont auprès de Celui qui a la meilleure aptitude à les juger. Si nous devons chanter, chantons ce qui est devant nous, ceux qui sont vivants. Donnez aux vivants l’opportunité de profiter de vos appréciations de leur vivant; pour que cela serve à quelque chose. Les morts n’entendent plus.

Puiser toujours dans l’au delà pour glorifier les faiblesses du présent n’est pas honnête. Ceci équivaut à aller très loin, pour mieux mentir. On ne doit pas facturer ses prouesses sur le compte des habitants de l’autre monde. Les honorer revient d’abord à prouver que nous suivons et appliquons les principes et les valeurs qu’ils nous ont légués. Sinon nous ne sommes que des malfrats qui s’embellissent de l’action d’autrui. Des voleurs en somme!!

Mon frère tu as parfaitement lu et compris le livre. Tu as eu le temps et le calme de le tourner et le retourner dans le calme silence des contrées silencieuses. Tu sais parfaitement ce qu’Allah t’a demandé d’être, de communiquer aux autres, et de faire. Les pages étaient claires. Peux-tu nier cela, mon frère?

Tu sais qu’Il sait que tu sais et tu sais qu’en sachant qu’Il sait que tu sais, tu t’exposes à Sa colère, pire à sa malédiction au cas où tu trahis la sacralité de ses lois.

Qui t’a poussé à le faire? Je t’accorde le bénéfice de l’ignorance. Quelque part, à l’un des détours de l’histoire, quelqu’un a distillé dans les pages un dogme justifiant ces comportements hideux et dégradants. C’est lui qui en répondra et à toi de t’en défaire. On ne garde pas les pourritures.

C’est fini. Repends-toi. Revient vers le droit chemin et entame l’expiation de tes fautes. L’envoyé Mohamed (psl) a dit: « Tous les fils d’Adam sont fauteurs. Et les meilleurs fauteurs sont ceux qui se repentent. »

Tu ne dois essayer ni de justifier, ni de défendre ton péché. « Allah pardonne tous les péchés, mais ne pardonne pas qu’on Lui associe. » Coran.

N’accepte pas d’écouter ceux qui veulent te nourrir avec l’écuelle vide de la flatterie et de l’arrogance. Ta grandeur est ailleurs. Je sais.

Tous ceux qui vivent sur cette terre sont tes frères. Leur honneur est le tien et leur dignité est la tienne. Peux-tu accepter que le monde entier s’immisce entre toi et les enfants de ton père et de ta mère? Ce ne serait plus toi que je connaissais alors. Tu ne serais plus qu’un misérable mutant, qui halète derrière de petits fastes de ce monde, qui finiront par servir de nourriture aux vers dans sa tombe.

Malheur à moi, malheur à toi et malheur aux nôtres, si par mégarde, avec tes comportements et tes mauvaises actions, tu me laisses marcher dans l’arène des nations, la tête baissée de gêne, de confusion et de honte. Je passerais ma vie à te maudire et à maudire le jour où toi et moi avions été liés par le même sang.

Ne jette pas tes frères et anciennes victimes dans les bras rugueux de la mondialisation des conflits entre frères, ou dans l’obscurité pécheresse de tes geôles. Souviens-toi les paroles du dernier des prophètes: « Si ta puissance t’invite à écraser plus faible que toi, rappelle toi de la Puissance d’ Allah à te réduire en poussière. »

Ne pousse pas tes frères au désespoir. Les réactions sont imprévisibles et le cours des événements incontrôlable.

Tu aurais par là « revictimisé » tes anciennes victimes. Tu n’échapperais pas au courroux de Dieu. Il te suit surtout quand tu ne le suis pas. La dissension brûle le vert avant le sec. Évitez-la comme la peste. Ebola est mille fois plus facile à maitriser que les flammes de la dissension. Des flammes, qui, devant vos yeux, ont léché tant de sociétés, pour n’en laisser que les traces de la cendre.

Mon frère tu as oublié une équation fondamentale qui nous protégeait contre nous-mêmes : « Nous ne sommes qu’un petit quelque chose de dérisoire entre deux néants. » Rien avant la naissance et zéro après la mort.

Mon cher frère. Quelque chose de toi resterait très petit, très mesquin et plus que dérisoire, tant que tu tournes en rond pour maintenir une partie de toi dans les geôles du mépris et de l’exclusion. La patrie resterait handicapée. Elle présenterait toujours aux yeux des autres, cet aspect du boiteux, qui inspire la pitié, mais génère le mépris et la bassesse.

Et puis mon frère n’es tu pas musulman? Quand le prophète (psl) a dit:  » Un de vous ne sera croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère (musulman), ce qu’il aime pour lui-même. ».

Condition sine qua non de la foi!

Aimerais-tu te retrouver dans l’état ou tu as mis tes frères? Aimerais-tu être réduit à l’esclavage comme tu l’as voulu pour les autres? Arrête mon frère. Tu joues avec le feu et Allah, l’omniscient est parfaitement en connaissance de ce que tu fais.

Tu étais beaucoup plus grand que cela et j’espère, je te souhaite, je nous souhaite que ton visage ne s’abaisse jamais de honte. Ni dans ce monde ni dans l’autre.

Le pays sera soit, fort par tous ses fils, soit il passera l’histoire à sautiller sur une seule jambe. C’est la jambe de l’injustice. Elle ne mène nulle part que vers la destruction, les déséquilibres et les malheurs. Dieu nous protège.

J’entends beaucoup de bruits sur le problème qui nous affecte, mais je sens peu de bonnes volontés. Tous interviennent pour défendre un ancien privilège, par crier de façon très gauche et de manière très nonchalante le contraire de ce qu’ils pensent.

Ceux à qui Allah a confié le pouvoir et le savoir, ont été investis de la mission la plus dangereuse qu’un être humain puisse porter sur ses épaules. Allah a proposé « Al-Amana », la responsabilité aux cieux à la terre, aux montagnes, ils refusèrent de l’assumer. C’est l’être humain qui s’en chargea, puisqu’il était enclin au tort et à l’ignorance.

Et puis, mon frère, sans sortir de la logique de ta logique, Dieu t’accorderait-il une quelconque victoire, quand tu pratiques ce qu’Il s’est interdit à Lui-même: L’injustice?

Quand le réveil de l’histoire sonne, il vaut mieux sauter sur ses jambes, faire ses ablutions se prosterner devant le Seigneur du juste, et suivre le droit chemin.

Mohamed Hanefi. Koweït.

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