Remaniement ministériel : Changement de Gouvernement dans la douceur

palais presidentielEncore une légère retouche du gouvernement. La troisième en moins de deux mois. A ce « jeu » là, les Mauritaniens risquent de perdre leur latin. Un remaniement sans en avoir l’air qui risque, au finish, de mettre out plus de ministres qu’on ne l’imagine. Déjà cinq entrants (Mohamed Yahya Ould Horma, Mint Verges, Bâ Yahya, Ould Jervoune, Dia Moctar Mallal), ce qui fait quand même le sixième de l’équipe dirigée depuis 2009 par le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

La stratégie du président Ould Abdel Aziz se précise donc: changer de gouvernement sans en avoir l’air, effectuer les remodelages jugés nécessaires sans donner l’impression que le gouvernement – ou les hommes dont on veut se séparer – ont flanché. Le motif cette fois est clair: Le départ à la retraite du président de la Cours des Comptes, Sow Adama, appelle à une « compensation » pour sa communauté. D’où l’entrée au gouvernement de Dia Moctar Mallal, qui donne aux Négro-mauritaniens un portefeuille de plus mais avec l’augmentation des membres du gouvernement, avec le retour du ministère délégué auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération chargé de l’Union du Maghreb Arabe qui échoit à l’ancien occupant du département de l’enseignement fondamental, Hamed Hamouni. .

)cette fois-ci aucune tête n’est tombée mais on peut prédire que les changements ne vont plus s’arrêter à la veille d’élections municipales et législatives qui seront déterminantes pour le pouvoir.

Mais ce troisième mini remaniement a une symbolique plus forte que ceux opérés par deux fois, en un peu plus d’un mois par Ould Abdel Aziz. A chaque fois que l’initiative de Messaoud est évoquée, avec la possibilité de servir de solution pour la crise, le Rais étouffe dans l’œuf cette idée d’un gouvernement d’union nationale impliquant, aux côtés de la majorités, les autres coalitions politiques (COD, CAP, CP).

Pour l’instant, Ould Abdel Aziz maintient le cap du refus des compromis avec la Coordination de l’opposition démocratique qui, en acceptant l’initiative du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir, a voulu dire que la balle est dans le camp du pouvoir..

L’arrivée de nouvelles têtes répond sans doute à la volonté du président Aziz de réorganiser, dès à présent, son dispositif électoral mais aussi de répondre, de manière subtile, aux sollicitations des autres protagonistes de la crise.  .

Ceci dit, les Mauritaniens vont sans doute voir en cette troisième retouche une simple manière d’amuser la galerie, à un moment où des sujets sérieux sont posés sur la table : l’incapacité pour le moment de sortir de la crise politique, par voie d’élections, la crise économique, l’affaire Bouamatou, les enregistrements qui place Aziz dans un scandale supposé ou réel, la possible participation à la mission de paix de l’ONU au Mali, la polémique autour de l’enrôlement qui revient en force en France..

Toujours est-il aussi qu’avec ce mode opératoire c’est comme si le président accepte la nécessité d’un rééquilibrage interne, propulsant en avant les dirigeants du parti au pouvoir, mais sans prendre la décision d’un grand chambardement qui confirmerait l’idée de la « faillite » du gouvernement souvent  avancée par la COD. Une manière habile  de changer sans en avoir l’air ! Dans la perspective des élections municipales et législatives mais aussi de la présidentielle de 2014

Source : Elhourriya

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