GOURSI REBOISE

GOURSI1

  Du nom d’un marigot situé au Sud de Selibaby, Goursi ‘est un lieu de mémoire et de rencontres ludiques et parfois pédagogiques. C’est là où les habits de la nouvelle mariée et ceux de l’époux ainsi que d’autres sont lavés au 4 ème jour du mariage.  Le paysage était riche et varié en espèces végétales mais il fut dégradé au fil des ans par l’homme d’un côté et de l’autre par les conditions climatiques défavorables: la sécheresse et la désertification.

           Ce matin le paysage de Goursi a été complètement transformé grâce à la transplantation de deux espèces d’arbres: l’acacia et le baobab. Du coup, sa flore s’est nettement diversifiée. Il y a eu pas moins d’une soixantaine de jeunes arbres qui ont été transplantés sur une superficie d’environ 1000 mètres carrés. Ces espèces sont très importantes car outre qu’elles génèrent l’ombre produisent des fruits qui se révèlent être très lucratifs. En effet, la première produit la gomme arabique : celle-ci est très prisée pour ses vertus thérapeutiques. Elle peut être également utilisée dans la boisson. Ce qui va lui donner un goût particulier en atténuant la chaleur corporelle. En tout cas nos compatriotes maures la torréfient puis la transforment en poudre qu’ils mélangent à leur boisson appelée communément « ZRIG ». En ce qui concerne le baobab, il faut dire qu’il joue un triple rôle. D’abord, ses écorces peuvent être employées pour la confection de cordes dont on peut en faire multiples usages. Ensuite ses feuilles transformées en poudre participent à faciliter la consommation de certains mets, en l’occurrence le couscous. Enfin son principal fruit qu’on appelle « pain de singe », outre que son jus pour lequel petits grands sont friands et qui en raffolent à tout moment lutte efficacement contre la diarrhée. C’est juste une manière de montrer que si ces arbustes transplantés grandissent les retombées environnementales, écologiques et économiques ne tarderont pas à être enregistrées. De telles initiatives permettront de redonner une autre physionomie, un nouvel aspect à Selibaby avec un paysage régénéré riche de sa diversité arbustive. Des actions de ce genre doivent être répétées fréquemment dans les maisons ainsi qu’autour de la ville.

             En outre, les initiateurs de ce reboisement ne sont rien d’autres que des jeunes imbus de l’esprit de bien faire et qui placent le développement de leur terroir au-dessus de tout. Avec des moyens modestes et un matériel rudimentaire (pinces, pioches, pics, grillages, fil de fer et bambou) mais avec une volonté de fer, ils ont donné l’exemple à leurs aînés passifs qu’on peut arriver à faire des choses grandioses sans moyens matériels ou financiers importants.          Ces jeunes se regroupent au sein d’une association dénommée « Lelewal baamtaaré Sukaabé Selibaby » présidée par BA Adama Kalidou qui ne cesse d’innover et d’étonner les Selibabiens par leurs actions en faveur du développement local. Seuls comptent les intérêts de la ville de Selibaby. Ils ne sont pas à leur première action concrète. Grâce à eux, ils ont clôturé le grand cimetière du quartier Collège et celui de Bambaradougou. Ces jeunes de bonne volonté qui œuvrent inlassablement pour le bien-être de leurs coreligionnaires et concitoyens vivant à Selibaby.

           En outre, cette journée de reboisement a été marquée par une forte affluence de jeunes volontaires (garçons et filles) et la clémence du temps. En effet, la beauté du temps était la principale caractéristique de cet événement jamais vu de mémoire d’un Guimakhanké (comme disent les Soninké entendez par là les habitants du Guidimakha )- signe que même Dieu soutient les bonnes actions.                En somme la présence des agents de Développement : Alassane THIOYE qui fut plusieurs années durant le premier responsable du GRDR: groupe de recherches et des réalisations pour le développement rural, Kalidou SY et Mamadou Mariam BA , celle de KELLY Abdoulaye et moi-même ont permis de rehausser l’événement et garantir l’opération de reboisement (identification du site stratégique et conseils pratiques). N’eût été leur présence cette opération pourrait -être compromise car la plupart ignoraient les techniques utiles et nécessaires à faire pour que les plants des jeunes arbres grandissent normalement.                Enfin, des inquiétudes évidentes subsistent et qui demeurent la préoccupation de ces soldats de la nature à savoir les potentiels propriétaires fonciers qui pourraient croire à une éventuelle usurpation de leur domaine procèdent à la destruction pure et simple d’une laborieuse journée qui a duré 3 heures d’horloge (de 9H à13H). A cela, il faut y ajouter le vol de grillage de protection qui les exposera au danger de broutage.  Quoi qu’il en soit l’espoir est grand de voir ces plantes grandir et redorer le couvert végétal.

Alassane Mamadou Sy  Professeur à Selibaby                                                                                                                                        

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