Indonésie: l’exécution de condamnés imminente, les familles dans l’angoisse

648x415_brintha-sukumaran-soeur-myuran-sukumaran-australien-condamne-a-mort-frere-chinthu-sukumaran-g-a-cilacap-indonesie-28-avrilLes derniers préparatifs étaient en cours mardi en Indonésie pour l’exécution de neuf condamnés à la peine capitale, dont huit étrangers, auxquels les familles ont rendu une dernière visite à la «prison de la mort» où sont déjà arrivés des cercueils blancs.

Deux Australiens, un Brésilien, une Philippine, quatre Nigérians et un Indonésien tous condamnés pour trafic de drogue devaient être fusillés dans la nuit de mardi à mercredi.

Les autorités indonésiennes ont refusé de dire quand les condamnés seraient passés par les armes, mais la mère de l’un d’eux, l’Australien Myuran Sukumaran, a assuré : «Ils veulent venir le chercher à minuit (17H00 GMT) et l’exécuter», a-t-elle déclaré, en larmes, à des journalistes à la Cilacap, ville portuaire reliant l’île isolée de Nusakambangan, «l’Alcatraz indonésien» où les condamnés vivent leur dernières heures.

«Je demande au gouvernement de ne pas le tuer. S’il vous plaît, président, ne le tuez pas», a-t-elle supplié.

Les condamnés à mort sont traditionnellement fusillés peu après minuit par un peloton d’exécution de 12 tireurs. Les prisonniers sont extraits de leur cellule d’isolement et attachés à un poteau.

Condamné à mort lui aussi pour trafic de drogue, le Français Serge Atlaoui, 51 ans, a été retiré au dernier moment de cette liste en raison d’un recours devant la justice. Mais le porte-parole du parquet général indonésien, Tony Spontana, a réaffirmé mardi à l’AFP qu’en cas de rejet de sa procédure, il serait exécuté seul et que les autorités n’attendraient «pas très longtemps».

Intransigeant sur l’application de la peine de mort pour trafic de stupéfiants, le président indonésien, Joko Widodo, est resté sourd à tous les appels à la clémence et pressions diplomatiques, notamment de la France et de l’Australie, ainsi que des Nations unies.

Le procureur général d’Indonésie, Muhammad Prasetyo, a réaffirmé mardi la fermeté des autorités vis-à-vis de la peine capitale: «Ce n’est pas un travail plaisant, mais il doit être fait, afin de sauver la nation des drogues», a-t-il déclaré à des journalistes.

- «Profonde douleur» -

Plus tôt dans la journée, les familles des deux condamnés Australiens, Myuran Sukumaran, 34 ans, et Andrew Chan, 31 ans, n’ont pas pu contenir leur émotion en arrivant à Cilacap pour rendre une dernière visite à leur proche, certains éclatant en sanglots, d’autres criant «clémence».

Chan a épousé la veille sa compagne indonésienne lors d’une cérémonie en présence de membres de la famille et d’amis au complexe pénitentiaire, son dernier souhait.

A Sydney, quelque 300 soutiens des deux condamnés australiens ont participé à une veillée, certains exhibant des pancartes appelant le président indonésien à faire preuve de clémence.

La famille de la condamnée philippine Mary Jane Veloso, une domestique de 30 ans, mère de deux jeunes garçons, qui a répété avoir été victime d’un réseau international de trafiquants de drogue, lui a rendu une dernière visite sans faire de déclarations à la presse.

Parmi eux, le prêtre philippin Harold Toledano leur a donné à chacun une bénédiction avant la visite: «La famille était si silencieuse. C’est vraiment très triste. Nous voyons une profonde douleur», a-t-il déclaré à l’AFP.

Le président philippin Benigno Aquino était intervenu la veille pour demander la clémence de son homologue indonésien, et le champion de boxe philippin Manny Pacquiao, star dans son pays et très populaire en Indonésie, avait interpellé dans une vidéo Joko Widodo, surnommé Jokowi, en le suppliant de ne pas exécuter Mary Jane Veloso. En vain.

Après avoir remporté la présidentielle l’été dernier et pris ses fonctions en octobre, M. Jokowi a rejeté toutes les demandes de grâce de condamnés à mort pour trafic de drogue, estimant que son pays avait besoin d’une «thérapie de choc» face à ce fléau qui fait des milliers de morts chaque année.

La peine capitale est une sanction courante dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est, tels la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et Singapour, où le trafic de drogue et la possession de petites quantités de stupéfiants sont passibles d’une condamnation à mort.

Source: 20minutes

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