Mendicité à Nouakchott : Un phénomène envahissant !


Conçue pour accueillir la toute nouvelle administration mauritanienne fraîchement libérée du joug colonial, Nouakchott, qui n’était qu’une simple bourgade de quelques milliers d’habitants, est devenue en l’espace de quelques décennies, un grand centre urbain avec une forte concentration démographique. Le phénomène de l’exode rural provoqué par la sécheresse des années 70 a fortement contribué à donner à cette capitale les allures d’une ville surpeuplée. La population de Nouakchott estimée à ses débuts à quelques milliers de personnes a connu une très forte poussée démographique faisant désormais de cette ville l’une des plus peuplée de la Mauritanie (huit cent à un million deux cent habitants selon certaines estimations). Désormais Nouakchott, dont les habitants sont peu préparés à la vie citadine, est livrée à tous les problèmes que connaissent les grandes agglomérations à travers le monde.

La précarité, la misère et l’indigence qui se rencontrent à tous les coins des rues, sont devenues les spectacles quotidiens des quartiers périphériques qui poussent comme des champignons dans une ville où le mal de vivre étend, de plus en plus, ses tentacules.

La cherté de la vie qui se traduit par la baisse considérable du pouvoir d’achat des consommateurs, aggravée par les conséquences d’une crise mondiale implacable, la mal – gouvernance et le partage inéquitable des richesses du pays, condamnent de nombreux ménages de Nouakchott à vivoter. 
Mis devant les faits accomplis, certains chefs de famille, n’hésitent pas à emprunter des voies détournées. C’est d’ailleurs, ce qui a favorisé l’émergence et la propagation du Tieb Thieb (comportement à la limite de la roublardise), un phénomène très répandu (pratiqué même au niveau de la haute administration) qui procure aux plus subtils le moyen d’arrondir leur fin du mois. Cette pratique érigée en règle de conduite continue, encore de nos jours, à se perpétuer et à gangrener tout le tissu social et tous les secteurs de la vie nationale. C’est à cause de cette pratique, que le commerçant du coin, le pharmacien, le vendeur de viande, le vendeur d’eau , la vendeuse de légume…se permettent de fluctuer les prix à leur aise face à une administration affichant un silence coupable . C’est également à cause de ce phénomène que,  le médecin, le professeur, l’instituteur, l’infirmier, le petit fonctionnaire, le planton, la secrétaire, ne se gênent plus à démarcher la chose publique en la vendant au plus offrant. La dèche quand tu nous prends !
Certains individus, de véritables naufragés sociaux, n’ont ni les prédispositions ni le moyens, de s’adonner à cette louche activité (Thieb-Thieb). Ces indigents du quart monde de plus en plus, nombreux à Nouakchott, ce sont : les enfants de la rue, les mendiants, les Talibés qu’on rencontre régulièrement, à tous les coins des rues.
Il suffit pour s’en convaincre de se rendre au carrefour du marché de la capitale, le carrefour Banna Blanc, devant la Mosquée Saoudienne, le carrefour de l’Université, carrefour BMD et celui de la BAMIS … Ces lieux sont peuplés de mendiants. Certains y ont même élu domicile.
L’exemple de ces femmes avec  leurs enfants à bas âge qui squattent les alentours de la BMCI  est évocateur à plus d’un titre. Mais c’est également le cas des inconditionnels de la Mosquée Saoudienne qui passent le plus clair de leur temps devant la grande porte de cette Mosquée à tendre la main aux passants quand d’autres devant le siège de la Mauritel et devant Bana blanc, se faufilent entre les véhicules à leur risque et puéril.
Les enfants de la rue, les Talibés et tous ces gamins victimes de l’irresponsabilité des adultes ou de leur mauvaise éducation complètent le décor de ce tableau sombre d’une ville qui ne donne aucune chance aux plus faibles.
Il est inadmissible dans un pays dont la population ne dépasse pas 3 millions d’habitants, qu’on n’en arrive à de pareil cas de désespoir. Surtout que notre sous-sol est parmi les plus riches au monde, nos côtes parmi les plus poissonneuses et nos terres arables couvrent des milliers de kilomètres.
Paradoxalement, la pauvreté et la misère continuent à se perpétuer face au silence du gouvernement du premier ministre Dr Moulaye Ould Laghdaf, déconnecté de la réalité. Le Président de la république qui faisait de la lutte contre la pauvreté son cheval de bataille est-il au courant de cette situation alarmante ?

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