Etats généraux de l’Eduction: Des défis à relever.


La Commission nationale des états généraux de l’Education et de la formation (CNEGEF) aura fort à faire pour parvenir à cerner le mal qui ronge notre école tellement il est profond et tentaculaire. Après avoir réglé l’épineux problème linguistique et redorer le blason de l’administration éducative afin de la rendre plus opérationnelle, il serait judicieux de s’attaquer, sans tarder, à un autre mal récurent dont les métastases ont commencé déjà à se généraliser. Ce mal, c’est la création complaisante et anarchique des écoles en transgression parfaite des critères objectifs définis par la carte scolaire.
En effet, les écoles de cette catégorie sont érigées dans les quatre coins du pays, le plus souvent, avec la complicité d’une administration qui se prête au jeu malsain du clientélisme politique des chefs tribaux, des notables et des opérateurs politiques véreux. Depuis plus de deux décennies, ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur et de se propager. En partie, à l’origine de tous les mauvais scores de notre école: faible taux de rétention, baisse drastique des niveaux, analphabétisme, taux élevé de déperdition scolaire des filles, ces écoles sont considérées comme des biens personnels, des symboles de prestige, des fonds de commerce utilisés pour justifier le poids politique de telle localité, de telle tribu ou de tel groupe communautaire. Plus de 70% des écoles du pays sont des écoles complaisantes et se trouvent dans la zone rurale où elles mettent en jeu l’avenir des jeunes écoliers qui, après une année ou deux de scolarité, sont éjectés du système éducatif faute de continuité. Ecoles coûteuses et sans rendement : Ces écoles qui coûtent très cher (dotation en enseignants, manuels scolaires, tables banc, outils de gestion, supports pédagogiques et didactiques, cantines scolaires…) continuent à exercer de fortes pressions sur le budget de l’Etat sans qu’elles ne concourent à atteinte les objectifs de scolarisation qualitative (la dernière évaluation faite par le PASEC place notre pays en dernière position après celle peu enviable du Tchad). Pour mesurer l’ampleur de l’action négative de ces écoles fantaisistes dans le rendement global de notre système éducatif, il suffit de se référer aux données alarmantes de 2010 qui apparaissent comme une lame de fond difficilement remédiable. En effet, sur les 3648 écoles du pays, 2699 sont des écoles incomplètes créées dans des conditions opaques et ne répondant à aucun critère objectif. Parmi ces 2699 écoles incomplètes, on compte 266 écoles à classe unique, 1638 écoles à deux classes, 431 écoles à trois classes, 257 écoles à quatre classes, 107 écoles à cinq classes.Pourtant, tous sont unanimes à dire, que la solution du regroupement des écoles dans des zones viables pourrait constituer une bouée de sauvetage ; mais faut-il en avoir les moyens et surtout la ferme volonté. Le programme du Président de la République visant le regroupement des localités rurales à faible densité humaine, à l’instar de Termessa à l’Est et Chami au Nord peut apporter une solution au problème de dispersion des écoles mais, force est de constater que cette volonté commence, petit à petit, à se tasser. Vivement la reprise en main de ce dossier et son application rigoureuse, la seule façon de favoriser l’émergence d’écoles fiables et répondant aux normes.
Méthode d’enseignement à revoir :

La méthode d’enseignement actuellement en vigueur chez nous pose de sérieux problèmes. Le personnel enseignant et celui de l’encadrement qui ne l’assimilent que très peu, en font forcément, une mauvaise application. D’où l’absence de résultats et le recul des performances observées dans nos établissements. L’Approche par les Compétence, parce que c’est d’elle qu’il s’agit, continue à susciter la controverse et à être incriminée dans tous les débats nationaux portant sur l’éducation. L’introduction de cette méthode d’enseignement dans notre pays après son application dans d’autres pays de: l’Europe (Belgique), l’Amérique du Nord (Canada) et la sous région (Tunisie, Djibouti), a été faite sans qu’elle ne soit étudiée sous toutes ses coutures. Si l’APC a réussi ailleurs, c’est, en grande partie, grâce à son adaptabilité au contexte où elle est destinée. Dans un environnement scolaire où tout manque même le plus petit outil didactique, comment est-il possible qu’une approche aussi raffinée puisse être appliquée normalement. Les enseignants qui rechignent à appliquer cette méthode ne le font pas par simple plaisir.Ils sont désemparés face aux discours contradictoires des adeptes de l’APC qu’ils développent, lors des séminaires et autres ateliers de formation, des théories confuses et le plus souvent antinomiques. Ces enseignants ne sont pas à plaindre. Ils sont dans leur droit ! Celui de prendre leurs distances par rapport à une approche qu’ils ne comprennent pas. Le penchant qu’ils ont pour les méthodes traditionnelles, s’explique par les résultats auxquels ces dernières permettent de leur faire parvenir. C’est tant mieux!
(A suivre ….)
Khalil Sow
Khalil1965@yahoo.fr

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