Grandiose rectifié

Aziz camoufoule
Grandiose, inouï, fabuleux, renversant ! Les adjectifs manquent pour qualifier la dernière réalisation de notre Inénarrable à Kankossa. Heureusement qu’il y a « Points Chauds », le site magicien capable de vous transformer la moindre information en merveilleux (1).

Comme chacun ne le sait, probablement et hélas pas, Aziz s’est rendu en Assaba, le 12 Novembre dernier, pour y inaugurer la campagne… maraîchère, actualité brûlante du mois, à partir d’un extraordinaire projet-pilote de culture des patates et des oignons, le souci prioritaire des Mauritaniens, comme chacun le sait bien, par contre.

« Points Chauds » nous conduit en ce Wonderland : « Le Président de la République a écouté des explications données par les responsables du projet des cultures maraîchères de Kankossa sur les avantages de ce projet qui a été, pendant longtemps, un rêve pour les populations de la moughataa de l’Assaba […]

…le projet-pilote de la culture des patates et des oignons vient s’ajouter à la série des grandioses réalisations déjà accomplies […] Kankossa a été négligé, pendant des décennies, malgré les importantes ressources naturelles dont dispose ce lac, soulignant que l’année dernière a connu, pour la première fois, la réhabilitation de 50 hectares […] »

Il fallait, en effet, le souligner. Ne serait-ce que pour expliquer l’importance de la délégation qui accompagnait notre Hercule agricole, et qui comprenait, « notamment [sic !], messieurs Brahim Ould M’Bareck Ould Mohamed El Moktar, ministre du Développement rural ;

Yahya Ould Hademine, ministre de l’Equipement et des transports ; Ahmed Salem Ould Béchir, ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement ; Ahmed Ould Bahya, directeur de cabinet du président de la République ; Wagne Abdoulaye Idrissa, chargé de mission à la Présidence ; Damane Ould Mohamed Hamar, directeur général du Protocole d’Etat » (2).

Mazette ! Les thuriféraires du petit Mokhtar Ould Daddah – vous savez, cette ébauche préhistorique de président mauritanien – peuvent aller se rhabiller, avec leur évocation de l’inauguration, en juillet 1968, de l’usine, financée par la France, de conditionnement dattière de ladite cité assabéenne.

Et ne parlons pas des éternels nostalgiques de l’oppression coloniale, cul par terre au seul souvenir de la station maraîchère expérimentale, déjà sise à Kankossa en 1949, sous la conduite de l’Institut Français des Fruits et Agrumes Coloniaux (IFAC). La culture dattière y avait atteint des sommets, exportant sa production, par avion, dans toute l’Afrique gémissant sous le joug du cruel colon.

Mais Aziz est enfin venu. Finie l’exportation dilapidatrice de nos délices nationaux ! Place à notre bonne vieille patate nationale ! Frantz Fanon serait fier de ce Guide Eblouissant. C’est du moins ce que pense, désormais, sa fille Mireille, après son premier séjour-éclair parmi nous, où, admirablement drivée par les services d’accueil de la Présidence, elle a pu prendre conscience de ce qu’Aziz, notre Chavez national, « met en péril les fondements mêmes du système capitaliste libéral » (3).

Voilà pourquoi, chers compatriotes, vous souffrez tant, depuis 2008 : notre Président s’est attaqué à la mondialisation qui se défend comme elle peut, la bougresse ! Mais le Guide Suprême vaincra, comme toujours : il en a rectifié d’autres, à commencer par le grandiose… En attendant, mangeons gaiement de la patate, délicatement parfumée d’oignon : ça bourre bien le mou.

Feylili

Source : Le Calame

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