Guerre au Mali: un attentat-suicide à la voiture piégée fait plusieurs morts à Kidal

Un attentat-suicide à la voiture piégée a visé un point de contrôle à l’entrée de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, mardi 26 février au soir.

Bilan provisoire : sept morts, dont le kamikaze, et plusieurs blessés, mais pas de civils touchés.

L’action des jihadistes ne visait ni les Français de l’opération Serval ni des soldats de l’armée malienne, mais des combattants arabes ou touaregs. « Un véhicule piégé a explosé à 19H30 (locales et GMT). L’attentat-suicide a été perpétré contre le check-point de la partie est de Kidal, tenu par le MNLA » [Mouvement national pour la libération de l’Azawad, NDLR], a indiqué une source militaire.

« C’était un kamikaze en pick-up. L’attaque ne visait pas directement les Français, parce que l’attaque était dirigée vers l’extérieur (de la ville) et non vers l’aéroport tenu par les Français », a-t-il précisé. Les quelque 1 800 soldats tchadiens arrivés pour sécuriser la ville n’étaient pas non plus visés.

« Nous avons compté sept morts et onze blessés. Le kamikaze est mort » ainsi que « six combattants », a affirmé une source hospitalière sur place. Le groupe visé n’est pas clairement défini. Selon un communiqué du MNLA, « un kamikaze à bord d’un véhicule de type 4×4 s’est fait exploser au niveau du poste de contrôle situé à la sortie de Kidal menant vers Ménaka » (sud-est de la ville) (…) au moment où (nos) combattants s’apprêtaient à contrôler le véhicule ». Le document fait état d’un « bilan provisoire » de « 7 morts » parmi (ses) combattants ainsi que plusieurs blessés ».

MIA ou MNLA ?

Mais Alghabass Ag Intalla, le chef du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), groupe armé dissident d’Ansar Eddine se disant islamiste « modéré » et présent dans la ville avec le MNLA, a soutenu que l’explosion s’était produite « à une barrière militaire » de son mouvement, « à la sortie » de la ville.

Autre source, autre bilan provisoire : si le responsable du gouvernorat de Kidal confirme que « l’explosion de la voiture piégée s’est déroulée au sud de Kidal, vers la route qui conduit à Ménaka », il ne peut préciser le nombre de tués : « Il y a eu au moins quatre morts. (…) » Mais il livre une indication importante : selon lui, « la voiture piégée est venue de l’intérieur de la ville de Kidal ».

Précédents

La semaine dernière, des combats entre soldats tchadiens et jihadistes ont fait 116 morts, selon l’état-major tchadien : 23 parmi les militaires tchadiens, et 93 dans le camp des islamistes armés. Il s’agit des pertes connues les plus lourdes subies par les forces soutenant le Mali.

Le précédent attentat-suicide visant la ville datait du 21 février. Le camp militaire français à Kidal a été visé par une attaque d’un kamikaze à bord d’un véhicule qui a explosé près du site. Le conducteur a été tué sur le coup, selon des sources concordantes. Le lendemain, un attentat à l’aide de deux voitures piégées s’était produit à Tessalit (environ 170 km au nord de Kidal), proche de la frontière algérienne, contre des hommes du MNLA. Selon des sources concordantes, il y a eu au moins cinq morts, dont les deux kamikazes. Des attaques revendiquées par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

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