FVR: l’instrumentalisation politique falsifie les faits en Mauritanie

Ahmed Ould BettarLa fièvre de la vallée du Rift (FVR) continue de faire l’objet d’une instrumentalisation illimitée de la part des médias indépendants et des politiques, au point de susciter une inquiétude  généralisée chez l’opinion face à cette endémie, moins meurtrière que la malnutrition, sans que cette dernière créée  pourtant autour d’elle la même mobilisation et la même inquiétude. Le ministère de la santé, dont notre site a régulièrement dénoncé les insuffisances, mérite aujourd’hui d’être soutenu face à cette féroce campagne médiatique et politique, orchestrée contre lui, sur fond de « fièvre de Nouakchott» ou « dingue »,  pour lui inventer des lacunes qu’il n’a pas. Un département qui continue d’assurer sa légitime défense, en rassurant sur le caractère non gravissime de cette maladie, provoquant à chaque mise au point officielle, un déni médiatique et politique, parfois non authentifié. Sur un autre plan, la lecture de la lettre non confidentielle  adressée par le ministère de la santé à l’OMS, faisant état de 8 cas de décès dus à la FVR suppose, selon les experts de santé publique, la comptabilisation supplémentaire des cas  suspects non confirmés, c’est-à-dire non diagnostiqués et inclus, dans ce bilan, pour optimiser la réaction clinique  spontanée de l’OMS et bénéficier de son expertise le plus vite possible d’une part ainsi que pour donner l’alerte nécessaire à une opinion insouciante d’autre part. C’est la règle générale en matière de correspondance entre l’OMS et les départements de santé de part  le monde, fondée sur la lecture de bilans plutôt tirés vers l’excès, pour parer à toute négligence ou toute riposte incapable d’endiguer un phénomène capable de s’accentuer. Une règle que les médias et les politiques ignorent ou ont feint d’ignorer dans le  but de conforter leur lutte contre le pouvoir en place en se servant cette fois du front de la santé , après avoir échoué à marquer des points sur le terrain politique. Il est regrettable de nos jours que nos leaders politiques et nos médias s’écartent de l’objectivité et de l’intérêt général des citoyens qui leur imposent de prêcher la bonne parole, la droite éducation et l’incitation au travail et à la productivité. C’est d’autant vrai que le défi national et par-dessus bord mondial est aujourd’hui la lutte contre la malnutrition et la famine qui tue des dizaines de personnes par jour dans les pays africains, sans susciter cet engouement  et ce tapage réservés aujourd’hui à la fièvre hémorragique en Mauritanie. La fièvre de la vallée du Rift dont la contamination par contact humain est théoriquement possible mais n’a jamais pourtant tué quelqu’un en milieu urbain et elle  existe aussi  dans des nombreux pays, mais ne bénéficie pas aussi  du même tintamarre accordé  ici , chez moi, en Mauritanie! En effet, dans ces pays la priorité est à l’éducation, à l’agriculture, à l’emploi, à la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, afin de créer des sociétés fortes dotées d’esprits sains dans des corps sains. Ce paradoxe doit conduire nos élites à établir des parallélismes entre la santé et le sous-développement, afin de prendre conscience qu’en dépit d’un système de santé modernisé et doté des équipements de pointe, les patients sont plutôt victimes de situations alimentaires pénibles aggravées par la première maladie, en raison de la fragilité de leur auto déficience. Ahmed Ould Bettar.

Source: Rapide Info

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