Freiner l’elan de la gabegie et de la corruption (l’approche intégrale)

libre-expressionLa guerre contre la gabegie et les pratiques indélicates était le principal thème sur lequel le Président Aziz a axé son discours depuis son accès au pouvoir suite à un Putsch blanc ou à un mouvement restructuratif salué par une majorité parlementaire compacte et une grande partie de la population et contesté, bien entendu, par d’autres.

Aussitôt après ce changement, le Président a inauguré son règne par une guerre sans merci contre ceux qu’il appelait les symboles de la gabegie.

Ainsi, plusieurs politiques et stratégies ont été mises en œuvre par le Gouvernement pour venir à bout de ce fléau destructif qui s’est accaparé de la majeure partie de nos cadres et de nos hommes politiques.

Ceci est d’autant plus vrai, que le détournement des deniers publiques, la malversation, le commerce des consciences, le favoritisme et la discrimination qui étaient perçus par les mauritaniens comme un passeport à l’enfer et au châtiment Divin le dernier et à la honte dégradante dans la vie d’ici-bas, sont devenus, des vertus et des actes de prouesses pour notre société contemporaine, au point de qualifier le responsable qui gère un département ministériel ou une institution publique sans s’enrichir dans un délai record d’inerte, inefficace et de baudruche « Mahou Khaleg » (inconsistant) !

Autant dire, que l’échelle des valeurs dans notre Pays est, malheureusement, inversée.

C’est, vraisemblablement, ce facteur psychoculturel que constituent cette mentalité et cet état d’esprit qui a, entre autres, empêché, les approches et les perspectives mises en œuvre par le régime, de porter les fruits escomptés.

En substance, à la loupe d’un observateur apolitique, nous allons essayer, sans trop verser dans les détails, de soulever quelques idées et formuler quelques suggestions, probablement, utiles en vue de les soumettre à la réflexion sur toute approche intégrale et harmonieuse éventuelle envisageable, sur le court, le moyen et le long terme, ayant pour objectif l’éradication de la gabegie, non seulement, de nos administrations, mais aussi et surtout, de nos esprits et notre subconscient.

Il est question, notamment, de la mise en œuvre des dispositions et des mesures juridico-spirituo-cultiro-sociales qui mettent dans la ligne du compte les considérations ci-dessous :

• La confection des lois et des règlements spécifiques et adaptés. Certes, l’ordre juridique national bat en trop plein des textes incriminalisant et réprimant la corruption et la mauvaise gestion des biens publics. Toutefois, ces textes ne sont pas suffisamment adaptés et souvent peu appliqués. Ce qui suppose une révision globale qui permettrait, entre autre, de : soustraire l’examen des dossiers des détournements et des pratiques gabegistes au ressort des tribunaux communs et dédier cette compétence à une juridiction spéciale qui juge souverainement de ces questions et de réviser le code de déontologie et élaborer ses textes d’application, d’une part, et de veiller sur l’application stricte des textes et des ordonnances judiciaires d’une autre,

• Le rôle des médias : Les campagnes médiatiques qui propagent et qui vulgarisent les valeurs de l’intégrité, de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, doivent être intensifiées et diversifiées et inscrites dans une trajectoire de durabilité,

• Les programmes pédagogiques nationaux doivent insérer les Versés Coranique, les Hadith Cherif qui ont évoqué cette problématique. Ils doivent également prévoir des chansons, des adages et des anecdotes qui mettent en exergue les valeurs spirituelles et civiques de l’intégrité, de la droiture et de l’honnêteté, dans leurs programmes, leurs cours magistraux, leurs supports, leurs conférences et leurs séminaires,

• Les segments de la société toutes catégories confondues doivent porter leurs contributions à cet effort national crucial, notamment, les Oulémas, Théologiens, Imams, société civile, parents, instituteurs et artistes,

• La motivation et l’intéressement des fonctionnaires et des gestionnaires des deniers publics en leur attribuant des revenus suffisants pour une vie décente,

• L’élargissement et le renforcement de la couverture sociale (prestations de : l’assurance maladie, vieillesse, invalidité et de diverses allocations familiales, couvrir des nouvelles catégories (profession libérale et chômeurs), révision de minimums sociaux SMIG, en vue de les adapter au contexte socioéconomique) en perspective d’une couverture sociale universelle. C’est vrai que ça coûte, mais, une petite marge des montants colossaux qui partaient dans les poches des gabegistes est largement suffisante pour couvrir ces reformes,

• La réactivation et la consécration de la règle sacro-sainte de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut,

• La mise en place d’une stratégie de récompense et de sanction juste, alléchante et dissuasive à la fois,

• En attendant la confection de textes précités il serait souhaitable de sanctionner les hauts responsables dont l’indélicatesse est établie en les privant d’être renommés à d’autres fonctions (ce point est fondamental), d’autant plus qu’il est regrettable de constater qu’il n’est plus étrange de voir un ancien haut responsable qui quitte la prison pour intégrer le Gouvernement ou les hautes sphères de la République. C’est tout à fait empêtrant et embarrassant pour nous en tant que soutien qui se veut responsable du Président,

• La mise en application des textes en vigueur existant ou à confectionner sans resserve aucune quelque soit le rang ou le poids politique de l’auteur de l’acte incriminé.

En définitive, malgré, l’effort considérable consenti par les Pouvoirs Publics pour freiner l’élan des budgétivores, les commis de l’Etat continuent de succomber à la sirène du premier bien public placé sous leur contrôle. Sans égard aucun aux préceptes de notre sainte religion, pour ne rien dire des autres considérations.

Sachant qu’autrefois, le mauritanien préférait d’être qualifié de tout sauf voleur ou indélicat. Ce qui est diamétralement opposé aux mentalités de notre époque, ou le manager ou le responsable qui s’abstient, par dévotion, honnêteté, probité, intégrité ou amour propre, de se remplir les poches, illicitement, de l’argent de l’Etat est qualifié de lâche, fainéant et de raté. En revanche, et c’est là le Paradoxe les responsables indélicats et pilleurs de biens publics, sont vénérés et levés au piédestal et qualifiés de héros et de leadership charismatiques.

La gabegie est un défi et une contrainte au développement, mais, un défi que nous relèverons et une contrainte que nous desserrons.

Babah Med Val Ahmed

Source : Babah Med Val Ahmed

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