Indonésie: Atlaoui n’est pas sur la liste des prochains exécutés

Serge Atlaoui aux côtés de son avocateLe Français Serge Atlaoui, ne fait pas partie de la liste des détenus dont l’exécution est imminente en Indonésie, condamnés à mort pour trafic de drogue,  a fait savoir ce samedi 25 avril le Parquet général de Jakarta. Une lueur d’espoir pour les proches de Serge Atlaoui.

Interrogé par l’agence France-Presse qui lui demandait si le Français allait être exécuté avec les autres étrangers, parmi lesquels deux Australiens et une Philippine, le porte-parole du Parquet, Tony Spontana a répondu ce samedi d’un simple « non ».

De fait, ce matin, l’ambassade de France n’avait pas reçu de convocation pour se rendre au complexe pénitentiaire de Nusakambangan, où les détenus ont été placés à l’isolement en vue de leur imminente exécution, à la différence des représentations diplomatiques des autres pays ayant des ressortissants condamnés à mort. Outre le Français Serge Atlaoui, deux Australiens, un Brésilien, une Philippine et quatre Nigérians figurent parmi les condamnés à mort qui doivent être exécutés sous peu.

Ces dernières heures, les autorités françaises étaient montées au créneau pour empêcher l’exécution de Serge Atlaoui. Manuel Valls en déplacement en Irlande, François Hollande en Azerbaïdjan, mais aussi Laurent Fabius s’étaient exprimés à ce sujet. Le gouvernement français profite donc de ce sursis pour accentuer la pression diplomatique sur Djakarta. Aujourd’hui, François Hollande a prévenu que l’exécution du Français pourrait entraîner la rupture des relations diplomatiques entre la France et l’Indonésie.

« Nous evons continuer d’espérer » 

A Paris se tenait cet après-midi un rassemblement contre l’éxécution du Français, à l’appel de l’ONG Ensemble contre la peine de mort. L’épouse de Serge Atlaoui s’y est exprimée par téléphone depuis Djakarta.

« Inquiet mais combatif »

Rappelons que pour les autorités françaises, Serge Atlaoui, qui n’a aucun passé judiciaire, n’est pas un trafiquant mais un ouvrier qui ne savait pas qu’il participait à la construction d’un laboratoire de fabrication de stupéfiants. Serge Atlaoui est « inquiet mais combatif » selon le porte-parole du Quai d’Orsay ce samedi.

Condamné à mort pour l’exemple par le président Widodo qui a fait de la lutte contre les stupéfiants une priorité, Serge Atlaoui ne cesse pourtant de clamer son innocence depuis son arrestation dans un laboratoire clandestin de fabrication d’ecstasy proche de la capitale, en novembre 2005.

Un sursis pour le Français donc, mais tout de même peu d’espoir. Les deux condamnés australiens figurant sur la liste des exécutions avaient tenté la même approche auparavant, et cela c’était soldé par un échec. La Cour avait argué que la demande ne relevait pas de sa juridiction. Reste maintenant à savoir pourquoi cette décision soudaine du Parquet indonésien à autoriser le recours Serge Atlaoui.

Exécution confirmée pour les autres étrangers

Pour les huit étrangers et l’Indonésien condamnés à mort, il n’y a donc plus aucun espoir. Ils ont déjà été transférés dans une prison du complexe pénitentiaire de Nusakambangan, surnommé l’Alcatraz indonésien. C’est là où le peleton d’exécution les attend dans quelques jours. Pour Mary Jane Veloso, la ressortissante philippine, la date a été annoncée ce samedi, ce sera mardi prochain. Ses parents, ses deux fils et une sœur se sont rendus à la prison pour la rencontrer. Comme toutes les familles des condamnés, ils ont reçu une note officielle leur confirmant l’exécution.

Pour ce qui est des deux australiens, Myuran Sukumaran et Andrew Chan, l’exécution est « imminente », d’après la justice indonésienne qui n’a pas donné plus de précisions. Du coup, le gouvernement de Canberra a de nouveau demandé au président indonésien de revoir sa position. Selon le ministre des Affaires étrangères, il n’est pas trop tard pour changer d’avis. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies a appellé samedi soir l’Indonésie à ne pas exécuter les dix condamnés à mort.

Mais ce serait une vraie surprise si le gouvernement indonésien faisait marche arrière car pour l’instant, le président Joko Widodo n’a accordé aucune grâce. Le gouvernement brésilien a demandé l’hospitalisation du condamné Rodrigo Gularte, car il souffre de schizophrénie avancée. Une requête rejetée par les autorités indonésiennes.

Source: RFI

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