Grèce : la fermeture de la télé publique fait craindre une «crise politique»

La fin brutale des émissions de la radiotélévision publique ERT mardi soir a engendré «une ambiance de politique et institutionnelle». Telle tele grecqueest l’analyse faite mercredi par Evangélos Vénizélos le chef des socialistes du Pasok.

Son parti tout comme celui du Dimar (gauche modérée) font partie de la coalition gouvernementale. Mais tous deux ont été mis devant le fait accompli. Ils appellent mercredi soir à la réouverture de l’ERT, tout en étant d’accord sur la restructuration de cet organisme, critiqué pour son clientélisme et sa mauvaise .

Unilatéralement, le parti du Premier ministre conservateur Antonis Samaras a présenté mardi un décret d’exception mettant fin à l’audiovisuel public, en justifiant ces mesures par la demande de mesures d’austérité des bailleurs de la Grèce, la fameuse troïka (UE, , FMI). «Un coup d’Etat», estime Alexis Tsipras du parti de gauche radicale, Syriza, alors qu’un appel à la grève générale jeudi a été lancé par les syndicats.

Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis, le président de Dimar, ont indiqué que leurs députés n’allaient pas «approuver le projet de loi visant à valider l’acte législatif» signé seulement par la droite et qui doit être entériné dans les quarante jours par le Parlement. Les deux partis contestataires au sein de la coalition devraient eux aussi déposer un projet de loi sur l’audiovisuel public. Ils appellent en attendant à une réunion tripartite pour trouver une «solution».

Les socialistes appellent à «sauvegarder l’unité»

Face à la perspective de  éclatement de la coalition, le chef des socialistes a appelé le Premier ministre Samaras «à sauvegarder l’unité et la perspective du gouvernement», formé laborieusement il y a presque un an. «Nous allons faire tout ce qu’il faut pour ne pas perturber les perspectives du pays mais aussi pour sauvegarder la démocratie», assure l’ancien ministre des Finances du gouvernement Papandréou. Le Pasok défend  «une vraie réforme de la ERT dans un cadre européen» mais il s’est opposé au licenciement d’environ 2 656 personnes (l’ensemble du personnel de la ERT) dont le coût sera 150 millions d’euros.

Samaras : «Un foyer d’opacité et de gaspillage»

Au cours d’une conférence organisée mercredi à Athènes par la Banque d’Investissement européenne, Antonis Samaras a défendu «la suppression de l’ERT, un foyer d’opacité et de gaspillage». «Nous protégeons l’intérêt public», «notre projet de loi (qui sera discuté au parlement) visant à la création d’une nouvelle télévision grecque» sera «la réforme la plus radicale et la plus démocratique jamais faite dans le pays», a-t-il déclaré.

Le porte-parole du gouvernement Simos Kédikoglou avait détaillé auparavant un projet de loi portant sur la création d’«une nouvelle radio, internet et télévision grecque» qui devrait s’appeler Nerit S.A. et commencer à fonctionner d’ici fin août, avec seulement 1.200 employés.

Les salariés de l’ERT ont introduit un recours devant le Conseil de l’Etat, plus haute juridiction administrative, pour révoquer l’acte législatif qui prévoit leur licenciement.

le parisien

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