Gouvernatoriales au Nigeria: la nouvelle donne politique confirmée

2015-04-11T194341Z_2135271707_GF10000056210_RTRMADP_3_NIGERIA-ELECTION-GOVERNORS_0Le camp Buhari confirme qu’il a le vent en poupe. Après l’élection il y a deux semaines à la présidence nigériane de Muhammadu Buhari, son parti, le Congrès progressiste (APC), a remporté haut-la-main les élections gouvernatoriales de dimanche, gagnant le scrutin dans une large majorité des Etats du pays. Djibrin Ibrahim, professeur de sciences politiques à Abuja, estime que c’est le résultat d’un changement de paradigme politique dans le pays.

C’est une véritable claque pour le Parti démocratique populaire (PDP). Au pouvoir depuis 16 ans, le parti du désormais ex-président Goodluck Jonathan s’est fait balayer dans une bonne partie du pays. Le Congrès progressiste (APC), parti du nouveau président élu Muhammadu Buhari a remporté les élections gouvernatoriales dans 21 Etats, sur les 29 dans lesquels les élections se sont tenues ce dimanche. Des élections partielles avaient déjà eu lieu dans les sept autres Etats du pays. Sur les 36 Etats du Nigeria, l’APC compte 21 gouverneurs, contre 13 toujours tenus par le PDP.

Le PDP perd le Nord

Au Nord, le PDP a perdu la quasi-totalité des Etats qu’il contrôlait : Jigawa, Kaduna, Katsina, Kebbi et Adamawa. Il a aussi été dépossédé de région-clés, comme Lagos. Rare compensation, sa victoire au Sud dans le riche Etat pétrolier de Rivers.

Vainqueur de la présidentielle fin mars, l’APC surfe certes sur la victoire de Muhammud Buhari. Mais pour Djibrin Ibrahim, professeur de sciences politiques à Abuja, ce critère est secondaire. Il juge que le PDP était devenu négligent et arrogant, notamment parce qu’il n’avait personne en face de lui. « Le PDP pensait qu’il serait au pouvoir éternellement. Il avait même déclaré qu’il s’attendait à le conserver pendant 60 ans au moins », analyse-t-il.

Le chercheur pointe également un autre élément d’explication de cette victoire de l’ACP : la baisse considérable des fraudes et la domination de la bonne gouvernance comme thème de campagne. Des thématiques qui sont devenues les véritables clés de ce scrutin, dans lequel le camp Jonathan a pâti de son image d’administration corrompue. « L’intégrité du scrutin s’est grandement améliorée, la fraude a considérablement baissé. Les victoires issues de tricheries sont moins nombreuses. Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est le poids électoral réel des partis », estime Djibrin Ibrahim.

La bonne gouvernance, enjeu central du scrutin

S’il reconnaît que les composantes ethniques et religieuses ont pu compter dans la répartition des votes, Djibrin Ibrahim estime aussi qu’elles « ne suffisent pas à expliquer ces résultats. Je crois qu’il y a une belle histoire dans cette élection. La bonne gouvernance est devenue un sujet majeur. L’administration Jonathan vient d’être sévèrement réprimandée par les électeurs qui la considèrent comme corrompue et incapable d’améliorer leur sécurité. Par exemple, l’état de Gombe est détenu par le parti au pouvoir, mais les électeurs avaient voté pour l’APC à la présidentielle. Pourtant ils ont réélu leur gouverneur. Or c’est un Etat réputé être bien géré. Donc la bonne gouvernance et la bonne gestion sont devenues de nouvelles dimensions à prendre en compte. »

Pour Djibrin Ibrahim, le facteur déterminant, qui a changé la donne politique au Nigeria, c’est la formation de l’APC par la coalition des quatre principales formations d’opposition, en février 2013 : « Ils ont réussi à crée une entité avec une influence géographique large et des ressources suffisantes pour menacer le pouvoir. »

Source: Rfi

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