Scandale de la Ceinture verte de Nouakchott : Le Coordinateur du PSPVN en fuite ?


A la suite de la mission menée par les limiers de l’IGE au sein du Ministère Délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et plus particulièrement au Programme Spécial de la Protection de la Ville de Nouakchott (PSPVN) il semble que des mises en demeure particulièrement accablantes ont été adressées au Ministre Amedy Camara et au Coordinateur du projet Diakité Bamody. En effet l’enquête a révélé que sur les 1500 ha de fixation des dunes, ces responsables ne se sont pas seulement contenter de les facturer au double de la valeur avec laquelle Ba Housseinou avait effectué les premiers 500 ha mais en plus les inspecteurs ont découvert 300 ha qui ont été payés et dans lesquels aucun travail n’a été effectué.Ainsi le scandale de la ceinture verte n’a pas fini de surprendre sur l’ampleur des détournements de fonds publics dont il a été le théâtre. A titre d’exemple dans le cadre du programme Solidarité 2011, la composante Environnement comprenait la fixation des dunes hors Nouakchott, la régénération des gommiers, la réhabilitation des forets classées et la défense et la restauration de sols.

La première tranche de ce financement de 300 millions d’ouguiya avait permis de démarrer dans les douze régions avec le recrutement de 120 cadres chômeurs et ce en collaboration avec les collectivités locales. Le ministre et le secrétaire général on sillonné le pays pour expliquer les objectifs et l’importance du programme. Et lorsque la deuxième tranche de 600 millions d’ouguiyas fut dégagée Amedi Camara décida de payer les clayonnages de la ceinture Verte de Nouakchott qui contrairement à « Solidarité 2011 » n’étaient même pas inscrits au budget voté par le Parlement. Cet empressement et cette diligence suspects montrent clairement l’intérêt qu’a le ministre pour les bénéficiaires du marché de la ceinture verte de Nouakchott. C’est dans cette atmosphère délétère que le ministre aurait fort opportunément, trouvé une mission de longue durée au Kenya pour le coordinateur du projet auquel apparemment on veut faire porter le chapeau de tout le scandale. Pour beaucoup de cadres au ministère de l’Environnement, cette mission ressemble étrangement à une fuite programmée pour ne pas faire face à ses obligations et aux mises en demeure de remboursement qu’aurait envoyé l’IGE.
Engagements restés lettres mortes
Autres aspects de ce scandale, le 30 janvier 2011 une réunion avait regroupé autour du coordinateur du projet Diakité Bamody, notamment Moustapha Ould Mohamed Expert en Environnement, Abdallahi Ould Ewah directeur de l’Emploi et Hamoud Ould Abdi directeur de l’ANAPEJ et à l’issue de cette réunion, ceux-ci ont convenu que le Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Environnement et du développement durable devait dans le cadre de la campagne nationale de reboisement 2011 et du Programme Spécial de Protection de la Ville de Nouakchott créer avant la fin de Mars 2011, 3000 postes d’ouvriers, 400 postes d’encadreurs, 100 auxiliaires de l’Environnement à recruter localement dans les zones sylvo-pastorales, 100 pépiniéristes et 15 postes d’ingénieurs. Aujourd’hui presque une année après on peut dire que ces engagements du ministère sont restés lettre morte. Et les quelques dizaines de personnes qui ont été recrutées sont aujourd’hui des victimes collatérales qui défilent tous les jours devant la présidence pour réclamer leurs salaires. Aucun d’eux n’avait signé un contrat et parfois à la fin du mois on leur versait une somme symbolique en leur promettant qu’à la signature des contrats ils auraient un salaire plus décent. C’est ce qu’on appelle profiter de la misère des hommes. Toujours est il que pour régler le problème de ces travailleurs le PAM avait offert 120 millions d’ouguiyas en vivre. Mais ceux-ci dans l’attente de leur vente furent mis dans des conditions de stockage si déplorables qu’ils ont été très vite déclarés avariés et le ministre demanda au PAM de les reprendre. Bien sûr les travailleurs n’ont pas vu la couleur de leur argent alors que prés de 3 milliards d’ouguiyas de fonds publics sont allés en majeure partie dans les poches d’entrepreneurs véreux, d’ong fictives et de fonctionnaires indélicats.
Bouna Cherif

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge