Gouvernance démocratique : Le RPC lance un débat citoyen sur les principes démocratiques et constitutionnels

rpc_lance_debat_0578Le Réseau des organisations de la société civile pour la Promotion de la Citoyenneté (RPC) a lancé depuis le 19 septembre dernier, un débat citoyen sur les principes démocratiques et constitutionnels.

Sous le thème : « Citoyen dans le débat démocratique et d’échange sur les principes démocratiques et constitutionnels », la cérémonie de lancement organisé autour d’un diner débat, a réuni les représentants de la société civile, les syndicalistes, les avocats, les journalistes entre autres mais aussi les représentants de partis politiques et d’éminents professeurs d’université dont le constitutionnaliste Mohamed Lemine Ould Dahi qui a animé la conférence débat du jour.

Ce débat est rendu possible grâce au financement du projet Shiraka de l’ambassade du Royaume des Pays-Pas. D’emblée, Mr Mahmoud Khairou,Coordinateur du RPC, a indiqué que ce projet vise à «renforcer le rôle de la société civile dans la promotion des droits de l’Homme et des réformes démocratiques, dans le soutien à la réconciliation pacifique des intérêts de différents groupes et dans l’amélioration de la participation et de la représentation politiques ».

Le président du RPC a précisé que la mission spécifique est de «promouvoir la conscience citoyenne et l’éducation des citoyens aux règles du système démocratique » à travers trois groupes d’activités reposant essentiellement sur «la sensibilisation, la vulgarisation et la formation prévus auprès des trois groupes cibles directement concernés».

Il s’agit donc de conscientiser des citoyens sur leurs droits civiques notamment par des relais d’opinion que sont les OSC, médias et partis politiques plus outillés, pour une « meilleure participation et représentation politiques, garantes d’un processus démocratique apaisé et transparent».
Ce débat qui vient à point nommé, car coïncidant avec l’ouverture du dialogue politique par le gouvernement et les acteurs politiques de l’opposition modérée. Pour sa part, le professeur Sall Amadou, modérateur du jour, a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’un débat entre camps politique mais « nous sommes là pour partager un débat démocratique » pour l’intérêt de la Mauritanie et des Mauritaniens. Toutefois, pour camper le débat, le Pr Sall a soutenu que «malgré les points de crispations, il faut reconnaître des acquis ».

Depuis plus de 30 ans que la Mauritanie est dirigée par des régimes militaires, excepté un bref passage en 2007/2008 d’un président civile en la personne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah (SIDIOCA), le débat sur la constitution se pose avec acuité.

Ainsi, le constitutionnaliste Mohamed Lemine Ould Dahi, de rebondir pour camper le décor en faisant un rappel de l’histoire politique de la Mauritanie depuis la période d’avant les indépendances jusqu’à nos jours en passant par les différents régimes qui ont émaillé cette histoire de la Mauritanie.

Pour mieux cerner le débat, il s’est permis de donner une définition claire et précise de la démocratie qui selon lui, est un régime politique qui vise à gérer la société humaine avec des règles de fonctionnement préétablies et précises.

C’est pour lui, le système le plus efficace pour gouverner les peuples par rapport à tous les autres systèmes de gouvernance politique avec au centre un appareil d’Etat. En Mauritanie, le système étatique a mis en place depuis le 28 septembre 1958 qui est parvenu à l’indépendance le 28 novembre 1960, a souligné Ould Dahi.

Il a indiqué que le système du parti unique a été mis en place en 1961 et de 1965 à 1978, la Mauritanie a vécu sous le régime citoyen. Les régimes militaires interviendront à partir de 1978 jusqu’à nos jours. Il rappellera à cet effet, les différentes péripéties qu’a traversées notre pays.

Aujourd’hui, il s’agit pour bon nombre d’observateurs de la scène politique nationale, après un passif humanitaire douloureux et sombre, de se retrouver autour d’une table pour discuter, échanger et poser le véritable débat démocratique pour aboutir à la décrispation de la situation politique, corolaire de régimes politiques exceptionnels.

Et pour parvenir à cela, notre constitutionnaliste a évoqué deux exemples précis de pays ayant traversé des évènements d’exception et qui ont par un souci de dépasser l’histoire sombre de leurs pays, instauré un débat sincère qui a abouti à une alternance démocratique. Il s’agit de l’Espagne (de 73 à 76) et de l’Afrique du Sud (de 93 à 96).

Il a ainsi soutenu que « ceux qui veulent réussir la démocratie, doivent chercher le consensus ». Ce sont là des idées lancées pêle-mêle par le Pr Ould Dahi, pour introduire le débat du jour.

Cette présentation de l’histoire qui, on ne peut plus claire, a permis aux différents intervenants de se jeter dans le débat. Des personnalités politiques comme celles de la société civile ont eu à prendre la parole pour tenter d’apporter leurs contributions à ce débat démocratique posé par le RPC dans le souci de promouvoir la démocratie dans le pays.

Un débat contradictoire a eu lieu sans anicroches en dépit de la présence des politiques de camps différents. Les intervenants ont simplement soutenu chacun en ce qui le concerne, sa position par rapport au contexte démocratique de laMauritanie et les différentes étapes traversées par le pays depuis la période des indépendances. Les femmes n’ont pas été en reste dans ce débat.

Certaines d’entres elles, notamment de la société civile, ont souhaité voir la Mauritanie vivre un jour, la vraie démocratie. Mais faudrait-il pour ce faire, poser le véritable débat démocratique du genre, pour y parvenir.

C’est justement les objectifs et l’ambition du RPC en posant ce débat à travers ce projet Shiraka de l’ambassade du Royaume des Pays-Pas. Ainsi, pendant 6 mois, ce débat sera organisé pour amener les uns et les autres, à comprendre le jeu démocratique et ses règles.

I.Badiane

Source : Journal Tahalil

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