Il y a eu aussi des événements économiques !

retro2013L’année 2013 a été sans conteste une année « politique » avec toutes les péripéties qui ont entouré la préparation et l’organisation des élections municipales et législatives maintes fois reportées.

Un engouement politique qui a eu pour effet de reléguer au second plan des faits économiques majeurs qui ne manqueront pourtant pas d’avoir un impact sur l’avenir du pays. Retour sur les événements économiques marquants de l’année 2013.

« Affaire Bouamatou »

L’année 2013 a démarré sur une vive polémique autour des impôts prononcés contre le Groupe BSA, plus connue sous le vocable « Affaire Bouamatou ».En effet, en janvier, trois sociétés dans lesquelles M. Bouamatou détient des actions (Générale de Banque de Mauritanie- GBM, BSA Ciment et Mauritano-tunisienne de télécommunication -Mattel) ont reçu des avis de redressements fiscaux pour un total de 4,1 milliards d’ouguiyas (10,3 millions d’euros).

Du jamais vu, selon la presse locale, qui a aussitôt volé au secours de Bouamatou, l’ancien instituteur devenu milliardaire. Rien que de très normal, répond la DGI : celui qui fait le plus de chiffre d’affaires est celui qui paie le plus d’impôts. Après un long bras de fer et une virulente guerre médiatique et suite à des médiations tout azimuts, les deux parties ont fini par enterrer – officiellement du moins – la hache de guerre.

Ce qui a conduit, entre autres, à la réouverture de la GBM qui avait été fermée et à la démission de Mohamed Ould Bouamatou de la présidence du Conseil d’Administration de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM). Il est remplacé par Abderahmane N’Diaye, désigné par le Conseil d’Administration

Manifestation des non permanents à Zouerate

Ce qui s’est passé en mai 2013 à Zouerate est du jamais vu dans l’histoire de notre pays. Des centaines de travailleurs qui marchent sur les locaux de la Wilaya pour y mettre le feu, tout en brandissant des portraits du Chef de l’Etat ?! Certes, ce n’est pas la première fois que des travailleurs (ou d’autres groupes sociaux) manifestent leur ras-le-bol, mais c’est le symbole qui compte : l’autorité de l’Etat est sérieusement entamée.

L’ampleur des dégâts aussi. Il faut dire ici que la responsabilité du gouvernement est pleine. On ne peut pas comprendre qu’il laisse un problème aussi sensible que celui des travailleurs – fussent-ils journaliers – de la plus grande entreprise du pays, et deuxième employeur après la Fonction Publique (SNIM), perdurer aussi longtemps.

La Mauritania Airlines vole à nouveau en Europe

Après trois ans d’interdiction dans le ciel européen, la compagnie mauritanienne Mauritania Airlines a effectué au mois de mai son premier vol vers l’Europe, avec une rotation entre Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, et Las Palmas aux îles Canaries (Espagne).

Selon une déclaration de la Direction rendue publique à l’époque, la compagnie mauritanienne devrait opérer trois vols par semaine vers Las Palmas, deux directs et un en passant par Nouadhibou. Il était également prévu d’ouvrir une nouvelle ligne vers la France.

Célébration des 40 ans de l’ouguiya

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a organisé le 18 juin 2013 au Palais des Congrès de Nouakchott, le premier symposium de son quarantième anniversaire. La cérémonie a été marquée par la présence du Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, son Premier ministre et l’ensemble du gouvernement, les hauts officiers de l’armée, le chef de file de l’opposition démocratique, Ahmed Ould Daddah.

Ce fut une occasion pour faire la rétrospective d’une institution monétaire bâtie sur le courage et l’indépendance d’esprit d’un pays difficilement né, en cette journée du 30 mai 1973 quand la Mauritanie décida de battre monnaie.

Lancement officiel de la Zone Franche de Nouadhibou

C’est le lundi 24 juin que le Président de la République a procédé au lancement des activités de démarrage de la Zone Franche de Nouadhibou. Il était accompagné d’une forte délégation comprenant plusieurs ministres, dont celui des Affaires Economiques et du Développement, celui des Finances, celui du Pétrole, de l’Energie et des Mines, celui du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme, celui de la Santé, celui des Pêches et de l’Economie Maritime, celui de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, celui de l’Hydraulique et de l’Assainissement, ainsi que du Directeur de Cabinet du Président de la République. Une Zone Franche qui a pour objectif d’attirer les investissements dans la capitale économique.

Le Parlement européen adopte un accord de partenariat sur la pêche avec la Mauritanie

Le Parlement européen a finalement adopté, le mardi 8 octobre 2013 – à la grande majorité – le protocole d’accord de partenariat avec la Mauritanie concernant le secteur de la pêche. C’est l’épilogue d’un long bras de fer. En effet, ce protocole avait été signé en juillet 2012, au terme de 15 mois de négociations entre l’Union européenne et le gouvernement mauritanien.

Il aura ensuite fallu plus d’un an pour qu’il soit adopté par le Parlement, même s’il était appliqué de manière provisoire depuis août 2012. L’accord de pêche signé avec la Mauritanie est le plus important pour l’Union européenne, tant en termes de volume que de contreparties financières. La Mauritanie recevra 70 millions d’euros par an de l’Union, plus quelque 40 millions de redevances des armateurs. C’est un accord avantageux pour la Mauritanie.

En effet, le taux de Mauritaniens dans l’équipage passe de 37 à 60%. Les espèces capturées hors poissons de surface devront être débarquées dans les ports mauritaniens. Sur les 70 millions annuels, trois iront directement au développement du secteur local. Enfin le poulpe, une espèce prisée mais surexploitée, devient le domaine réservé des Mauritaniens.

La SNIM vend 13 millions de tonnes de fer en 2013

La Société nationale industrielle et minière (SNIM), qui exploite le fer en Mauritanie, a réalisé, en 2013, un record absolu de ventes annuelles avec le chargement de 13,042 millions de tonnes au 31 décembre, selon un communiqué de la Société.

Ce volume de production a battu « tous les records enregistrés par la Société durant toute son histoire », souligne le document, ajoutant qu’une telle « performance historique » intervient au moment où la SNIM s’est engagée dans un vaste et ambitieux programme de transformation baptisé Nouhoudh (littéralement Renaissance). Il s’agit d’un projet visant à porter la production de l’entreprise à 40 millions de tonnes par an et à la hisser parmi le Top 5 mondial des exportateurs de minerai de fer en seaborne.

Confiance des institutions internationales, mais…

Bénéficiant d’excellents résultats économiques, la Mauritanie jouit de la confiance des institutions internationales. Seul hic : des inégalités sociales persistantes. La Mauritanie fait incontestablement partie des bons élèves du continent, et les bailleurs de fonds ne tarissent pas d’éloges à son égard. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) semble solidement installée puisque, après un taux fort respectable de 6,9 % en 2012, elle devrait se maintenir à 6,4 % cette année et en 2014, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) qui, dans son rapport du mois de mai 2013, s’inquiète cependant de l’extrême dépendance du pays aux industries extractives.

Pour autant, « il reste beaucoup à faire pour que cette incontestable croissance soit mieux partagée, souligne Vera Songwe. Plus de 70% des ruraux vivent avec un revenu les plaçant sous le seuil de pauvreté, alors que la proportion est de 19% à Nouakchott et de 16% à Nouadhibou ».

Compilé par Sikhousso

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