Fusillade en Californie: silence du Pakistan sur le cas Tashfeen Malik

Tashfeen MalikEncore beaucoup d’interrogations demeurent six jours après la mort de 14 personnes dans une fusillade en Californie. Le profil de Tashfeen Malik, Pakistanaise de 29 ans qui a commis l’attaque avec son mari, se précise. Elle avait suivi des cours du soir dans une école coranique du centre du Pakistan. Comment les Pakistanais réagissent-ils au fait qu’une de leurs compatriotes soit l’un des auteurs de la tuerie de mercredi ?

Colère, stupeur, indifférence : les sentiments s’entremêlent dans les commentaires qui fleurissent depuis l’attaque de mercredi dernier aux Etats-Unis. Chacun, sur les marchés ou sur Internet, semble avoir un avis. D’une manière générale, c’est d’abord le regret qu’une fois encore l’image du Pakistan soit associée à un acte de barbarie.

Puis le fait, incompréhensible ici, que Tashfeen Malik puisse avoir agi en abandonnant un bébé de 6 mois. Nombreux aussi sont ceux qui soulignent le côté extraterritorial de l’affaire, soulignant qu’elle avait quitté le pays pour vivre sa vie ailleurs. Mais sur le fond, les réactions les plus nombreuses concernent les écoles coraniques puisque Tashfeen avait, en plus de ses études, suivi des cours du soir pour approfondir sa foi musulmane.

Le débat porte sur la nécessité ou non de procéder à un grand ménage dans ces madrassas. Omniprésentes, ces institutions aux portes grandes ouvertes font partie intégrante du paysage pakistanais. Impossible pour les autorités d’en contrôler l’enseignement ou d’y exercer un droit de regard. Leurs responsables religieux sont très influents et le poids de leurs paroles dépasse celui des autorités politiques.

L’école Al-Huda, un institut particulier

Fondée il y a 21 ans, l’école Al-Huda, par où est passée Tashfeen Malik, se présente comme un institut, et non comme une madrassa classique, dont les élèves sont le plus souvent issus des classes populaires. Très renommé au Pakistan, l’établissement s’adresse à des femmes issues des classes moyennes et de l’élite désirant approfondir leurs connaissances de l’islam. Installé dans plusieurs pays et très présent sur Internet, l’institut Al-Huda revendique plusieurs centaines de milliers d’étudiants en campus ou sur la toile.

A-t-il encouragé sa radicalisation ou l’a-t-il contenue ? Impossible de savoir le rôle qu’a joué cette école dans le parcours de Tashfeen, dont la famille au sens large était adepte du soufisme, approche très spirituelle de l’islam. L’institut prône une sorte de renouveau pacifique de l’islam, plus moderne et plus conservateur à la fois. Ceux qui l’ont côtoyée et qui s’expriment dans la presse présentent Tashfeen Malik comme une jeune femme avec une vie spirituelle forte, capable d’avancer seule, mais en aucun cas extrémiste.

Les autorités font plutôt profil bas dans cette affaire

Tashfeeen ne représente ni le Pakistan ni l’islam, lit-on dans les rares communiqués des autorités. Preuve de l’embarras du gouvernement, le ministre de l’Intérieur se contente de répéter à l’envi qu’elle avait quitté le Pakistan il y a 25 ans, qu’elle n’a donc pas pu se radicaliser ici. Ce en dépit de nombre d’informations contraires.

Très peu d’informations ont filtré dans ce pays où les services de renseignement figurent parmi les plus performants au monde. A l’université où elle a étudié la pharmacie, des professeurs ont été invités à ne plus parler aux médias. Et les photos et dossiers de l’ancienne étudiante ont été emportés.

Source: RFI

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