Guinée : Le gouverneur de Conakry inculpé pour torture, un fait inédit selon la FIDH


Dakar le 15 février 2013 © koaci.com – Le commandant Sékou Resco CAMARA, gouverneur de Conakry a été inculpé pour des faits torture commise en octobre 2010 la capitale guinéenne, a appris koaci.com vendredi auprès de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH).

Cette inculpation fait suite à une procédure ouverte à la suite d’une plainte conjointe, aux côté de 17 victimes constituées parties civiles, déposée le 18 mai 2012 contre le commandant Sékou Resco CAMARA, le général Nouhou Thiam, ancien chef d’état-major et le commandant Aboubacar Sidiki «De Gaulle» CAMARA, ancien chef de la garde présidentielle.

« Avec l’inculpation du gouverneur de Conakry pour des faits d’une très grande gravité, la justice guinéenne envoie un signal important dans la lutte contre l’impunité », a déclaré Souhayr Belhassen, président de la FIDH.

Il ajoute que l’ouverture de l’enquête en mai 2012 et l’audition de l’ensemble des parties civiles, avaient donné aux victimes l’espoir de voir la justice rendue.

«L’inculpation d’un haut responsable présumé est une nouvelle étape cruciale dans cette quête de justice », estime le défenseur des droits humains.

Accordant une suite favorable à la plainte de la FIDH et de l’OGDH déposée devant le tribunal de première instance de Dixinn (Conakry II), le Procureur de la République avait ouvert une enquête le 29 mai 2012, notamment pour «arrestation illégale, séquestration, coups et blessures volontaires, abus d’autorité, crimes et délits commis dans l’exercice de ses fonctions».

En octobre 2010, selon les informations transmises à la justice, des éléments de la garde rapprochée du Président par intérim de la transition d’alors auraient arrêté et détenu arbitrairement plusieurs individus et les auraient soumis à des actes de torture en présence et suivant les instructions du commandant Sékou Resco Camara, du Général Nouhou Thiam, et du Commandant Aboubacar Sidiki Camara dit De Gaulle.

« De mémoire de défenseur des droits de l’homme en Guinée, jamais une procédure pour des faits si graves impliquant de hauts responsables militaires n’avait été instruite si rapidement. C’est une très bonne nouvelle, porteuse d’un message fort : nul n’est au-dessus de la loi, pas même les forces de l’ordre », souligne Thierno Maadjou Sow, président de l’OGDH.

En faisant de 2013 l’année de la justice, le Chef de l’État guinéen a pris un engagement fort dans le sens de l’instauration d’un État de droit respectueux des libertés fondamentales, qu’illustrent cette avancée judiciaire, mais aussi les récentes déclarations du gouvernement, par la voix du ministre des droits de l’Homme et des libertés publiques, dénonçant la pratique de la torture et des traitements inhumains et dégradants, en particulier dans les lieux de détention.

La FIDH et l’OGDH, par ailleurs engagées aux côtés des victimes dans deux autres affaires concernant les massacres du 28 septembre 2009 et les répressions de janvier et février 2007, veulent croire que ces procédures connaîtront prochainement des évolutions significatives, afin de poursuivre cet effort de justice, de mettre fin à la culture de l’impunité et de s’engager pleinement sur la voie de la réconciliation nationale.

En Gambie, le président Yaya Jammeh a décrété les 15 et 17 février journées de prière nationale pour commémorer l’accession du pays à l’indépendance qui devra être célébrée le 18 février.

Ces prières devraient être formulées pour la paix, le progrès, la sécurité et l’harmonie au sein de la république gambienne et même au-delà.

Ndiack FAYE


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