Il est temps de sauver l’école mauritanienne par des solutions durables et définitives.

L’année scolaire 2017/2018 est marquée à son début  par une série de crises et de mécontentements. Des élèves et leurs parents ne cessent  de réclamer d’enseignants et des meilleures conditions. On évoque même,  la fermeture des classes dans certaines régions. Dans d’autres, des parents sont  victimes d’arrestations et de diabolisation rien que pour avoir  réclamé la transparence et des conditions pour les enfants. Pendant que l’école mauritanienne agonise, nos décideurs  peinent à appliquer des décisions, du moins c’est le moins que l’on puisse dire quand on sait que des mesures ont été  envisagées par le gouvernement en 2015  pour ne pas  les appliquer jusqu’à ce jour.  Le  projet de décret qui a été pris  lors  du conseil des ministres du 25 juin 2015 entre dans ce cadre. L’application  de ce dernier aurait suffit pour combler le  grand  vide créé dans les écoles. Les  mauritaniens  ont  le souvenir   qu’il a été décidé  d’un  projet de décret applicable aux corps de l’enseignement du fondamental et du secondaire dont l’application allait régler le problème de manque d’enseignants surtout  au secondaire. Ainsi d’instituteurs titulaires des diplômes  supérieurs dans différentes disciplines allaient être reclassés. Les promotions  de 1999  et celles  de 2000  sont   les plus concernées. Les  données du recensement qui avait lieu sous Nebghouhé, alors ministre de l’éducation nationale suffisent pour le prouver. Pendant que certains  parmi  ces derniers  enseignent  au secondaire  sans attirer la moindre attention  de la part d’élus ou de syndicalistes, le gouvernement procède au recrutement des contractuels. Et dans quelles conditions ? Pendant que les mauritaniens s’attendent à  de solutions durables pour le secteur de l’enseignement, le président  donné pour rectificateur  ou bâtisseur  annonce, à partir de Kaédi, la capitale du Gorgol, une augmentation  de la prime de craie alors que nul n’ignore que  cette  prime, comme celle de l’éloignement, du bilinguisme, du multigrade et de  l’équipement ont existé  sans changer  ne serait  ce que d’un iota  la situation de  notre école qui  patauge. Faut il aussi regretter qu’au moment où on s’attend  à des propositions concrètes  et durables pour  notre éducation du gouffre, des  syndicats, qui à travers des communiqués  proposent  le recrutement  et l’intégration  des contractuels  en ignorant  la situation d’instituteurs diplômes. Les élus qui  font  de tout une priorité sauf la question  de l’école en agonie ne parlent jamais  du cas des lésés du secteur de l’éducation  qui se disent déçus de voir l’école mauritanienne sombrer d’avantage dans l’inconnu à cause de  l’hypocrisie. Le regrettable  c’est  qu’au moment où tout le monde reconnait que rien ne va  au niveau de  ce secteur pourtant  vital que seules des solutions temporelles soient envisagées.     Notre école  souffre de plusieurs maux au moment où elle est transformée en arène politique où on  décide pour être applaudi. L’autoproclamé président des pauvres allait certes être mieux applaudi s’il  pensait  à un décret d’application  pour mettre en pratique le projet de décret du 25  Juin 2015 jugé comme remède  du mal dont souffre notre enseignement. Au moment où  plus  d’un enfant mauritanien ne suit pas correctement  ses cours, le président décide d’une augmentation de la  prime de craie. Pour les observateurs  avertis, la situation dans laquelle se trouve l’école mauritanienne nécessite de propositions durables et non des solutions provisoires. il ya lieu de s’interroger  donc sur ce que représente l’école   pour le président de la république, pour les syndicats de l’enseignement, les élus ou tout autre  décideur ? Qu’est ce qui empêche le  gouvernement d’honorer ses engagements  ou de  reclasser les instituteurs diplômés du supérieur et surtout s’ils sont en grand nombre au secondaire ?  Le président a certes  décidé d’augmenter  la  prime de craie pour être applaudi .Mais la  volonté réelle   de faire face aux  maux du secteur  n y est pas. Osons dire donc  que c’est la démission  et l’indifférence de penser résoudre les difficultés que vivent l’école mauritanienne avec des primes ou avec des solutions provisoires. Par leur nombre et leurs années d’expériences dans l’enseignement ils auraient pu attirer la moindre attention pour  être défendus par la classe politique mauritanienne. Mais tel n’est malheureusement pas le cas. Les lésés de l’éducation  nationale  se disent surpris  que l’exécutif ne prenne toujours  pas  de décisions pour sauver les enfants mauritaniens de l’ignorance afin de l’épargner du manque d’enseignants et des dangers de l’hypocrisie. Et  de  demander : si un  tort  ou de trop de demander  l’application d’un projet de décret que le gouvernement avait pris en conseil de ministres.  Il  y a nécessité de dire que les problèmes de notre école ne peuvent être réglés par des solutions temporelles et d’augmentation des primes. Des solutions  durables et définitives à savoir  le reclassement et le sérieux dans la gestion du personnel sont à prendre avant qu’il ne soit trop tard. L’école mauritanienne  est  très malade à cause des décideurs qui sautent sur tout sauf l’essentiel. Ayons le courage de dire  au président  qui se veut rectificateur que les difficultés de l’école mauritanienne  ne peuvent  pas être réglées  par l’augmentation  des primes.
 Sauvons  notre école  avec des décisions courageuses
Amadou Bocar Ba/Gaynaako

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