Impasse politique en Mauritanie: Qu’est-ce qui doit être fait?

Il fait bientôt 4 ans que la Mauritanie est plongée dans son malaise socio-économique et politique actuel. Quatre bonnes années se sont écoulées et la solution à la crise mauritanienne est toujours aussi insaisissable que jamais.

contributionIl est en effet sans doute que le régime du président Aziz a fait beaucoup d’erreurs de jugement politique et en aucun cas son règne ne sera prolongé par une autre journée lors des prochaines élections. Mais comment UPR a réussi à tromper tout le pays, toute la sous-région et le monde entier en leur faisant croire que son régime est indomptable?

Autrement dit, comment UPR a réussi à survivre face à l’assaut implacable de la société civile et des partis de l’opposition?

En effet, des libertés ont été bafouées, des millions de dollars des États-Unis, en livres sterling et en euros de l’Union Européenne ont été acheminés directement ou indirectement à la lutte pour la transition «démocratique». Pourtant, toutes ces ressources semblent être un gâchis laissant la Mauritanie toujours fermement sous l’emprise d’un seul homme et d’un seul parti.

Les défaitistes trouvent souvent du réconfort dans le refrain que la population mauritanienne est composée de «lâches» qui ne supportent pas la vue d’une matraque, et donc toute pensée de nous voir nous-mêmes se libérer des chaînes de l’UPR n’est rien d’autre qu’une chimère.

Cette même catégorie de gens a aiguisé cet argument après l’arrestation de Biram Ould Abied et ses compagnons sur un complot présumé visant à déloger le gouvernement à travers des manifestations de rue.

Les  Mauritaniens, sous tant de pression socio-économique et politique de tous les jours ont refusé de se joindre à la bonne cause, principalement parce qu’ils manquent de courage. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Si quoi que ce soit, peu de pays dans le continent africain ont le courage et la capacité de résister et se sacrifier alors les Mauritaniens doivent le faire quand le besoin se fait sentir.

Les Mauritaniens ont besoin d’un leadership ciblé et désintéressé. La guerre du sahara de 1976 ainsi que la longue lutte contre le régime de Ould Taya de 1984 – 2005 en sont des exemples. Je ne dis pas que les Mauritaniens devraient aujourd’hui également prendre les armes et de combattre un « vrai » Deuxième Moawiya, afin de réaliser la liberté apparemment insaisissable. Il ya plusieurs raisons qui pourraient facilement se retourner contre un tel effort dans la Mauritanie d’aujourd’hui.

La raison la plus puissante est que la survie de l’UPR en tant que parti au pouvoir ne réside pas tant dans la puissance de la titularisation, mais dans les faiblesses inhérentes de la société civile et les partis d’opposition en Mauritanie. À vrai dire, une partie non négligeable de ces organismes sont à l’aise dans leur lutte éternelle ou le statut de l’opposition vivace. Cela contribue à expliquer les luttes de pouvoir incessantes au sein de ces mouvements.

L’erreur que l‘Union européenne et les États-Unis d’Amérique, entre autres détenteurs de pouvoir internationaux ont commise était de faire leur soutien monétaire évident et facilement accessible à tous ceux qui manifestaient le mécontentement en sourdine contre Aziz qu’il soit authentique ou non.

La Mauritanie a ainsi connu une hausse du nombre d’ONG de la soi-disant «pro-démocratie» avec peu ou pas d’attention du tout surtout après l’année 2008. Je ne suis pas là à blâmer toute opposition, mais la plupart de ces mouvements ont fait plus de mal que de bien à la lutte pour la démocratie en Mauritanie.

Au contraire, ils ont renforcé l’UPR sans le savoir. Ces mouvements ont présenté UPR comme un adversaire faible et divisé qui peut facilement être démembré partie par partie. Ces actions n’ont fait que renforcer la mainmise de l’UPR sur la Mauritanie, à la grande déception de nombreux Mauritaniens courageux, qui se trouvent encore affamés du leadership digne.

Il est vrai que l’UPR connait des luttes internes, mais les moyens qu’il utilise pour les résoudre, il ne lave pas son linge sale en public. UPR a donc réussi à exploiter les gouffres embarrassants et ouverts au sein de l’opposition et de la société civile pour développer un grand avantage politique.

Tous ces groupes qui ne peuvent pas résister aux tentations du pouvoir ont eu leur juste part du gâteau. Les exemples abondent. Ce sont des hommes et des femmes qui sont toujours prêts à renoncer à leur intégrité ou leur réputation de combattants pour la démocratie, pour être à travers là où les fonds des donateurs viennent.

Les mouvements civiques et l’opposition doivent stratégiquement en finir avec l’ulcère de l’élitisme qui les a lentement affectés au cours des dernières années. Tant qu’ils continuent à conduire leurs voitures de luxe (Dieu sait où ils obtiennent l’argent pour les acheter), boire le the et dîner dans les restaurants chics de la place et en même temps prétendre représenter quelqu’un dans le Trarza, Brakna ou Adrar – UPR gouvernera aussi longtemps qu’il le souhaite.

Toutes les transitions réussies vers la démocratie qui ont renversé les dictatures résistants n’ont jamais néglige leurs activités à partir de la base et faire semblant que le dialogue élitiste à travers des ateliers dans les hôtels vont gagner un jour. Les Mouvements civiques en Mauritanie et les partis d’’opposition doivent renouer avec leur base et reconnaître que le pouvoir et surtout la transition démocratique se situe dans les mains des gens ordinaires – les fantassins de tous les jours, qu’ils sont en train d’ignorer.

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