Fwd: Hiérarchie sociale, Classe sociale et l’idée d’une nation mauritanienne

nationLa hiérarchie sociale est la distinction sociale. Elle repose la
pureté sociale. La société hiérarchisée se distingue par les
castes. La caste est, selon Max Weber, un stand fermé (groupe de statut
fermé) dans la mesure où elle impose des obligations professionnelles,
religieuses et sociales extrêmement contraignantes. 
Le statut de chaque individu est déterminé à la naissance en
Mauritanie. Nous naissons noble, guerrier, marabout, esclave, griot,
etc. La question généralement soulevée dans ce pays est
l’esclavagisme. Il existe d’autres cas que nous en parlons rarement
(griots, artisans). Tous ses groupes sont endogamiques et
héréditaires. Le partenaire est choisi selon la classe sociale que
l’on appartient. Aucune communauté mauritanienne n’échappe à
cette situation. Ces normes et valeurs sociales sont la réalité
mauritanienne. La société civile et l’Etat continuent de nier
l’existence.
La société soninké pour masquer, cette réalité joue sur autre carte
qu’on appelle dans le dialecte soninké « LADA LEMAKHOU ». Le «
LADA LEMAKHOU » est une sorte de service. Il se déroule entre les
castes dites inférieures et les castes dites supérieures. Ce système
est pour masquer la vérité et apaiser les tensions à fin de maintenir
une certaine stabilité sociale. Le « LADA LEMAKHOU » consiste à la
réalisation des tâches chez les soninkés entre ancien esclave et
maître dans le cas des figures suivantes : mariage, décès, arrivé
d’un étranger, etc. Si l’un d’entre eux (maître ou ancien
esclave) se trouve dans l’une de cas, l’autre vient se charger des
tâches (cuisine, vaisselle, etc.). Un système qui est aussi pratiqué
d’une manière injuste. Les anciens maîtres ont compris avoir perdu
certains privilèges et établissent ce système pour maintenir un
certain ordre social et masquer la vérité. Les groupes communautaires
s’organisent autour de la division sociale du travail. Au-delà de la
religion musulmane qui est la religion de tout le citoyen mauritanien à
99 %, la chanson, l’imamat, l’utilisation du tamtam etc. dépendent
de la classe sociale.
Les sociétés des classes sont basées sur les critères de fortune. La
Mauritanie n’échappe pas aussi à ce cas de figure. L’étude sur
les classes sociales est la plus compliquée. La chance de réussite en
Mauritanie dépend d’appartenir à un groupe communautaire particulier
(les beïdanes). Les beïdanes sont un groupe communautaire composé des
berbères et des arabes. Cela n’explique pas non plus que tous les
beïdanes sont dans le bien-être. Les guerriers et les marabouts, le
sommet de la hiérarchie sociale maure, sont les plus favorisées.
L’exemple type qui explique cette situation est la présidence de la
Mauritanie. Le premier président mauritanien est issu de la tribu de
marabouts, les deux suivants sont issus de guerriers, le quatrième et
cinquième, sixième, septième et huitième sont aussi issus de
marabouts et guerriers. Les vingt et un militaires qui ont tenté de
renverser le régime en 2003 sont issus de tribus guerriers et
maraboutiques. Tout ceci peut s’expliquer. Pour renverser un pouvoir,
il faut le moyen financier, matériel et humain.
Il existe deux types de domination en Mauritanie. La domination
traditionnelle qu’on trouve au sein de chaque communauté et la
domination moderne. Dans chaque communauté, il y’a des dominés et
dominants. J’appelle « domination moderne » le moyen financier et
matériel aux mains des beïdanes. Les beïdanes imposent leurs lois,
normes et valeurs sur toutes les autres communautés. Ils dominent tout
le monde. Les dominés se dominent entre eux aussi. Une situation
complexe a analysé. Il existe aussi des groupes beïdanes qui
n’échappent pas à cette domination des beïdanes selon leur statut
social.
Cette analyse brève de la situation montre que l’idée d’une nation
mauritanienne est loin d’être atteinte. Le problème majeur réside
dans le fait que la société mauritanienne n’est pas organisée de
façon à permettre le transfert dans modèle basé sur une solidarité
organique (Durkheim), c'est-à-dire la complémentarité des individus
et des positions sociales. Il en résulte ce qu’à connu la Mauritanie
depuis un certain temps c'est-à-dire l’absence d’un Etat-Nation un
temps que tel et le retrait sur la petite société (Tocqueville). En
effet, comme le rappelait E. Renan dans sa conception subjective ou
élective de la nation développée dans une conférence en 1882
intitulée « Qu’est-ce qu’une nation ? » ; il n’est pas certain
que les critères objectifs de la nation suffisent à comprendre
l’existence d’une nation. Pour lui, cela n’est pas suffisant ni
même nécessaire. Une nation c’est d’abord un vouloir vivre
ensemble chez les individus qui composent la nation : « l’existence
d’une nation est un plébiscite de tous les jours ». Cette
affirmation permet de mieux comprendre le cas mauritanien. Le philosophe
défendait l’idée de nation en 1882, en pensant notamment à
l’Alsace et à la Moselle annexées par l’Allemagne en 1871 , terres
où les populations parlaient un dialecte proche de l’Allemand mais
où la majorité aurait souhaitée rester français plutôt que de
devenir allemand, ce qui ne parait pas si éloigné de la situation
mauritanienne forçant un certain nombre de tribus à vivre ensemble
mais surtout à se soumettre à un vivre ensemble forcé, sous le
contrôle d’une seule et même tribu, alors même que les régimes
précédents avaient tenu compte des caractéristiques tribales.
Renan pense qu’il faut entretenir une histoire commune, des souvenirs
communs, des références historiques communes, dans lesquelles, le plus
possible d’individus membres de la nation, puissent se retrouver. Au
lieu que les groupes dominés (beïdanes, harratines, soninkés, wolofs,
Haalpoular) s’unissent pour se retrouver, ils continuent à s’auto
dominer. Cette situation a permis au petit groupe aux mannes du pouvoir
à se maintenir et à perpétuer ce modèle.
Pour mettre fin à ce modèle Etat-tribu-communauté-caste, il faut que
la majorité dominée se rende compte de sa situation de dominés. Les
dominés doivent arrêter de se dominer. Cela n’a aucun sens. Nous
devons reconnaître notre situation de dominés et celles et ceux
qu’on croit à notre tour dominés de s’unir avec eux pour se
libérer ensemble.

Vive la Mauritanie citoyenne.

Bulaye Kaba via Tidiane Diarra par Facebook 


 

 

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