Grogne des enseignants du secondaire

tableau noir Le Ministère de l’éducation nationale a affiché dimanche soir la liste des enseignants affectés et promus en prélude à la nouvelle rentrée des classes 2014-2015. Ainsi certains professeurs ont été nommés surveillants généraux alors que d’autres deviennent directeurs des études. Ces différentes promotions sont à saluer mais elles ne tiennent compte ni de leur grade ni de leur ancienneté dans la fonction publique. Par conséquent, elles ont fait plus de lésés qu’elles n’en ont fait d’heureux car la plupart des promus ont vu leur droit piétiné puis foulé aux pieds.
En clair on trouve dans nos établissements secondaires deux catégories de professeurs : des professeurs du 1er cycle ou professeurs de Collège recrutés avec le D.E.U.G (diplôme d’études universitaires générales) et des professeurs de deuxième cycle qui sont recrutés avec le diplôme de maîtrise. Ils sont appelés aussi professeurs bi-adm/certifiés/licenciés. En considération du nombre de promus, nous pouvons affirmer sans risquer de nous tromper qu’il y a eu plus de professeurs de Collège nommés D.E que de professeurs de deuxième cycle. On a même vu, en guise d’exemple au Guidimakha, des professeurs appartenant à la première catégorie qui passent directement D.E tandis qu’en même temps des professeurs issus de la deuxième catégorie sont promus surveillants généraux. Quel paradoxe ? N’est-ce pas déplorable ? Comment un moins gradé peut-il se retrouver du jour au lendemain être supérieur hiérarchique d’un autre plus gradé que lui ? Pourquoi cette prééminence subite alors que son grade ne lui confère pas ce privilège ? A quoi servent les diplômes supérieurs si ceux-ci ne nous procurent plus les avantages escomptés ? Comment veut-on remettre l’éducation sur les rails en traitant les enseignants sur des critères non pondérés et injustes ? Ce sont-là autant de questions que nous avons le droit de nous poser eu égard au manque de professionnalisme qui sous-tend ces récentes promotions enregistrées au sein du corps professoral. Cette situation de favoritisme qui crée un sentiment de frustration suscité par un malaise professionnel et social est l’une des causes qui ont incontestablement contribué à mettre à genoux notre système éducatif qui a du mal à reprendre son envol et ses lettres de noblesse.
En effet, le statut de surveillant général qui était jadis réservé aux instituteurs reclassés au secondaire n’est pas une promotion pour un professeur de deuxième cycle. Il n’a rien de gratifiant ni d’honorifique pour ce dernier. Au contraire, ce statut le rabaisse. Du coup, il devait en être exempté en le promouvant automatiquement D.E. C’est la seule façon d’éviter de rétablir l’ordre normal des choses. En tout cas, l’ouverture des classes est imminente en dépit de la grogne de bon nombre des professionnels de l’enseignement du secondaire sur fond d’incertitudes, d’où l’année scolaire 2014-2015 qui pointe à l’horizon semble être mal partie.

Alassane Mamadou SY

Selibaby

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