Marché aux poissons : Le poisson vers un prix hors portée.


Comme les prix des produits de première nécessité, riz, huile, lait, qui montent en flèchent, le poisson connaît lui aussi des pics. L’Authentique est allée au marché des poissons pour s’enquérir du calvaire de la clientèle, mais aussi des vendeurs. Reportage.

Bruits de machettes, sons de couteaux, paroles entre vendeuses et clientes, va-et-vient incessants dans des allées sinueuses.. Tel est le spectacle qu’offre le marché des poissons sis aux jardins maraichers de Nouakchott.

La clientèle, des femmes en général, portant à bout de bras, des récipients ou des sachets, erre, se donnant des coups de coude entre les étals faits de tas de poisons derrière lesquels les vendeuses s’activent pour chasse des mouches sans doute attirées par l’ambiance. Seynabou Gueye derrière son étal de poisson, est entourée de quelques clientes venues s’approvisionner en poisson. A côté, des jeunes vendeurs de sacs plastiques qui surveillent attentivement la discussion. Ayant passé ces six dernières années dans la vente de poissons, Seynabou Gueye -dans son pull-over et son petit sac autour du coup- s’en sort bien.

" Ces jours ci, il y a beaucoup de poisson dans le marché, mais aussi, l’argent ne coule pas à flots" souligne la vendeuse en pleine discussion des prix avec ses clientes. Interrogée sur le prix des poissons, elle dira que les prix ne sont pas fixes et que la règle du marché dépend de la quantité de poisson disponible. Elle dira toutefois qu’en général, l e prix du capitaine connu sous le nom de " Yaye boye" est fixé à 30,40 ou 50 UM l’unité ; le "Sakam" est vendu entre 650 et 700 um pour le kilogramme, 400 à 800 um 1kg de " Supor ", 450 à 500 pour 1kg de " Walace", 400 à 500 um pour 1kg de "Kosse". " Notre difficulté se trouve au niveau du petit marché et aussi pour avoir une bonne place pour plus de visibilité de nos étals " précise Seynabou Guèye.

Nous nous ravitaillons, dira-t-elle, avec les camions qui viennent des villages Imraguene que nous payons à 2000- 2500um pour une caisse de poissons. A propos de l’afflux de la clientèle, elle a indiqué : " nous sommes au marché de 7h jusqu’à 11h le matin et le soir de 15 h jusqu’à 18 heures, de moments pendant lesquels, les clientes sont nombreuses ". Selon elle, il y a deux sortes de clientèles. Il y a celles qui achètent pour la consommation à domicile et il aussi celles nombreuses qui achètent pour revendre dans les autres communes de Nouakchott " Ajoutant : " le prix est plutôt favorable pour celles qui revendent ". " Le poisson se raréfie surtout pendant le mois de septembre et là encore les prix grimpent " dit-elle. Quelques mettre plus loin, Awa Diop, vendeuse depuis plus de 2 ans dans le marché, énumère à son tour les prix du poisson 600à 650 UM pour 1kg de " Kibaru", 400à 500 UM pour le "Sipon", 650 à 700 UM pour un 1kg de " Waragal" et enfin 800 à 900 pour le kg de " Sakkeu ". Pour elle, le poisson est dorénavant plus apprécié que la viande. En face de l’étal de Awa Diop, Thielo Djigo, une cliente en pleine discussion, affirme en substance que le prix du poisson est excessivement élevé et cela ne fait pas le compte des familles pauvres avec la crise financière que connait actuellement le pays. " Il m’arrive parfois, d’aller acheter de la viande à la place du poisson " précise la cliente en retroussant son voile.

Le capitaine est la vedette

Parmi les tas de poissons sur les étals, le capitaine est le poisson le plus prisé par la clientèle. Pour Awa Diop, le choix du capitaine est dû à son prix, accessible à la clientèle. Ce poisson se vendant à l’unité entre 30, 40 ou 50 um. " C’est aussi sa qualité non moins importante dans un repas qui permet d’avoir un très bon goût " témoigne avec sourire Marième. Ajoutant : " c’est un don ciel pour les populations défavorisées ". La vente du poison fait aussi le bonheur des écailleurs et des vendeurs de sachets de plastique. Un turban sur la tête, les habits rougis de sang, Moussa Bolly, écailleur, ouvre et coupe le poisson d’une manière rapide sous le regard de la clientèle. "Notre travail dépend de l’abondance et l’accessibilité du poisson à la clientèle". Et de poursuivre : " si le prix du poisson est raisonnable notre travail sera rentable ". Selon lui, le prix est fixé de 40 à 50 um pour l’écaille d’un seul poisson. " les clientes préfèrent traiter leur poisson ici que de l’amener à la maison " souligne l’écailleur au turban noir.

Debout à coté d’un étal de poisson avec plusieurs sachets plastiques à la main, Mamoudou Hamidou Diallo suit une cliente pour la proposer ses services. Le prix des sachets, dira-t-il, varie entre 10,20 et 40 UM

Cheikh Oumar N’Diaye .

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