Indemnisation des Fonctionnaires et Agents de l’Etat Victimes des Evénements de 1989

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Certains Fonctionnaires et Agents de l’Etat Victimes de 1989 n’ont pas encore été indemnisés

Indemnisation des Fonctionnaires et Agents de l’Etat Victimes des Evénements de 1989


C’est un euphémisme de dire que la Mauritanie est le pays des paradoxes. Jugez-en par vous-mêmes : alors qu’il s’agit d’un Etat de droit, les pratiques de certains fonctionnaires zélés en dit le contraire. Pour preuve, un dossier, celui des Fonctionnaires et Agents de l’Etat victimes des Evénements de 1989.

En 2010, toutes les personnes qui se reconnaissaient à travers cette appellation, qu’elles résident en Mauritanie ou à l’extérieur ont été invitées à se faire recenser soit auprès de leurs ministères de tutelle (tant bien même que certains parmi ceux-ci n’existent plus) ou auprès de représentations diplomatiques ciblées (Dakar, New-York et Paris)

Vous imaginez sans doute l’euphorie, mais également le rush qu’une telle nouvelle a crée chez ces personnes qui vivent l’injustice la plus ignoble que l’on puisse imaginer ; pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit de mauritaniens qui ont été soit déportés, ou licenciés à cause de leurs faciès.

Le traitement dudit dossier par des individus ignorants les rudiments des procédures administratives et faisant fi du bon sens, a pris plus de 18 mois. Il a été remis au goût du jour lorsqu’il a fallu « impérativement régler » le cas des policiers qui avaient été radiés en 1988 à cause de leur accointance avec des gens adeptes de Michel Aflak.

Quelque soit le paradoxe, cette nouvelle donne a boosté le dossier. Ainsi donc, au mois de décembre 2012, une régie a été ouverte et les indemnisations 1.200.000, 1.000.000 et 900.000 UM, ont été respectivement allouées aux fonctionnaires des cycles A, B, C et D.

Je reviens sur ces indemnisations qui ne respectent aucune morale, le contraire aurait d’ailleurs été étonnant, car ceux qui avaient été à l’origine de la situation de 1989, se sont insidieusement invités pour en déterminer le montant.

Autre exemple qui dit long sur les paradoxes de notre chère Patrie : les fonctionnaires et agents de l’Etat qui occupaient les logements communément appelés « Bloc » ont obtenu chacun 2.000.000 d’ouguiyas et un terrain sur la route de Nouadhibou. Alors que ceux qui ont été spoliés et marqués à jamais (chaque matin au réveil et ce depuis 24 ans ma question est la même « Pourquoi ce gâchis ? » ne reçoivent qu’une dime.

En ce qui me concerne, j’accepterai cette somme insignifiante de par son montant, mais plutôt pour ce qu’elle représente de symbolique « la reconnaissance de ma mauritanité » par ceux qui ont tout fait pour m’humilier.

Malheureusement, ceux que je continue de qualifier de « cadres n’ayant que des connaissances approximatives » et ce malgré la clarté de l’arrêté qui spécifie l’ayant droit « Fonctionnaires et Agents de l’Etat Victimes des Evénements de 1989 » ont jugé que les Fonctionnaires et Agents des Etablissements publics , quelque soit le caractère de ces derniers (industriel et commercial, administratif ou financier) devraient être indemnisés par les dits établissements ignorant de fait qu’il s’agit de démembrement de l’Etat.

Certains Etablissements ont indemnisés, notamment la Caisse Nationale de Sécurité Sociale depuis 2 mois, la Banque Centrale de Mauritanie depuis hier. Ces Etablissements n’ont jamais changé de statut. Qui doit donc doit payer pour le défunt Office des Postes et Télécommunications ?

La Mauripost qui n’a vu le jour que dans les années 2000, ou la Mauritel qui naquit à la même période avec des capitaux étrangers ? Qu’adviendra-t-il des Fonctionnaires et Agents de l’Etat qui dépendaient de la Sonader, de la Somelec et tant d’autres établissements qui n’existent plus ?

Ainsi donc et ce malgré les instructions du Chef de l’Etat, certains Fonctionnaires et Agents de l’Etat Victimes des Evénements de 1989 n’ont pas encore été indemnisés, alors que d’autres ont été indemnisés, réintégrés pour certains ou mis à la retraite pour d’autres.

Fall Papa

Ex Inspecteur des Postes et Télécommunications
Déporté en 1989, de retour en 1993
Non indemnisé, ni réintégré encore moins mis à la retraite

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