Impact du printemps arabe sur le parcours des migrants : Situation chaotique


Les bouleversements politiques de la sous-région (intervention militaire en Libye, invasion du Nord Mali, fragile ouverture au Maroc, terrorisme, crise Ivoirienne etc.) ont conduit à redessiner complètement les routes des migrants en route vers l’Europe ou redescendant dans leur pays d’origine.

Mme Aminata TraoréLa région a été fortement déstabilisée en raison des luttes des luttes de positionnement. La marche normale des migrants a été perturbée. Ils paient ainsi, fait savoir Assane Ba du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire), un lourd tribut et ont l’obligation de chercher d’autres voies de passage ».

Ces soubresauts politiques ont mis à nu les efforts déployés par le réseau Sahel Maghreb en appui aux migrants et ont bouleversé  le parcours des migrants contraints de chercher de nouvelles voies de passage. Un pari rendu difficile par  l’externalité des frontières européennes. La maison du migrant foyer de refuge a été saccagée, lors des dernières péripéties au Mali.  Une situation chaotique s’est installée sur tout le long de la bande sahélo saharienne où des violations et les  rackets  sont commis par des forces de sécurité.

«Les mouvements migratoires suscitent des inquiétudes, renseigne Hassane Boukar, chargé de projets à Alternative Espaces citoyens. Au Niger où 300 000 migrants sont retournés au bercail après la révolution libyenne, les autorités prennent en chasse tout groupe de 15 individus assimilés à des islamistes ». Les difficultés économiques et la crise alimentaire latente au Niger ont entraîné des retours de migrants  en Libye. Parallèlement à ce mouvement, en novembre 2011, 230 migrants nigériens  lassés de ne pouvoir rallier l’Europe et pris en étau dans le désert algérien, sont retournés par vague chez eux.L’opération avait  été interrompue en 2012 en raison de l’insécurité et des opérations de chasse de migrants entreprises par les autorités algériennes.

Au Maroc, la poussée des mouvements xénophobe et  la campagne de presse menée à l’encontre des migrants ne favorisent  pas leur situation. Un fort sentiment de rejet envahi aujourd’hui la population. Il faudra aussi reconnaître que « les autorités algériennes et marocaines se livrent, de l’avis de Hicham Baraka président de l’ONG ABCDS opérante à Oujda, à un jeu de ping pong balançant de par et d’autre des frontières communes les migrants. Une situation déplorable », fulmine Hicham.

La situation reste tout de même tendue. En Algérie, la fermeture de la frontière fait subir une situation dramatique aux migrants. Ils sont arrêtés et enfermés dans des zones de cloisonnement à Tinzawaden (à 2000 km de Bamako, la capitale malienne) inaccessibles d’accès.

En Mauritanie, le durcissement de la législation avec l’introduction de la carte de séjour suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté migrante. Dés lors, l’environnement se durcit fortement  analyse Assane Ba avec des incertitudes criantes. Aucune progression du fait migratoire dans le sens de la reconnaissance des droits et de la protection des migrants n’a été enregistrée. Dans ce contexte difficile, Ba soutient que le travail doit être poursuivi à travers une mobilisation des acteurs dans le sens d’un renforcement de la capacité collective d’interpellation de l’Etat et de l’opinion publique.

 Grace à l’apaisement de la tension dans la région, les organisations caritatives espèrent reprendre au nom de la solidarité leur appui aux migrants. Toutefois, avec la crise économique latente dans bien de pays, les populations  jusque là hospitalières sont gagnées aujourd’hui par une hostilité grandissante. Un sentiment de xénophobie surgit de partout.

LA RÉDACTION

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