Gare à la diplomatie des gros chèques !

Gare àEn matière de politique étrangère notre pays ne devrait jamais se hasarder à s’impliquer dans des jeux de puissance mondiale ou régionale. Nous n’en avons ni la vocation ni les moyens. Au nom d’aucune « solidarité  » car des « alliances » de ce type sont de nature offensive et belliqueuse.
Et servent des intérêts d’ autrui, ceux des États qui les montent et les dirigent. Pour nous, ce sont des coalitions négatives et pour la paix et la sécurité du reste du monde, elles sont contre-productives et accentuent chaque jour un peu plus le chaos dans lequel notre monde incertain et dominé s’installe.
Les seules alliances positives que le bon sens nous dicte de contracter doivent demeurer circonstancielles pour faire face à un péril imminent dans notre propre territoire et dans notre intérêt vital. Ce doit être donc des alliances défensives par définition et non idéologiques. Le G5 Sahel peut être cité comme exemple positif me semble-t-il.
Dans la course à l’hégémonie régionale à laquelle se livrent notamment l’Iran, laTurquie, l’Égypte, l’ Arabie Saoudite sans parler d’ Israël, notre ligne de conduite devrait être :
1) Ne soutenir aucune d’entre elles et avoir une diplomatie qui cherche à apaiser les tensions en jouant si possible les bons offices en considérant ces pays comme frères de religion et de sang.
2) N’avoir aucune politique discriminatoire à l’égard des uns et des autres malgré notre ancrage sunnite.
3) Maintenir comme seule ligne de conduite dans le Moyen Orient, le soutien diplomatique actif et public à la lutte du peuple palestinien pour le recouvrement de la totalité de ses droits souverains sur son territoire national et le droit au retour des réfugiés.
4) Considérer comme erreur toute mobilisation des peuples arabes, Musulmans et des forces progressistes dans le monde dont l objectif affiché ou non serait d’affaiblir la résistance populaire palestinienne et de diviser les peuples suivant des considérations ethno-religieuses.
5) Considérer que les divergences actuelles entre les puissances régionales moyen orientales ne sont pas d’essence religieuse ou ethnique mais géopolitique et intergouvernementale, en dépit des tentatives d’imposer cette gille de lecture exclusive notamment dans la grande presse occidentale.
Si notre pays, qui est un pays faible- et pour longtemps encore, maintenait certains de ses principes diplomatiques de base définis avec une grande clarté presque dés l’accession de notre pays à l’indépendance par le premier Gouvernement de la République - « contre vents et marées » et malgré des critiques sur certains de ses aspects-, alors nous pourrions éviter les travers de la diplomatie du ventre et du compte chèque qui pourrait-et sans que nous le voulions vraiment-nous entraîner très loin dans les torrents et les boues des hégémonismes régionaux en plein éveil comme au 19 ème siècle et dont les jeux subtils alimentent les querelles religieuses intestines.
Il est vrai que les temps sont durs et les fins de mois de plus en plus difficiles pour le pays au plan économique et financier. Mais la diplomatie ne doit pas être entretenue par des difficultés de trésorerie. Il faut regarder loin et calculer les intérêts du pays sur le moyen et le long terme.

Source : Lo Gourmo

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