Guinée : 3e jour de violences à Conakry, Alpha Condé appelle à la retenue

Le troisième jour des heurts à Conakry a été marqué, le 1e février, par des échauffourées entre commerçants du marché de Madina dans la banlieue de la capitale guinéenne. Au moins sept personnes ont été blessées, selon les témoins sur place. Le président Alpha Condé promet de rencontrer le 4 mars « l’ensemble des organisations politiques » pour tenter de calmer la situation.

Depuis la manifestation du 27 février organisée par les opposants guinéens, les violences n’en finissent pas de secouer la Guinée. Pour le troisième jour consécutif, des échauffourées ont éclaté, le 1e mars, dans la banlieue de Conakry. Cette fois, pour une raison inconnue, les heurts ont concerné des commerçants du marché Madina, le plus grand de la capitale. Bilan : au moins sept personnes blessées par jets de pierre, selon les témoins.

Des vendeurs, essentiellement de pièces détachées automobiles, ont commencé à attaquer à coups de pierres des vendeurs de denrées alimentaires, qui ont riposté de la même façon, ont rapporté des témoins résidant dans les quartiers de Madina et de Matam. Les violences ont entraîné la fermeture du marché de Madina et vidé ses rues et artères riveraines habituellement grouillantes d’activités. Les boutiques ont fermé et peu de véhicules se risquaient à circuler.

Des policiers, gendarmes et militaires ont été déployés dans la banlieue pour tenter de ramener le calme. Aucune perturbation n’était toutefois notée dans le centre-ville de Conakry, abritant de nombreux services publics et ambassades et où aucun dispositif sécuritaire inhabituel n’était visible.

Appel au calme

Dans un communiqué transmis à l’AFP, le gouvernement invite « l’ensemble de la population à garder le calme et la sérénité, afin que les forces de sécurité continuent leur mission de maintien de l’ordre » et appelle les Guinéens à « faire confiance à la justice qui prend toutes les dispositions, afin que dans le cadre de la loi, tous les auteurs de délits de trouble à l’ordre public puissent répondre de leurs actes ».

Le communiqué gouvernemental annonce par ailleurs que le président Apha Condé recevra le 4 mars « l’ensemble des organisations politiques » et exhorte à la retenue, « afin que la Guinée s’achemine vers la tenue d’élections législatives libres et transparentes ».

Ces derniers mois, l’opposition guinéenne a multiplié les manifestations pour exiger la prise en compte par le pouvoi de nouvelles exigences concernant l’organisation d’élections législatives libres et transparentes, scrutin repoussé depuis 2011 et désormais fixé au 12 mai. Le 27 février, des violents affrontements ont fait 130 blessés, dont 68 parmi les forces de l’ordre, selon un bilan officiel. Un lycéen, blessé dans ces violences, a succombé, selon une source hospitalière, et le gouvernement a annoncé, de son côté, qu’un policier était aussi décédé des suites de ses blessures.

(Avec AFP)

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