Grève à la SNIM: L’erreur du gouvernement…

Il leur a même adressé deux correspondances pour leur signifier le caractère illégal de leur mouvement et les risques qu’il fait peser sur la sécurité de la ville. Même son de cloche chez le ministre du Pétrole et des Mines qui s’est rendu à Nouadhibou et à Zouerate pour dire aux travailleurs qu’ils doivent revenir au travail, condition préalable à l’ouverture des négociations avec eux.

Un discours laconique et ferme qui n’a, parait-il, pas ému les travailleurs de la cité minière qui persévèrent dans leur mouvement et continuent d’exiger un traitement ‘’plus responsable’’ de leur question. Particulièrement de la part du gouvernement qui s’est tu pendant longtemps avant de s’aligner sur les positions de la direction de la SNIM.

Une position d’autant plus décevante, explique le secrétaire générale de la CGTM, la centrale syndicale qui parraine la grève depuis son premier jour, que les travailleurs croyaient que le gouvernement allait jouer son rôle de médiateur entre la SNIM et ses employés. Des employés, ajoute-t-il, qui n’ont fait que demander l’application d’un accord d’augmentation de salaires qui a été passé avec eux par l’actuelle direction de la société.

Et même si celle-ci, conclut-il, n’était plus en mesure de tenir ses engagements, elle devrait au moins ouvrir des pourparlers avec ses travailleurs afin d’essayer de les convaincre ou de s’entendre avec eux sur n’importe quelle formule.

La position des travailleurs demeure et reste la même : ouverture des négociations avant tout arrêt de mouvement de grève. Celle de la direction de la SNIM est l’inverse : reprendre le travail avant l’ouverture des négociations. D’ailleurs des initiatives dans ce sens auraient été mises sur la table par des personnalités de la ville et certains travailleurs non grévistes de l’entreprise. Elles n’ont jusqu’ici rien apporté de nouveau.

Chacun des deux parties campe sur ses positions, ce qui a transformé le conflit en bras de fer entre les travailleurs et la direction de la SNIM, fortement soutenue par le gouvernement. Ou du moins le président de la République.

Pourtant le soutien apporté par le gouvernement à l’ADG de la SNIM intrigue plus d’un observateur. Tant il est avéré que le degré de mauvaise gestion atteint par la société pendant le mandat de Ould Oudaa n’a pas de pareille dans son histoire.

Comment peut-on concevoir que le fleuron de l’industrie nationale se trouve aujourd’hui dans une situation financière délicate après une décennie de hausses spectaculaires des prix du fer sur le marché international. Pourquoi ne s’est-il pas préparé à une telle conjoncture très prévisible pour une matière première dont les prix sont fluctuants ?

Il est possible que l’ADG de la SNIM obéit à des ordres supérieurs mais cela ne le dédouane point pour la bonne et simple raison qu’il a agi en connaissance de ses responsabilités.

Mais quel que soit le responsable réel de la crise au sein de la SNIM, celle-ci a trop duré et a déjà coûté à la société beaucoup plus que l’augmentation que réclament ses travailleurs. L’intérêt national, économique et politique, dicte son règlement. Et rapidement…

Mohamed Mahmoud Ould Targui

Source : RMI Biladi

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