Il y a 11 ans des pilotes de chasse israéliens objecteurs de conscience !

pilote de chasseQui sont-ils ? Quel est leur nom ? A quoi ressemblent-ils ? Que sont-ils devenus depuis après avoir osé ? On n’en sait rien ! Impossible même de trouver des liens à ce sujet ou du moins très difficilement pourtant ils étaient promis à un sombre avenir en Israël. Ils semblent avoir disparu de la surface de la terre pourtant en cette période noire pour l’honneur de Tsahal, ils méritent bien qu’on leur redonne la parole afin qu’on ne les oublie pas comme c’est le cas maintenant !

C’était il y a 11 ans ! Souvenez-vous. Voici un rare papier qui en garde heureusement une trace…

 » Dans une lettre ouverte publiée par le journal Haaretz le 24 septembre, 27 pilotes israéliens ont déclaré ne plus vouloir effectuer d’opérations au-dessus des territoires occupés, Cisjordanie et bande de Gaza. «Nous, pilotes en retraite et pilotes en activité […] sommes opposés au lancement d’attaques illégales et immorales, du type de celles menées par Israël dans les territoires occupés. Nous qui avons été éduqués dans l’amour de l’Etat d’Israël […] refusons de participer à des attaques contre des centres de populations civiles. Nous […] refusons de continuer à faire du mal à des civils innocents».

Les pilotes israéliens s’insurgent ainsi contre les assassinats ciblés d’extrémistes palestiniens qui font également des victimes innocentes.

 Deux événements ont déterminé leur démarche: d’une part l’attentat dirigé contre le chef du Hamas Salah Shahade, il y a une année à Gaza, avec un missile d’une tonne tiré sur la maison du Palestinien et qui avait fait 15 autres morts dont 9 enfants, et d’autre part le fait que le commandant en chef de l’armée de l’air, le général Dan Halutz, ait déclaré récemment qu’il fallait accepter l’idée que ces actions fassent des victimes civiles.

Au total, au cours des trois dernières années, 140 militants palestiniens ont été liquidés par les Israéliens au cours d’actions ciblées qui ont également fait 100 morts parmi la population civile. Le porte-parole des pilotes signataires, le capitaine Yonatan, a déclaré: «Nous sommes tous des citoyens loyaux de l’Etat d’Israël. Nous avons effectué cette démarche après mûre réflexion et un long examen de conscience. En tant qu’officiers et que pilotes, nous avons la lourde responsabilité d’utiliser l’arme de guerre la plus efficace. Ayant été formés au respect du code moral de l’armée et de l’Etat israéliens, nous avons décidé […] de n’obéir à aucun ordre manifestement illégal.» (Haaretz du 25/9/03)

Les pilotes seront sanctionnés

Cette démarche extrêmement courageuse de membres d’une armée qui, en Israël, constitue non seulement le point de départ d’une carrière politique mais le tremplin vers les plus hautes situations sociales a immédiatement suscité de vives réactions de la part de politiciens et de hauts gradés. L’armée de l’air passe pour l’élite des forces armées et ce refus d’obéissance est extrêmement grave. Selon une information du Spiegel Online, le commandant en chef de l’armée de l’air a reproché aux pilotes une «ingérence dans les affaires politiques» et a annoncé des sanctions. 9 des 27 pilotes vont, à la suite d’une procédure accélérée, être exclus de l’armée. L’ancien président d’Israël Ezer Weizmann, qui fut pilote et commandant de l’armée de l’air, a déclaré que ce refus de servir était une «grande honte». Il aurait suggéré de dégrader les pilotes et de ne plus leur confier que des «tâches subalternes dans l’armée de l’air».

L’objection de conscience depuis 2002

Depuis le début de la deuxième Intifada, il y a près de deux ans, on compte de nombreux cas d’objection de conscience dans l’armée israélienne. En janvier 2002, un mouvement s’est créé autour du médecin et pilote Yigal Schochat qui, également pour des raisons morales et juridiques, a appelé à l’insubordination. En l’espace de quelques mois, plusieurs centaines de membres de l’armée se sont associés à l’appel et quelques milliers de civils se sont solidarisés avec eux. Pour un citoyen d’Israël, une telle démarche entraîne souvent une condamnation sociale. Les jeunes objecteurs en particulier sont sérieusement désavantagés dans le monde des affaires et ils ne peuvent pas faire de carrière politique.

 L’initiative des 27 pilotes a rencontré un vaste écho dans les médias et ne restera pas sans conséquence en Israël. Ce genre de signaux et d’initiatives est important pour la réactivation du processus de paix; il donne de l’espoir aux hommes. Pour que le processus de paix ait des chances de redémarrer, il faut que chaque partie fasse des pas à la rencontre de l’autre afin que, peu à peu, la confiance renaisse et qu’on aboutisse à une paix durable.         •

(Horizons et débats, numéro 22, octobre 2003)

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Vlane

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